Musée de l'ordre de la Libération
médaillé

Jean DELORME

Médaillé par décret du 19 Janvier 1946
Date de parution au Journal officiel :
Date de naissance : 14 septembre 1898
Lieu de naissance : Versailles, 78 - Yvelines (ex Seine-et-Oise), France
Côte du dossier : 1O18013

Biographie

Né le 14 septembre 1898 à Versailles, Jean Delorme, ancien militant du Parti socialiste et syndicaliste à la CGT, se trouve dans la Nièvre lors des journées de juin 1940. Immédiatement hostile au maréchal Pétain, il se rallie à l’idée de poursuivre la lutte après avoir appris par des amis l’appel du général de Gaulle. Il entre dans la Résistance au début de 1941, encouragé par un camarade, Pierre Guérin, chargé de constituer des groupes dans la région de Versailles. 

Par l’intermédiaire de Guérin, Delorme entre en contact avec Louis Bascan et André Kleinpeter. Bascan, retraité de l’enseignement et ancien directeur d’EPS, réside à Viroflay. Le rôle de Delorme consiste alors à diffuser des tracts et journaux clandestins, notamment Le Populaire et Libération. Il reçoit ces journaux à son bureau dans une grande enveloppe du ministère du Travail, puis les transmet à Bascan sous pli à en-tête de la préfecture. Grâce à ses fonctions à la préfecture, il lui communique également des renseignements utiles. 

Mis en relation par Kleinpeter avec Adolphe Fontenaille et Jacques Lelay, employés du Service du travail obligatoire (STO), Jean Delorme parvient à empêcher de nombreux départs vers l’Allemagne. Il procure également de fausses cartes d’identité, réalisées à l’aide de cachets officiels, et fournit même certains cachets à d’autres groupes résistants. Toujours par l’intermédiaire de Kleinpeter, et afin d’élargir son action, il entre en contact avec un responsable régional de Libération-Nord. 

À cette période, Jean Delorme est chargé de constituer un groupe de Résistance au sein de la préfecture de Seine-et-Oise. La tâche est ardue : il se heurte à la prudence et à la peur de ses collègues, et finit par être soupçonné. Sur quatre jeunes employés envoyés en Allemagne, deux appartenaient à son bureau. Proposé en 1942 comme chef de service, il est écarté de la liste d’avancement par le régime de Vichy en 1943. 

Cependant, peu de temps après, il reçoit une promotion importante : désigné par le gouvernement d’Alger, sur proposition de Kleinpeter, il se voit confier, à la Libération, la responsabilité des services départementaux de Seine-et-Oise, en attendant la nomination du préfet. 

Delorme reprend également contact avec des camarades de la CGT, avec lesquels il entreprend de reconstituer un syndicat dont l’action devait jouer un rôle important à la Libération. Cette activité syndicale est menée principalement par Capitaine, rédacteur révoqué en 1938 pour avoir participé à une grève. 

Le 28 juin 1944, Jean Delorme est arrêté, avec une quarantaine d’autres membres de Libération-Nord, à la suite de la dénonciation d’un agent de liaison départemental. Quelques jours auparavant, il avait reçu la visite du frère de Pierre Guérin, l’informant de l’arrestation de ce dernier et lui recommandant la prudence. Alors qu’il rentre chez lui, il est précédé par une voiture de la Gestapo. Il poursuit sa route et demande à un collègue d’aller vérifier la situation à son domicile. Celui-ci revient avec la nouvelle : sa fille se trouve là, aux mains des Allemands. Refusant de la laisser être arrêtée à sa place, Delorme choisit de se livrer. Conduit dans les locaux du SD, rue Lemercier à Versailles, il y retrouve notamment Jules Coq et Louis Bascan. Tous sont ensuite incarcérés à la prison de Versailles, puis transférés à Fresnes, avant d’être déportés à Buchenwald. Jean Delorme est libéré de ce camp le 11 avril 1945. 

Médaillé de la Résistance par décret du 19 janvier 1946, Jean Delorme est décédé à Versailles le 16 janvier 1950. La mention "Mort pour la France" a été inscrite en marge de son acte de décès.

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