Les collections
L'archive du mois par Roxane Ritter, responsable des archives et du centre de recherche
Message du général de Gaulle au commandant aviateur breveté Charles Pijeaud. Don de Claude Hettier de Boislambert.
Appelé à l'état-major de l'armée de l’Air pendant la campagne de France alors qu'il brûle de servir dans une unité combattante, Charles Pijeaud se replie avec l'état-major à Bordeaux. Après l'armistice, refusant l'idée de la défaite, il décide de rallier à Londres le général de Gaulle.
Le 25 juin 1940, le commandant Charles Pijeaud gagne Port-Vendres puis Gibraltar où il reçoit, le 1er juillet, ce message du général de Gaulle l’invitant à rejoindre Londres dès que possible. À son arrivée en Angleterre, il est nommé chef d'état-major des FAFL.
À l'automne 1941, il est affecté à sa demande au Groupe réservé de bombardement n°1 (GRB 1), bientôt appelé Groupe de bombardement "Lorraine", qui se trouve alors en opérations en Libye. Le 17 décembre 1941, le "Lorraine" passe sous son commandement. Abattu le 20 décembre lors d’une mission de bombardement, il réussit à sauter en parachute. Grièvement brûlé au visage et aux mains, souffrant atrocement, il tombe, à son arrivée au sol, entre les mains d'une patrouille italienne.
Hospitalisé à Derna, alors que les Italiens se préparent à fuir, il s'évade bien qu'aveugle et se cache pendant plusieurs heures jusqu'à ce qu'il s'aperçoive du départ des Italiens et regagne l'hôpital où il attend seul pendant quatre jours l'arrivée des Britanniques. Evacué sur Alexandrie, il décède de ses blessures le 6 janvier 1942.
L'objet du mois par Vladimir Trouplin, directeur et conservateur du musée
Pièce de radiateur type S 99 4 G du bombardier Blenheim n° T1867
Le 24 décembre 1940, le Groupe réservé de bombardement n°1 est mis à la disposition du colonel Leclerc pour appuyer la colonne qui doit attaquer l'oasis italienne de Koufra en Libye. Le 2 février le groupe s'envole pour bombarder Koufra. L’opération est parfaitement réussie. Mais les difficultés techniques, la persistance des vents de sable et aussi l'expérience insuffisante des mécanos sur ces avions usagés, ne facilitent pas la mise en condition des appareils. Au retour, il manque trois appareils dont le bombardier Blenheim n° T1867. Malgré toutes les recherches, l'avion T1867 de l'équipage du sous-lieutenant Claron observateur, sergent-chef Devin radio-mitrailleur et sergent Le Calvez pilote, reste introuvable. Il ne sera retrouvé que 18 ans plus tard, le 29 mars 1959, par des goumiers patrouillant au nord du Tchad, près de la frontière libyenne.
L'avion n'ayant pas été brisé, tous les occupants décèdent les uns après les autres de soif et d'épuisement dans un calvaire qui durera jusqu'au 3 mars. La position des corps, tels qu'ils ont été retrouvés, prouve que le sous-lieutenant Claron a été enterré par ses deux camarades… et que le radio est mort le dernier.
Ce vestige de radiateur du Blenheim a été rapporté par une mission militaire en 2024.
N° inv. 2024.24.1.1
Don du médecin chef des services Luc Aigle
La photographie du mois par Béatrice Parrain, responsable des collections photographiques
Drem (Écosse), 7 janvier 1942, portrait de Michel Boudier.
Cette photographie est issue d’un reportage réalisé par un journaliste écossais sur le groupe de chasse Ile-de-France. Il présente l’archétype du pilote, équipé, prêt à s’envoler pour combattre l’ennemi sur fond de drapeau à croix de Lorraine alors que ses camarades le survolent… Il s’agit de Michel Boudier dit “Popeye” comme le montre le dessin sur son gilet de sauvetage (Mae West). Il est l’un des 177 Compagnons de la Libération des Forces aériennes françaises libres. Tout son équipement le dissimule complètement. En effet, dans un premier temps, les pilotes français étaient présentés de dos ou derrière des masques et lunettes pour préserver leur anonymat.
Ce visuel figure dans l’exposition temporaire “Combattre sur tous les fronts. Les aviateurs de la France libre. 1940-1945”

