Musée de l'ordre de la Libération

Les collections

L'archive du mois par Roxane Ritter, responsable des archives et du centre de recherche

Émile Laffon, Compagnon de la Libération, est, jusqu’à la libération, dans la clandestinité un des adjoints d’Alexandre Parodi, successeur de Jean Moulin. Il est nommé secrétaire général du ministère de l’Intérieur le 25 août 1944. Dans le cadre de ses fonctions, il soumettra plusieurs notes et projets d’ordonnance sur l’exercice du droit de vote des militaires. Laffon affirmera systématiquement que ce droit est indispensable et qu’il est impossible de priver de vote des hommes qui ont pris part à la Libération de la France. 

Alors que le droit de vote des femmes est inscrit dans l'ordonnance du 21 avril 1944, il faut en effet attendre l’ordonnance du 17 août 1945 pour que les « militaires des trois armées » soient considérés comme des « électeurs dans les mêmes conditions que les autres citoyens » rompant avec une loi de 1872 les excluant du suffrage universel, héritée de l’époque où l'armée était regardée avec suspicion et tenue hors de la vie politique du pays. 

Le 27 juillet 1872, la loi Cissey instaure en effet le service militaire obligatoire par tirage au sort… et prononce, à travers l'article 5, l’interdiction du vote pour les militaires de tous grades en activité : "Les hommes présents au corps ne prennent part à aucun vote".

À une période où la République est encore fragile, les partisans de celle-ci y voient là, entre autres arguments, une volonté de rompre avec un régime antérieur et une manière d'instaurer une neutralité et un loyalisme de l'institution envers la Nation.

Les soldats se voient donc dotés de ce statut particulier et, privés de droits civiques, ne peuvent contester, ils sont "muets". L'armée se voit attribuer le surnom de "Grande Muette". Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans une considération des actes accomplis et un rétablissement égalitaire, que ce droit de vote est rétabli.

Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération
Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération
Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération
Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération
Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération
Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération
Note sur l’exercice du droit de vote des militaires rédigée par Émile Laffon en 1945. Cette note provient des archives d’Émile Laffon, récemment données au musée par sa fille Juliette Laffon (Fonds privé Émile Laffon).
© Musée de l'Ordre de la Libération

La photographie du mois par Béatrice Parrain, responsable des collections photographiques
Nouméa (Nouvelle-Calédonie), 21-25 mai 1946, défilé des volontaires du Bataillon du Pacifique. On reconnaît les Compagnons de la Libération Pierre Pannetier (au premier plan), Jean Tranape et Auguste Bénébig (au deuxième rang).
© Musée de l’Ordre de la Libération / Photo Marcel Médard

Il y a 80 ans, en mai 1946, des « Pacifiens » (soldats originaires de Nouvelle-Calédonie et de Tahiti) du Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (décoré un an auparavant de la croix de la Libération) défilent à Nouméa.

Ces hommes retrouvent leur continent après avoir rejoint la France libre en 1941 au Moyen-Orient sous le commandement de Félix Broche. Ils combattent successivement en Libye et en particulier lors de la bataille de Bir-Hakeim, en Égypte, en Tunisie, en Italie et en métropole. Le 14 mars 1946, ils embarquent à Marseille à bord du Sagittaire pour une traversée de deux mois qui les ramène chez eux. 

L'objet du mois par Lionel Dardenne, assistant de conservation

Distinguished Service Medal avec mention in dispatches de Roget Guillamet

La Distinguished Service Medal (DSM) est une décoration britannique créée en 1914 pour récompenser les actes de vaillance, de courage ou de dévouement accomplis en mer, au cours d'opérations actives contre l'ennemi. Elle a été supprimée en 1993. 7132 DSM ont été remises au titre de la Seconde Guerre mondiale, dont très peu à des combattants français. Roget Guillamet a reçu la Distinguished Service Medal with mention in dispatches (avec palme) le 16 décembre 1943. Il est alors radiotélégraphiste à bord du sous-marin Rubis qui effectue des missions de mouillage de mines.

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