Lettre d'information | Mars 2020

Chers amis de l’Ordre de la Libération,

En cette période de pandémie nous vous recommandons, tout d’abord, de bien vous conformer aux directives de confinement, ce qui d’ailleurs vous donnera le loisir de nous lire. Dans le cadre de cette crise, les Compagnons Daniel Cordier, Hubert Germain et Pierre Simonet ont souhaité adresser un message à leurs compatriotes. Vous le trouverez en tête de cette lettre. Comme vous le savez, Edgard Tupët-Thomé ne peut plus s’exprimer.
Dans la rubrique « Partenaires », vous trouverez un hommage à une grande dame, l’Honorable Carole L. Brookins, qui vient de nous quitter.
Bien évidemment, à l’instar de tout le pays, nos activités ont été sévèrement impactées par les mesures de lutte contre la propagation du COVID-19, et cette lettre reflète la moindre animation de l’Ordre et de son musée.
Mais comme le soulignent les Compagnons, la France en a vu d’autres…

La rédaction.

Covid-19: les Compagnons de la Libération ont un message

© Ordre de la Libération

Le général Baptiste s’est entretenu le 17 mars avec Daniel Cordier, Hubert Germain et Pierre Simonet, trois des quatre derniers Compagnons de la Libération et vous transmet le message commun qu’ils adressent à leurs compatriotes :

« Nous avons combattu cinq longues années pour que la France sorte victorieuse de cette terrible Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui nous sommes tous confrontés à une autre menace, à une guerre d’un autre genre. Conformons-nous tous aux consignes des autorités. Faisons preuve de raison, de solidarité, de cohésion nationale et de responsabilité individuelle. Soutenons celles et ceux qui sont en première ligne dans ce combat contre ce virus. La France en a vu d’autres, une fois de plus elle triomphera de l’adversité. Soyons résolus et optimistes ».

Cérémonie à Sarrebourg

© Ordre de la Libération

Le dimanche 1er mars a eu lieu à Sarrebourg une grande cérémonie en hommage aux 10 Compagnons mosellans d’origine ou de cœur. Claude Cambas, fils du Compagnon de la Libération mosellan Lucien Cambas et délégué départemental de l’association des familles de Compagnon, a proposé et piloté le projet de l’érection d’une stèle à la mémoire de ces 10 Compagnons, avec le soutien d’Elie de Saint Péreuse, du bureau de l’association des familles de Compagnons.

En savoir plus sur cette journée

Visite des chefs de corps de la 13e DBLE, unité Compagnon en présence d'Hubert Germain, Compagnon de la Libération

© Ordre de la Libération

Le lundi 9 mars, le colonel Jacques Bouffard, chef de corps de la 13e DBLE, unité Compagnon de la Libération, a réuni ses prédécesseurs autour du lieutenant Hubert Germain, Compagnon de la Libération, qui a lui-même combattu durant la Seconde Guerre mondiale au sein de la 13e DBLE. Le général d’armée Thierry Burkard, chef d’état-major de l’armée de Terre, était également présent, ayant lui-même été chef de corps de cette unité de 2008 à 2010.

 

 

 

 

Remise des archives de Félix Éboué au musée

© Ordre de la Libération

Madame Marie-Françoise Éboué, belle-fille de Félix Éboué, a remis le jeudi 12 mars 2020 au musée, la croix de la Libération et trois cannes ayant appartenu à son beau-père, le gouverneur général Félix Éboué, Compagnon de la Libération. Elle a en outre fait don de plusieurs cartons d’archives relatifs à Félix Éboué et à son épouse Eugénie, médaillée de la Résistance avec rosette.

© Ordre de la Libération
© Ordre de la Libération
© Ordre de la Libération
© Ordre de la Libération

Vidéo n°7 de Nota Bene

© Ordre de la Libération

Leclerc et la 2e division blindée : le plus téméraire des généraux français ?

Dans le cadre de son partenariat avec l’Ordre, le youtubeur Nota Bene a mis en ligne ce mois-ci le septième épisode consacré au général Leclerc et la 2e division blindée. Retrouvez son incroyable périple à travers l’Afrique du Nord et l’Europe, traversant la moitié du monde pour libérer la France de l’occupant.

 

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Fanion du 1er bataillon de la 14e demi-brigade de marche de la Légion étrangère

50 x 58 cm Inv. 2010.0.55 Don de Madame Reyniers
© Musée de l'Ordre de la Libération

 

Ce fanion a été brodé à Douala (Cameroun) en octobre 1940 par les femmes de la garnison en l’honneur du commandant Reyniers qui commande ensuite ce bataillon en Érythrée. Il porte au revers les mentions brodées : "Bjervik - Narvik - Honneur - Fidélité".

 

A l’été 1940, à Londres, après la scission de la 13e demi-brigade de Légion étrangère entre ceux qui choisissent de rentrer en France et ceux qui décident de continuer la guerre dans les Forces françaises libres, les légionnaires « gaullistes » prennent l’appellation de 14e demi-brigade de marche de la Légion étrangère pour éviter que deux unités distinctes portent le même nom. Mais, début novembre 1940, lorsque le gouvernement de Vichy dissout la 13e DBLE qui avait rejoint l'Afrique du nord, la 14e DBMLE redevient alors définitivement la 13e DBLE.

© Musée de l'Ordre de la Libération

Atelier radio France libre

© Ordre de la Libération

Les élèves du collège Georges Leven à Paris ont participé à l’atelier Radio France libre. Ils ont approfondi les parcours des Compagnons Simone Michel-Levy, René de Naurois, Louis Ricardou et Henri Fertet. Après la visite guidée du musée, ils ont analysé des dossiers d’archives pour écrire puis enregistrer leur propre émission de radio. 

Hanna : "Avant de me rendre au musée, je pensais que la visite serait centrée sur la guerre en général et les actions des résistants. J’ai été agréablement surprise car on a appris beaucoup de choses sur des personnes qui ont été très courageuses dont à mon goût on ne parle pas assez. J’ai aussi apprécié l’émission radio."

Ilan : "Cette sortie fut très enrichissante et très intéressante. <br>
La visite m’a permis de mieux comprendre et de savoir plus de choses sur un sujet qui me passionne. L’activité m’a également beaucoup plu, l’idée est géniale et originale et j’ai eu beaucoup de plaisir à la réaliser. Merci pour cette expérience !
"

Lior :  "J’ai beaucoup apprécié cette sortie. Elle a été très instructive. J'ai beaucoup appris sur le général de Gaulle et les Compagnons de la Libération. L'activité sur la radio a été amusante. La visite était très complète. C'était une très bonne expérience !"

Carla : "La guide a été très à l'écoute et nous a réellement expliqué les différents objets présents dans le musée. Cependant, j'ai trouvé le temps de visite assez court. L'activité radio a été très intéressante et amusante mais le fait de parler en public était assez stressant. Dans l'ensemble, la sortie a été enrichissante et très agréable."

Lola : "J’ai trouvé cette sortie très intéressante. J'ai appris beaucoup. Personnellement je ne connaissais pas du tout ce musée pourtant j'étais déjà venue aux Invalides. J’ai vraiment apprécié l'exercice radio en plus nous avions pioché une femme qui était très intéressante de par ses actes même si je ne doute pas que les autres résistants sont tout aussi intéressants. Je tiens à remercier la guide qui a su pour ma part être précise et intéressante je ne me suis pas ennuyé de la journée."

Alon : "Cette sortie m'a beaucoup plu. J’ai appris plein de choses sur certains personnages de l'histoire comme le général de Gaulle et sur les résistants. J'ai aussi aimé l'atelier radio où on devait présenter un personnage et son parcours de vie. J’ai apprécié de voir les objets appartenant à ces résistants comme les médailles de Charles de Gaulle. J'ai aussi été ému par les vêtements des déportés. En classe nous avons lu Maus et j'ai remarqué que les vêtements des déportés étaient identiques. Je remercie la guide de nous avoir enseigné des choses qu'on pourra à l'avenir transmettre nous aussi."

Élisabeth de Miribel

Élisabeth de Miribel au Québec en mars 1941.
© Musée de l'Ordre de la Libération

Portrait d’une femme d’exception, la première à siéger à la Commission nationale de la médaille de la Résistance française

Commémorant « l’année de Gaulle », nous souhaitons mettre à l’honneur Elisabeth de Miribel qui est entrée dans l’histoire au matin du 18 juin 1940 en dactylographiant le texte de l’Appel du 18 juin à Londres. Son destin la conduit ensuite au Canada puis à Alger où le général de Gaulle la nomme en avril 1944 membre de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française.

Elisabeth de Miribel est née le 19 août 1915 à Commercy (55). Arrière-petite-fille du maréchal de Mac-Mahon, elle appartient à une famille de tradition catholique et militaire. Dès septembre 1939, Elisabeth part pour Londres affectée à la mission française de guerre économique. Refusant la défaite, elle est contactée par son ami Geoffroy de Courcel pour travailler auprès du général de Gaulle. C’est elle, qui le 18 juin 1940 au matin, tape le manuscrit de l’Appel du 18 juin. Diplomate de formation, affectée au service de l’information de la France libre, le général de Gaulle l’envoie en juillet 1940 au Canada pour préparer l’implantation d’un comité de la France libre. Durant trois ans, elle met toute son énergie au profit de la France combattante. Par son inlassable activité, elle gagne la sympathie de nombreux canadiens. Par décret du 31 août 1943, elle reçoit la médaille de la Résistance française. Rappelée entre temps à Alger par le général de Gaulle, elle est la première femme à siéger à la Commission nationale de la médaille de la Résistance française dès septembre 1943 auprès de Claude Hettier de Boislambert. Nommée officiellement membre de cette commission par décret du 13 avril 1944, elle est le commissaire qui y siège le plus longtemps. Femme d’action, elle part pour l’Italie en avril 1944 comme correspondante de guerre et vit au plus près les batailles de France et la Libération de Paris. Après un séjour au Carmel, elle retrouve le ministère des Affaires étrangères où elle occupe différents postes à l’étranger et termine sa carrière comme Consul général de France à Florence. Au terme d’une vie exceptionnelle au service de la France, elle s’est éteinte le 29 mars 2005 à Paris.

Une activité en suspens en raison du confinement

© Ordre de la Libération

Dès l’annonce des mesures de confinement déclinées par les autorités, et en parfaite coordination avec la chancellerie et la conservation du musée, l’AAMOL a suspendu ses projets et activités.

Fort heureusement, notre président, Philippe Radal, a pu participer le 12 mars à la réception au cours de laquelle madame Charles Éboué a remis au délégué national et au conservateur un ensemble de documents et d’objets provenant de son beau-père, le gouverneur général Felix Éboué. Huit cartons d’archives historiques, des objets personnels et la croix de Compagnon de la Libération de celui qui fit partie de la première promotion de l’Ordre, tel est le contenu de cet exceptionnel don qui a fait l’objet par ailleurs d’une relation très complète sur le site de l’Ordre et dans la présente lettre. Philippe Radal a ensuite fait visiter le musée à madame Éboué, accompagnée d’Odile de Vasselot, médaillée de la Résistance et de proches amis. L’AAMOL, dont une des missions est de contribuer à l’enrichissement permanent des collections du musée, ne peut que se réjouir de ce geste remarquable de madame Charles Éboué, qui a ainsi encore plus ancré la mémoire de son beau-père au sein des Français libres de la première heure au travers de la vitrine qui lui est consacré.

Au terme de cette période si douloureuse pour notre pays, l’AAMOL reprendra le cours de ses activités en s’alignant en priorité sur les expositions du musée .

Le programme des événements sera communiqué dès leur confirmation.

Enfin, l’AAMOL ne peut que se réjouir du message adressé par trois des Compagnons à la nation par l’intermédiaire et à l’initiative du délégué national, qui ont rappelé avec un écho considérable ce que furent leurs engagements au moment où la patrie perdait espoir.

A ce titre, l’Ordre est bien une « boussole de citoyenneté » qui doit nous rappeler en permanence ce qu’est le patriotisme, le sens du bien commun, le civisme...et nous donner une mesure de ce qu’est l’engagement dans les périodes les plus sombres de l’histoire de la France.

L’AAMOL souhaite à chacun d’entre vous de traverser ce temps d’épreuves sans dommage, profitant de ce « repos forcé », à l’exception remarquable de tous ceux qui luttent pour notre bien, pour revivre avec 80 ans de recul ce que furent les épisodes de l'année 1940 et l’engagement du général de Gaulle. 

Rédaction d'un dossier consacré au concours national de la Résistance et de la Déportation

© AFCL

Comme l’an dernier, le Bulletin de l’AFCL , qui paraitra en mai , comprendra un dossier consacré au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Innovation majeure : numérique dès la mi-mars, il a été mis en ligne sur les sites de l’Ordre et du CNRD afin de servir à la préparation du Concours. Coordonné par François Broche et Marie-Clotilde Génin-Jacquey, il reprend le thème du Concours : « 1940, entrer en Résistance », avec les trois parties proposées aux candidats : « Comprendre, refuser, résister », et il évoque particulièrement les 795 futurs Compagnons engagés dès 1940.

Le dossier, qui comprend 48 pages, a été réalisé avec le concours de Catherine Evenou, Clotilde de Fouchécour, Louis Jourdier et Claude Massu. Il alterne les témoignages des premiers résistants, d’après leurs écrits ou les lettres à leurs proches, les déclarations officielles et des encadrés dus à des historiens spécialistes de la France libre : Christine Levisse-Touzé, Jean-François Muracciole et Henri Weill.

Hommage à une grande dame et amie de l’Ordre de la Libération : The Honorable Carole L. Brookins, fondatrice et présidente de la fondation « The First Alliance » (16 août 1943 - 23 mars 2020)

Susan Eisenhower, petite fille de « Ike », un des 4 Compagnons de la Libération américains, entourée de l’honorable Carole Brookins et du GCA (2s) Olivier Tramond, Normandie Juin 2018.
© The First Alliance

Carole Brookins : une personnalité rare

Admiratrice de l’épopée de Français libres et amie de l’Ordre de la Libération, l’Honorable Carole Brookins vient de disparaître, emportée par le Covid19 aux États-Unis. Citoyenne américaine, française de culture et de cœur, personnalité incroyable, vive, volontaire et généreuse. Son idéal était de cultiver les valeurs et les vertues communes à nos deux grandes démocraties française et américaine. Elle affirmait avec passion que les armées de nos deux pays sont porteuses de ces vertues et exemplaires pour nos sociétés fragilisées.

Elle est tombée dans l’exercice de son projet car elle multipliait les entretiens et visites, des deux côtés de l’Atlantique, elle revenait juste d’une mission prometteuse à Paris.

L’Ordre de la Libération et le conseil d’administration de la fondation TFA lui rendent ici un hommage ému.

 

The First Alliance (TFA) : une fondation originale

The First Alliance est une fondation privée américaine à but non lucratif disposant du statut de l’administration US « 501-C3 ».  Elle a été créée en 2018 par l’Honorable Carole L. Brookins, ancienne chef d’entreprise de la finance et haut-fonctionnaire américain qui la co-préside depuis son lancement avec le général de corps d’armée (2s) Olivier Tramond.

La mission de TFA est d’honorer et de renforcer l’alliance stratégique et militaire franco-américaine.

Ses actions sont organisées autour de deux axes : commémorer l’alliance militaire franco-américaine, d’hier et d’aujourd’hui, et contribuer à faire avancer des objectifs communs pour renforcer la confiance entre les chefs militaires français et américains.

En 2019, TFA a accordé des subventions à plus de 25 projets, tant en France et qu’aux États-Unis.

En 2020, des rencontres de haut niveau, des échanges et des colloques seront soutenus par TFA pour les officiers, diplomates et chercheurs français et américains, des deux côtés de l’Atlantique. La fondation TFA soutiendra ainsi des projets rappelant l’engagement de nos armées en Corée à partir de 1950.

 

Logoo
L’insigne d’épaule des Français libres de 1943 (AFN) stylisé et une devise limpide : « honorer le passé et préparer l’avenir »

 

Ordre de la Libération et fondation TFA : un partenariat évident

Pour Carole Brookins, l’Ordre de la Libération et son formidable musée étaient « son jardin secret ». Adhérente des amis du musée de l’Ordre, elle venait aux Invalides régulièrement y puiser son inspiration en visiteuse solitaire ou lors de conférences qu’elle affectionnait particulièrement. Très touchée par les personnalités des 4 Compagnons de la Libération américains, dont le président Dwight Eisenhower, elle a d’emblée voulu nouer un partenariat avec l’Ordre de la Libération et établit avec le général Christian Baptiste, délégué national, une relation de confiance chaleureuse. En 2020 TFA finance un programme de traduction en anglais de brochures et du site internet de l’Ordre pour améliorer l’accès aux visiteurs anglophones.

 

La vie d’une Alliance n’est pas chose aisée, tant pour les politiques, les diplomates que les militaires.

« The First Alliance » est une contribution, modeste mais déterminée, à un projet noble et visionnaire.

L’amitié vivante entre les généraux Dwight Eisenhower et Charles de Gaulle, « dans les hauts comme dans les bas », est à ce titre emblématique et exemplaire.

Cette amitié éclaire assurément la mission de TFA qui se poursuivra en hommage à sa formidable fondatrice et dans le respect de sa vision et de ses voeux.

 

A Paris, le 25 mars 2020

 

Le général de Corps d’Armée (2S) Olivier Tramond

Co-président et membre du conseil d’administration de la Fondation The First Alliance (TFA)

www.thefirstalliance.org 

Inauguration le 11 juin 2019 aux Invalides par madame Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre aux Armées de l’exposition « Eisenhower - de Gaulle » au musée de l’Armée (près de 40.000 visiteurs) en présence de l’Honnorable Carole Brookins fondatrice et présidente de TFA et de madame Susan Eisenhower, petite fille du président américain et membre du CA de TFA. L'exposition, financée par la First Alliance, était présentée dans le corridor de Perpignan, reliant le musée de l'Armée à l'Ordre de la Libération.
© The First Alliance

Retrouvez les évènements du mois d'avril ci-dessous :

20 avril

© Ordre de la Libération

Diffusion du 8e épisode de notre série sur la chaine Youtube de Nota Bene : Les Bretons, premiers sur la Résistance ! - L’île de Sein

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