Musée de l'ordre de la Libération

Les collections

L'objet du mois par Lionel Dardenne, assistant de conservation
Livret scolaire de Jacques Bingen
© Musée de l'Ordre de la Libération

Livret scolaire de Jacques Bingen

En cette période de rentrée des classes, les élèves pourront être inspirés par les excellentes appréciations reçues par Jacques Bingen. Durant l’année scolaire 1924-1925, il est élève de Seconde C, classe à orientation scientifique, au lycée Janson de Sailly (Paris XVIe). Jacques Bingen poursuit une excellente scolarité et sort diplômé de l’École des mines de Paris en 1931.

Dès 1940, ayant rejoint l’Angleterre, il prend comme armateur la direction de la Marine marchande de la France libre. Désireux de servir activement, il entre en 1942 au BCRA, les services secrets de la France libre. Il remplit, d’août 1943 à son suicide le 13 mai 1944, une mission clandestine capitale pour le développement et l’unification de la Résistance.

Musée de l’Ordre de la Libération
Don de Jacqueline Citroën
N° d’inventaire : N3814

Livret scolaire de Jacques Bingen
© Musée de l'Ordre de la Libération

La photographie du mois par Béatrice Parrain, responsable des collections photographiques
Photographie de mariage d’Édouard Méric et Marie-Madeleine Bridou, Paris, 10 novembre 1928.
© Musée de l'Ordre de la Libération

À Paris, dans le 17e arrondissement, le 10 novembre 1928, un futur Compagnon de la Libération se marie avec une future médaillée de la Résistance française avec rosette : Édouard Méric, en tenue de lieutenant du Régiment des Troupes du Maroc épouse Marie-Madeleine Bridou.

Cette dernière, plus connue sous le nom de Fourcade (nom de son second mari), a été une des rares femmes à occuper les plus hautes responsabilités dans la Résistance comme chef du réseau de renseignement Alliance.

Quant à Édouard Méric, il s’illustre pendant la Seconde Guerre mondiale au sein des Tabors marocains. Il participe à la campagne de Tunisie, la libération de la Corse, de la Provence et de Marseille. Il poursuit sa carrière militaire jusqu’au grade de général.

Ce visuel fait partie d’un important fonds photographique donné par la petite-nièce d’Édouard Méric en juin 2026.

L'archive du mois par Roxane Ritter, responsable des archives et du centre de recherche
Avis d'exécution d'Honoré d'Estienne d'Orves, Jan Doornik et Émile Barlier, 1941, don de Lucien Goraguer
© Musée de l'Ordre de la Libération
Publié à Paris par le Militärbefehlshaber in Frankreich (commandement militaire allemand en France) le 29 août 1941, cet avis d’exécution est présenté en allemand et en français. Il annonce l’exécution de trois hommes condamnés à mort pour « espionnage » : le capitaine de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, le commerçant Maurice Barlier et le commerçant Jan Louis-Guillaume Doornik. Ils sont fusillés le jour même au Mont Valérien.
 
Les avis d’exécution se multiplient à partir de 1941, lorsque la Résistance se développe et que la répression allemande se durcit. Ils sont placardés dans les rues afin que la population prenne connaissance des condamnations et des exécutions. Les affiches constituent ainsi un instrument de propagande et de terreur. À partir de l’été 1941, après le début de la lutte armée communiste et les premiers attentats contre les soldats allemands, la répression devient encore plus violente. Les Allemands mettent notamment en place le système des otages et procèdent à des exécutions collectives en représailles aux attentats. Les affiches d’exécution ont donc un rôle essentiel dans la guerre psychologique livrée par l’occupant : elles cherchent à isoler les résistants, à faire comprendre aux Français que toute opposition peut entraîner la mort et à imposer l’idée que l’occupant détient le pouvoir de vie et de mort.
 
Honoré d’Estienne d’Orves sera l’un des premiers Français libres fusillé au Mont Valérien. Officier de marine, il rejoint le général de Gaulle à Londres après la défaite. En décembre 1940, il est envoyé en France pour créer le réseau Nemrod, chargé de transmettre des renseignements militaires aux Britanniques. Le réseau est rapidement découvert et d’Estienne d’Orves est arrêté en janvier 1941 et fusillé le 29 août avec ses deux principaux adjoints Maurice Barlier et Jan Doornik.
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