Les collectivités médaillées

Le général de Gaulle en créant la médaille de la Résistance française a souhaité distinguer des personnes mais aussi des collectivités et des personnes morales.

Les collectivités territoriales

© Musée de l'Ordre de la Libération

 

 

 

Dix-sept communes et la Nouvelle-Calédonie ont été décorées de la médaille de la Résistance française. Territoire, villes ou simples villages, tous ont pris une part importante à la Résistance et la plupart ont été marqués profondément par le combat mené contre l’occupant.

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Médaille de la Résistance (décret du 15 octobre 1945)

Historiquement voué aux invasions et aux combats, le petit village de Béthincourt, situé à 20 km de Verdun, s’est montré digne des combattants de 14-18. Dès que le débarquement de juin 1944 est connu, le chef FFI Gilbert Grandval installe son poste de commandement à Béthincourt et harcèle l’ennemi. Toute la population du village se montre solidaire de cette initiative et refuse de parler malgré des interrogatoires musclés. Le village est partiellement brûlé. Le 21 juillet 1944, René Lardier et Cécile Gobet, qui ont eu un rôle primordial auprès du colonel Grandval, sont arrêtés et fusillés.

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Médaille de la Résistance (décret du 31 mars 1947)

Dans Brest occupée, les actes de résistance isolés se structurent rapidement en mouvements et réseaux d’action, de renseignement et d’évasion. Les déplacements des trois croiseurs Gneisenau, Scharnhorst et Prinz Eugen, fleurons de la marine de guerre allemande (Kriegsmarine), sont suivis de près et transmis à Londres. La présence de ces navires provoque des raids intensifs de la RAF, occasionnant de lourdes pertes dans la population civile. En outre, autonomistes bretons et miliciens participent à l’impitoyable répression à l’encontre des Résistants qui subissent 11 exécutions et de nombreuses déportations.

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Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 25 avril 1946)

Bien que distante seulement d’une dizaine de kilomètres des plages du débarquement, Caen n’est entièrement libérée que le 19 juillet 1944. Durant les 43 jours qui précèdent sa libération, la population subit des bombardements alliés particulièrement destructeurs. La cité de Guillaume le Conquérant est rasée aux trois-quarts. Ni les habitants (2 000 morts et des milliers de blessées), ni les mouvements de résistance ne sont épargnés. Alors que les Alliés prennent pied sur les côtes normandes, les nazis fusillent froidement 70 à 80 Résistants détenus à la maison d’arrêt.

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Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 25 avril 1946)

Dès juillet 1942, Caniac héberge des Alsaciens-Lorrains ayant refusé l’enrôlement dans la Wehrmacht. En 1943, les bois de Caniac abritent un des premiers maquis du Lot. Les habitants soutiennent les maquisards qui remplissent des missions de renseignement sur les déplacements de la Wehrmacht tout en suivant une instruction militaire. Prévenus d’une attaque imminente des troupes allemandes le 25 février 1944, les maquisards échappent à l’ennemi et se replient. Le lendemain, en représailles, 300 Allemands investissent Caniac et procèdent à de nombreuses arrestations.

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Médaille de la Résistance (décret du 15 octobre 1945)

La population apporte aide et ravitaillement aux maquisards du Vercors. L’année 1944 est celle d’une répression forcenée. En avril, la Milice procède à des violentes opérations de contrôle sur le terrain. A la mi-juillet, les Allemands bombardent La Chapelle, qu’ils investissent le 25, après avoir détruit le village de Vassieux. Après une journée de traque, une partie de la population est enfermée pour la nuit dans l’école étroitement gardée. A l’aube, dans les ruines du village incendié, on découvre les corps de seize otages abattus dans la cour et la mort brutale de trente deux habitants âgés de 5 à 82 ans.

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Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 20 novembre 1946)

Des mouvements et des réseaux naissent à Lyon dès 1941. La taille de la ville et sa configuration favorisent l’action clandestine, ce qui lui vaut rapidement le nom de « capitale de la Résistance ». Mais après novembre 1942 et l’occupation de toute la France, les résistants de Lyon sont victimes d’arrestations en masse, subissant les coups de la Gestapo secondée par la Milice. Vers la fin de l’occupation, de nombreux massacres de prisonniers précèdent le départ des Allemands le 2 septembre 1944. Le lendemain, la 1ère division française libre, appuyée par des groupes FFI, en prend possession.

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Accusée d’apporter une aide constante aux maquisards, la population de Marsoulas et de ses environs subit d’effroyables représailles de la part de la division SS Das Reich. Le 10 juin 1944, toute une famille est abattue à l’entrée du bourg. Puis, se ruant vers les maisons suivantes, les SS se vengent en tuant indifféremment hommes, femmes et enfants. La tuerie se poursuit jusqu’à ce que les Allemands quittent enfin le village après l’avoir partiellement pillé. En moins d’une heure, la barbarie nazie a fait vingt-huit victimes (hommes, femmes et  enfants), soit un tiers de la population.

 

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Médaille de la Résistance (décret du 24 avril 1946)

Montceau-les-Mines est un centre actif de sabotage et de renseignement. Les « gueules noires » distribuent des tracts, se mettent en grève et enfin s’engagent dans le maquis. Venus essentiellement de Montceau, ils forment un tiers des effectifs des combattants de la région. Les mineurs maquisards participent à plusieurs combats sanglants entre juin et septembre 1944 contre les Allemands en retraites. Le 6 septembre, avec un groupe de parachutistes SAS, ils contraignent près de 700 Allemands à déposer les armes avant d’accueillir deux jours plus tard les éléments avancés de la 1ère armée française.

 

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Médaille de la Résistance (décret du 16 janvier 1947)

Entre frontière suisse et ligne de démarcation, le secteur de Nantua est hautement stratégique. Dès 1943, les maquisards, aidés de nombreux réfractaires du Service du Travail obligatoire (STO) décident de passer à l’action. Le 14 décembre 1943, 400 Waffen SS cernent la ville et arrêtent de nombreux habitants. La Gestapo assassine le docteur Mercier, chef de l’Armée secrète, et 150 otages sont déportés. Le 10 juillet 1944, cinq colonnes de l’armée allemande convergent vers Nantua où elles font régner la terreur pendant deux semaines (exécutions, tortures, pillages, déportations).

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Médaille de la Résistance (décret du 24 avril 1946)

Sous la pression de ses habitants, la Nouvelle-Calédonie se rallie à la France libre le 19 septembre 1940. Située au large des côtes australiennes, l’île joue un rôle stratégique primordial pour les Américains en guerre dans le Pacifique. Des dizaines de milliers de soldats alliés, le personnel civil, l’armement et le matériel, stationnent ou transitent en Nouvelle-Calédonie. Ses ressources minières sont également un atout majeur. Elle fournit en outre, avec le bataillon du Pacifique, une unité de volontaires qui se distingue à Bir-Hakeim (Libye), puis dans tous les combats d’Afrique et d’Europe.

 

 

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Médaille de la Résistance (décret du 16 janvier 1947)

Oyonnax est déjà un bastion de la Résistance armée lorsque 250 membres de l’Armée secrète défilent audacieusement dans les rues le 11 novembre 1943. En tête du défilé, la fanfare, est suivie du colonel Romans-Petit (CL) en tenue d’aviateur, précédant les maquisards en armes et en uniforme. La population, surprise et enthousiaste, assiste à une cérémonie complète au monument aux morts. Cette manifestation, minutieusement préparée et même filmée, connait un retentissement tel qu’elle est relatée le soir même par la radio de Londres, puis par l’ensemble de la presse clandestine.

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Médaille de la Résistance (décret du 31 mars 1947)

Plougasnou est dès 1940 un important centre d’évasion vers l’Angleterre pour les volontaires qui souhaitent rejoindre la France libre. 50 de ses habitants partiront et seuls 20 reviendront. En 1944, 37 villageois rejoignent le maquis de Plourin et se constituent en section autonome qui réceptionne des parachutistes et participe à des actions armées contre l’occupant. Le 5 août 1944, ils participent à l’attaque d’un blockhaus et prennent part à la libération. La section FFI de Plougasnou se porte ensuite volontaire pour les combats dans la poche du Conquet, puis rejoint les fronts de Saint-Nazaire et de Lorient.

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Médaille de la Résistance (décret du 15 octobre 1945)

Au pied du sommet du Moucherotte, la trouée de Saint-Nizier est une brèche dans ce donjon naturel qui garde le plateau du Vercors. Le maquis qui s’y constitue abrite une jeunesse ardente mais inexpérimentée, aidée par l’ensemble de la population. Après le 6 juin 1944, sur le sommet des Trois Pucelles, les maquisards hissent un gigantesque drapeau tricolore visible depuis Grenoble. Devant cette provocation, 400 Allemands attaquent le maquis le 13 juin. Rapidement maîtres du terrain, ils exercent de terribles représailles, achèvent les blessés, pillent et incendient Saint-Nizier et les hameaux voisins.

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Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 27 août 1946)

Située au large de la Pointe du Raz, la petite île de Sein ne comprend que 1 400 habitants en 1939. Relativement isolés, ils n’apprennent que par bribes les mauvaises nouvelles qui parviennent du front en mai et juin 1940. Le 22 juin cependant, les îliens entendent à la radio le discours du général de Gaulle à la radio de Londres. 124 Sénans - la quasi-totalité des hommes présents - répondent à son appel et gagnent l’Angleterre où ils s’engagent dans la France libre. L’île de Sein est la seule collectivité territoriale à la fois compagnon de la Libération et médaillée de la Résistance.

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Médaille de la Résistance (décret du 31 mars 1947)

Au moment de sa libération à l’été 1944, le village de Tavaux fait l’objet de terribles représailles menées par la division SS Adolf Hitler. Le 30 août, le village est en grande partie détruit et 21 de ses habitants sont sauvagement assassinés. Le lendemain, alors que les maisons achèvent de brûler, de durs combats mettent aux prises les groupes FFI et les derniers Allemands restés sur les lieux. Devant la fureur des combats, les habitants se réfugient dans les bois environnants. Une fois les Allemands partis, ils retrouvent une ville pillée.

 

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Médaille de la Résistance (décret du 22 septembre 1945)

La Résistance est active à Terrou depuis 1942. Le 11 mai 1944, connaissant la complicité de la population avec le maquis, les Allemands somment les habitants de leur indiquer son implantation. Les maisons sont pillées et le hameau voisin de Las Descragues est bombardé au canon. Le 1er juin, les Allemands reviennent à Terrou avec la division SS Das Reich. Prévenus, les hommes partent se cacher dans les bois. Furieux de ne trouver que quelques habitants, les SS mettent systématiquement le feu à toutes les maisons et à l’église. L’incendie dure toute la journée ; il ne reste rien du village.

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Médaille de la Résistance (décret du 15 octobre 1945)

Après l’invasion de la zone Sud en novembre 1942, des membres de l’armée d’armistice dissoute passent à la clandestinité. A Thônes, ils rejoignent les résistants locaux. Pourchassés par les Italiens et les forces de Vichy, ils se replient dans la montagne. Lorsque l’état de siège est proclamé en Haute-Savoie, les résistants rejoignent le plateau des Glières. Thônes est attaquée par la milice en février 1944 et les Glières le mois suivant par les Allemands. Début août, les représailles à Thônes font 12 morts et 24 blessés, peu avant la libération du département par les seules forces de la Résistance.

Les collectivités civiles

Quinze collectivités civiles sont médaillées de la Résistance. Parmi elles, un lycée, une université, un clan scout, des unités de police ou de pompiers ou encore des communautés religieuses qui illustrent par leur diversité celle de l’action résistante.

 

  • Abbaye de Timadeuc en Rohan (Morbihan)

Médaille de la Résistance (décret du 3 janvier 1946)

  • Association des Français de Grande-Bretagne

Médaille de la Résistance (décret du 31 mai 1943)

  • Fédération de la Presse Clandestine

Médaille de la Résistance (décret du 31 mars 1947)

  • Le Corps urbain des Gardiens de la Paix de la ville de Nice (Alpes-Maritimes)

Médaille de la Résistance (décret du 25 avril 1946)

  • Hôpital de Cahors (Lot)

Médaille de la Résistance (décret du 17 juillet 1945)

  • Hôpital de Saint-Céré (Lot)

Médaille de la Résistance (décret du 17 juillet 1945)

  • Lycée Lalande de Bourg-en-Bresse (Ain)

Médaille de la Résistance (décret du 3 octobre 1946)

  • La Police d’état de la ville d’Alger

Médaille de la Résistance (décret du 26 mars 1945)

  • Radio Brazzaville

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 3 janvier 1946)

  • Religieuses de l’Ordre du Très Saint-Sauveur dites Sœurs de Niederbronn (Bas-Rhin)

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 24 avril 1946)

  • Résistance Fer

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 31 mars 1947)

  • Résistance P.T.T.

Médaille de la Résistance (décret du 13 juillet 1945)

  • Sapeurs-Pompiers de la ville de Belfort (Territoire de Belfort)

Médaille de la Résistance (décret du 3 janvier 1946)

  • Scouts routiers Clan Guy de Larigaudie de Belfort (Territoire de Belfort)

Médaille de la Résistance (décret du 24 avril 1946)

  • Université de Strasbourg (Bas-Rhin)

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 31 mars 1947)

Les collectivités militaires

Vingt-deux collectivités militaires ont reçu la médaille de la Résistance. On relève une forte prédominance de la Marine avec quinze unités pour six de l’armée de Terre et une de l’armée de l’Air. On note aussi la Brigade de gendarmerie de la Chapelle-en-Vercors qui est médaillée comme la commune elle-même. Enfin, trois de ces unités sont également « Compagnon de la Libération » (la corvette Aconit, le 1er régiment de fusiliers marins et la 13e demi-brigade de Légion étrangère).

 

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Corvette Alysse

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Sous-marin Casabianca

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 3 août 1946)

  • Aviso Commandant Dominé

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Aviso Commandant Duboc

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 31 mars 1947)

  • Sous-marin Glorieux

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Sous-marin la Vénus

Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume (décret du 29 novembre 1946)

  • Contre-torpilleur Léopard

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Sous-marin Marsouin

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Corvette Mimosa

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  •  Sous-marin Narval

Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume (décret du 29 novembre 1946)

  •  Patrouilleur Poulmic

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Aviso Savorgnan de Brazza

Médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946)

  • Sous-marin Surcouf

Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume (décret du 29 novembre 1946)

  • Brigade de Gendarmerie de la Chapelle-en-Vercors

Médaille de la Résistance (décret du 14 juin 1946)

  • Cadets de la France libre

Médaille de la Résistance (décret du 6 avril 1944)

  • École militaire préparatoire d’Autun

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 31 mars 1947)

  • École militaire technique de Tulle

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 24 avril 1946)

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 31 mars 1947)

  • Premier régiment d’infanterie

Médaille de la Résistance (décret du 31 mars 1947)

  • Groupe de bombardement Bretagne

Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 3 août 1946)

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