Musée de l'ordre de la Libération

Les collections

L'archive du mois par Roxane Ritter, responsable des archives et du centre de recherche

En octobre 1939, Maurice Halna du Fretay signe un pré-engagement comme élève pilote au sein de l’armée de l’Air. Il est affecté à l’École élémentaire de pilotage n°24 de Dinan puis, en avril 1940, à Aulnat en tant qu’élève radio-navigant.

Scandalisé par la capitulation française, Maurice Halna du Fretay veut partir pour l’Angleterre pour continuer le combat. Après avoir envisagé de voler un avion sur le terrain de la base d’Aulnat, il renonce et rentre chez ses parents à Ranléon en Bretagne, domaine plus proche de l’Angleterre. Pendant son séjour, il accueille deux anciens camarades de l’École élémentaire de pilotage n°24 de Dinan. Avec eux, il entreprend de reconstituer son avion personnel, un Zlin-XII pour traverser la Manche.

L’opération est risquée, les performances de cet appareil étant modestes et son autonomie assez faible. Il faut également parvenir à remonter l’appareil sans se faire prendre par les patrouilles allemandes. L’allée qui longe le manoir familial est choisie comme piste de décollage. Maurice Halna du Fretay en fera le croquis en y indiquant notamment l’emplacement de l’avion camouflé pendant sa phase de remontage et les arbres à abattre marqués d’une croix. Chaque élément embarqué à bord est pesé afin de ne pas alourdir l’avion qui ne dispose que d’une trentaine de litre d’essence pour réaliser la traversée. Pour éviter de se faire abattre par la DCA anglaise, un drapeau à croix de Lorraine est également confectionné et fixé à l’avion. Le 15 novembre 1940, la météo étant favorable, Maurice et son camarade décident de tenter le coup. Grace aux vents favorables, ils parviendront en Angleterre sains et saufs.

Engagé dans les Forces aériennes françaises libres, Maurice Halna du Fretay sera ensuite affecté à la RAF et tué en combat en août 1942 lors du raid allié sur Dieppe.

Son exemplaire évasion dont il fera le récit après son arrivée en Angleterre, fait de lui une personnalité connue à l’époque à tel point qu’Eric Kennington, peintre officiel de la RAF, décidé de faire son portrait ce qui ne fut le cas que de quelques pilotes français seulement.

La photographie du mois par Béatrice Parrain, responsable des collections photographiques

En 1941 Raymond Leroy devient l’aide de camp du général de Larminat. Ils sont tous deux victimes d’un accident de voiture en Égypte, sur la route du Caire à Alexandrie, en juillet 1942. Gravement blessé, le capitaine Leroy, alias Laurelle, souffre d’une fracture de la colonne vertébrale et doit porter un corset. Sur ces photographies, sans doute prises en Égypte, le général de Larminat rend visite à son aide de camp et signe son plâtre. Il s’agit d’un moment d’autant plus informel que l’on peut voir le général de Larminat en tenue civile, ce qui est rare sur les clichés que nous possédons de lui.

Après une longue convalescence aux États-Unis où habite sa femme et ses deux filles, Raymond Leroy prend part aux combats de la 1e DFL en Tunisie. Il est tué par un éclat de grenade le 11 mai 1943, près de Takrouna.

« Je le pris bientôt comme aide de camp. Et pendant 2 ans et demi nous vécûmes côte à côte, partageant la même vie, les mêmes risques, les mêmes soucis aussi. Car LAURELLE était près de moi beaucoup plus qu’un aide de camp. Connaissant parfaitement la langue anglaise et les milieux britanniques, il était mon interprète, mon intermédiaire, mon conseiller auprès de nos Alliés. Et surtout, il était mon confident, mon ami. »

Extrait de l’allocution prononcée par le général de Larminat, le 26 février 1949, à l’occasion du retour en France de la dépouille du capitaine Raymond Leroy.

Monsieur Fletcher Hodges, gendre de ce Compagnon, a contribué à enrichir le fonds photographique de son beau-père grâce à plusieurs dons

L'objet du mois par Lionel Dardenne, assistant de conservation

Cette paire de jumelles d’officier de marine témoigne de l’action de Jean Levasseur dans les Forces navales françaises libres. Engagé dans les FNFL en décembre 1940, il prend le commandement de la corvette Aconit durant l’été 1941. Le 11 mars 1943, lors d’une escorte d’un convoi allié de 60 navires pendant la bataille de l’Atlantique, l’Aconit parvient à couler deux U-Boot allemands, le U-444 coulé à l’abordage, puis le U-432, ramassant vingt rescapés allemands. L’Aconit commandée par Jean Levasseur devient ainsi le premier bâtiment des FNFL à capturer des prisonniers et le seul durant toute la guerre à avoir accompli un tel exploit.

Musée de l’Ordre de la Libération

Don de François Xavier Douin

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