Dwight EISENHOWER

Dwight EISENHOWER

Né(e) le 14 octobre 1890 - Denison (texas) (ETATS UNIS)
Décèdé(e) le 28 Mars 1969 - Washington (Etats-Unis)
Compagnon de la Libération par décret du 28 Mai 1945

Biographie

Dwight David Eisenhower est né le 14 octobre 1890 à Denison, au Texas (Etats-Unis). Son père, David Jacob Eisenhower descend d’émigrés sarrois qui se sont installés aux Etats-Unis en 1741. Avec son épouse Ida, ils sont membres d’une des nombreuses communautés religieuses austères et pacifiques du pays. Il passe son enfance à Abilene (Kansas) où sa famille est revenue s’établir à la suite de revers de fortune connus au Texas (1889-1891). Son père est désormais employé dans une laiterie. Pour payer les études de son frère Edgar, Dwight y travaille comme veilleur de nuit. Sur le conseil d’un ami, il postule à l’Ecole navale d’Annapolis et à la prestigieuse école de West Point, le Saint-Cyr américain, qui toutes deux sont gratuites. Bien que reçu, il doit renoncer à l’Ecole navale car trop âgé pour y entrer. Il opte alors pour West Point, qu’il rejoint en 1911. Ce grand sportif est doté d’une intelligence acérée. Néanmoins, il ne brille pas particulièrement dans les matières académiques. Il lui arrive également de se montrer rétif au strict respect de la discipline militaire. Il sort de West Point en 1915 avec le grade de sous-lieutenant et un classement moyen (61ème sur 164). Le 1er juillet 1916, il épouse Mamie Geneva Doud (1896-1979). Le couple aura deux fils Doud Dwight Eisenhower (1917-1921) et John Sheldon Doud Eisenhower (1922-2013). Désireux de se battre en Europe, Dwight Eisenhower n'est pourtant pas autorisé à rejoindre le corps expéditionnaire que le général Pershing met sur pied à partir du printemps 1917 et doit se contenter de fonctions d’entraînement. Au printemps 1918, il est chargé de mettre sur pied une unité de tanks. L’armistice survient alors qu’il s’apprête à partir pour la France. De janvier 1922 à septembre 1924, il sert dans la zone du canal de Panama sous les ordres du général Fox Conner, l’un des hommes les plus respectés et les plus influents de l’armée américaine d’alors. Sous la houlette de Conner, il développe et approfondit substantiellement sa formation intellectuelle. Après une année d’études (1925-1926) il sort premier de sa promotion de l'Ecole de Commandement et d'Etat-major de Fort Leavenworth. En 1927, il est affecté pendant huit mois (janvier-août) à la Commission des monuments de guerre américains que dirige le général Pershing en France. D’août 1927 à juin 1928, il étudie au War College (Ecole de Guerre américaine) dont il sort à nouveau premier de sa promotion. Il est alors détaché une nouvelle fois à la Commission des monuments de guerre. Durant près d’un an et demi (juillet 1928-novembre 1929), il séjourne ainsi à Paris avec sa femme et leur fils. Il rejoint ensuite le Secrétariat d'Etat à la Guerre puis travaille dès 1931 auprès du nouveau chef d'état-major de l’armée américaine, le général MacArthur. Lorsqu’en 1935, celui-ci est envoyé à Manille afin d’y superviser la formation de la future armée philippine, il emmène Eisenhower avec lui. Promu lieutenant-colonel le 1er juillet 1936, ce dernier y reste jusqu'en décembre 1939, ayant demandé à rentrer aux Etats-Unis après les déclarations de guerre du mois de septembre en Europe. En janvier 1940, il est affecté à Fort Lewis (Etat de Washington) au 15e régiment d'infanterie, 3e division d'infanterie. Il dira plus tard : " Après huit ans de bureaux et de travail d'état-major, dans l'atmosphère raréfiée des projets militaires et des demandes, j'étais à nouveau au contact avec les deux éléments fondamentaux de l'effort militaire : les hommes et les armes. " En novembre, il est à nouveau détaché du commandement direct pour devenir chef d'état-major de la division puis, en mars 1941, chef d'état-major du IXe Corps d'Armée, sous le commandement du major-général Joyce, à Fort Lewis, avec une promotion temporaire au grade de colonel. En juin, il devient chef d'état-major de la 3e Armée, sous le commandement du lieutenant-général Krueger, au Fort Houston de San Antonio (Texas). En septembre, il participe à de gigantesques manœuvres en Louisiane, auxquelles près de 400 000 hommes des 2e et 3e Armées américaines contribuent. Les leçons tirées de cet exercice sont primordiales pour les théoriciens des futures opérations en Asie et en Europe. La quantité des troupes employées est sans précédent. A l'issue de ces manœuvres où il s’est particulièrement distingué, Eisenhower est promu temporairement au grade de brigadier-général (1 étoile). C'est à Fort Houston qu'il apprend l'attaque japonaise sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. En plein préparatifs au sein de la 3e armée, il reçoit l'ordre, cinq jours plus tard, de rejoindre le général Marshall, à Washington (D.C), pour servir au sein de l’Etat-major général. Il est affecté à la War Plans Division, dont il prend la tête en le 16 février 1942. Le 27 mars, il est promu à titre temporaire au grade de major-général (2 étoiles). Mais une fois de plus, il va changer de fonctions : le 8 juin, il est nommé Commandant en chef des forces américaines en Europe. A ce titre, il devra superviser la préparation et la mise en œuvre de l'ensemble des opérations en Europe mais en aussi en Afrique du Nord. Le 27 juillet, il est temporairement promu au grade de lieutenant-général (3 étoiles). La nécessité d'un soutien américain aux troupes britanniques en Afrique est une des principales préoccupations de Dwight Eisenhower durant cette année 1942. Il supervise donc l'opération Torch qui commence le 8 novembre par un débarquement conjoint à Casablanca, Oran et Alger. La présence surprise de l'amiral Darlan à Alger rend la situation plus complexe et plus intéressante à la fois : le ralliement des autorités et des troupes françaises de la région pouvant rendre la présence alliée en Afrique du Nord beaucoup plus sûre. Le 11 février 1943, il est promu général (4 étoiles) alors qu'il prépare la campagne de Tunisie où les Allemands ont débarqué en force. Il ajoutera plus tard : " Je n'étais toujours que lieutenant-colonel dans l'armée régulière. " Après la victoire en Tunisie, il prépare déjà l'invasion de la Sicile, l'opération Husky afin, comme cela a été décidé à la conférence de Casablanca, de sécuriser une partie des routes maritimes en Méditerranée et de pouvoir poursuivre ensuite en Italie. Débutant le 10 juillet, l’opération se termine par la prise de Messine le 17 août. Des problèmes politiques internes en Italie rendent possible le débarquement en Calabre puis à Salerne en septembre. La libération de l'Europe continentale, à laquelle Dwight Eisenhower travaille sans relâche, commence. Il laisse néanmoins le théâtre méditerranéen (qu’il a officiellement commandé depuis le 8 novembre 1942) afin de prendre en charge à Londres la préparation de l'opération Overlord qui doit permettre d'ouvrir un front en Europe de l'Ouest. Le 24 décembre 1943, en effet, le président Roosevelt l’a nommé Commandant Suprême des Forces Expéditionnaires Alliés, reconnaissant en lui les capacités d’agir au-delà des sensibilités propres à chacun des alliés et d'assurer la cohésion des opérations en Europe. Du débarquement du 6 juin 1944 à la signature de la reddition le 8 mai 1945, Dwight Eisenhower n'a de cesse de faire le lien entre les choix stratégiques des gouvernements alliés et les préoccupations quotidiennes des commandants et des hommes de troupe. Parfois critiqué par certains de ses principaux lieutenants, il s’impose néanmoins, en particulier au moment des tentatives allemandes de contre-offensive dans les Ardennes belges puis vers l’Alsace (16 décembre 1944-31 janvier 1945). A plusieurs reprises, ses choix vont à l'encontre desintérêts du général de Gaulle mais ils n'entament pas l'estime que les deux hommes se portent mutuellement. Chef militaire, Eisenhower doit théoriquement placer son action à un niveau différent de celui de l’homme du 18 Juin. Esprit politique, il n’a néanmoins de cesse, à partir de l’automne 1943, de faciliter l’entreprise gaullienne à l’extrême limite du cadre imposé par le président Roosevelt. Le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération le 28 mai 1945 et lui remet la Croix de la Libération le 14 juin, à Paris, devant l'Arc de Triomphe. Dwight Eisenhower est à ce moment General of the Army (5 étoiles ; l’équivalent de maréchal en France), le grade militaire le plus élevé – qui sera rendu permanent en avril 1946 – et occupe les fonctions de Gouverneur de la zone d’occupation Ouest de l’Allemagne. Avec la signature de la reddition du Japon en août 1945, la victoire est désormais complète. A Washington, le président Truman lui déclare peu après : "Général, il n'y a rien que vous puissiez vouloir que je ne sois près à vous aider à obtenir. Ceci inclut spécialement la présidentielle de 1948.". Dwight Eisenhower éclate de rire puis répond en ces termes : "Monsieur le Président, je ne sais pas qui sera votre concurrent pour la présidentielle, mais ce ne sera pas moi." Chef d'état-major de l'Armée américaine à partir du 19 novembre 1945, il quitte le service actif en février 1948. En juin, il devient président de l'Université de Columbia tout en continuant à assumer des fonctions de conseil auprès des responsables militaires américains. Mais, rappelé à l'activité, il est nommé en décembre 1950 Commandant en chef des forces américaines en Europe. En avril 1951, il prend la tête des forces de l’OTAN. Il se retire à nouveau en avril 1952 afin de participer à la campagne présidentielle sous les couleurs républicaines. Le 4 novembre de la même année, il devient le 34e Président des Etats-Unis avant d'être réélu en 1956. Il signe la paix en Corée en juillet 1953 et participe à l'œuvre de détente avec le bloc de l'est en recevant Khrouchtchev aux Etats-Unis en 1959. Après une fin de second mandat notamment marquée par la crise cubaine, Dwight Eisenhower se retire de la vie politique en 1961. Son successeur, le président démocrate John Fitzgerald Kennedy, le remet à titre honoraire sur la liste active en tant que General of the Army. Dwight Eisenhower est décédé le 28 mars 1969 à l'hôpital Walter Reed de Washington. Son corps est ensuite exposé au Capitole au cours d'une cérémonie nationale à laquelle participent de nombreux monarques et chefs d'Etat dont le général de Gaulle. Il est inhumé à Abilene, dans le Kansas.


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 1939-45 avec palme
• Distinguished Service Medal - Army avec 4 feuilles de chêne (USA)
• Distinguished Service Medal - Navy (USA)
• Legion of Merit (USA)
• Mexican Border Service Medal (USA)
• World War I Victory Medal (USA)
• American Defense Service Medal (USA)
• European-African-Middle Eastern Campaign Medal avec 9 étoiles (USA)
• World War II Victory Medal (USA)
• Médaille de l'armée d'occupation en Allemagne (USA)
• American Campaign Medal (USA)
• Grand Croix de l'Ordre du Bain (GB)
• Ordre du Mérite (GB)
• Africa Star (GB)
• Grand Croix de l'Ordre de Libertador Saint Martin (Argentine)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite (Autriche)
• Croix de guerre 1940 avec palme (Belgique)
• Grand Croix de l'Ordre de Léopold (Belgique)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite Militaire (Brésil)
• Médaille de Guerre (Brésil)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite Aéronautique (Brésil)
• Grand Maître de l'Ordre National de la Croix du Sud (Brésil)
• Médaille de campagne (Brésil)
• Grand Croix de l'Ordre du Mérite (Chili)
• Grand Cordon de classe spéciale de l'Ordre de Yun-Fei (Taiwan)
• Ordre de l'Eléphant (Danemark)
• Ordre de l'Etoile d'Abdon Calderon (Equateur)
• Grand Croix de l'Ordre d'Ismaël (Egypte)
• Grand Croix de Chevalier avec cordon de l'Ordre de Salomon (Ethiopie)
• Ordre le plus Glorieux de la Reine de Saba (Ethiopie)
• Grand Croix avec épée de l'Ordre de George Ier (Grèce)
• Ordre Royal du Sauveur (Grèce)
• Croix du Mérite Militaire (Guatemala)
• Grand Croix avec insigne d'or de l'Ordre National de l'Honneur et du Mérite (Haïti)
• Grand Cordon de l'Ordre Suprême du Chrysanthème (Japon)
• Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (Vatican)
• Grand Croix de l'Ordre Grand Ducal de la Couronne de Chêne (Luxembourg)
• Médaille Militaire (Luxembourg)
• Ordre du Mérite Militaire (Mexique)
• Ordre de l'Aigle Aztèque (Mexique)
• Médaille du Mérite Civique (Mexique)
• Grand Croix de l'Ordre chérifien du Ouissam Alaouite (Maroc)
• Ordre de Mohammed V (Maroc)
• Grand Croix de l'Ordre Royal de Saint Olaf (Norvège)
• Nishan de l'Ordre du Pakistan (Pakistan)
• Grand Croix de l'Ordre de Vasco Nunez de Balboa (Panama)
• Grand Maître de l'Ordre de Manuel Amador Guerrero (Panama)
• Chevalier Grand Croix de l'Ordre du Lion des Pays-Bas (Pays-Bas)
• Distinguished Service Star (Philippines)
• Raja de l'Ordre de Sikatuna (Philippines)
• Commandant en Chef de la Médaille du Bouclier d'Honneur (Philippines)
• Chevalier de l'Ordre du Polonia Restituta (Pologne)
• Ordre du Virtuti Militari (Pologne)
• Croix de Grunwald (Pologne)
• Ordre du Lion Blanc (Tchécoslovaquie)
• Ordre du Lion Blanc pour la Victoire, avec étoile (Tchécoslovaquie)
• Croix de Guerre 1939 (Tchécoslovaquie)
• Ordre le Plus Illustre de la Maison Royale de Chakri (Thaïlande)
• Grand Cordon de l'Ordre du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Ordre de la Victoire (URSS)
• Ordre de Souvorov (URSS)
• Croix de Guerre commémorative 1941-45 (Yougoslavie)


Publications :

Dwight Eisenhower a écrit de nombreux ouvrages après la guerre. Parmi ceux-ci, traduits en langue française :

Croisade en Europe, Mémoires sur la Seconde Guerre Mondiale. Robert Laffont ; Paris, 1949.
Aux peuples du monde. Editions Lang ; Paris, 1953.
L'information et la paix. Editions Lang ; Paris, 1954.
Les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Les Nouvelles Editions Latines ; Paris, 1957.

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