Les collections
Parce qu’un musée d’histoire contemporaine est constitué d’objets qui témoignent que « l’histoire a eu lieu » mais également d’archives et de photographies sans lesquelles la contextualisation est impossible, parce que le musée de l’Ordre détient aussi dans ces domaines des collections d’une grande richesse, il nous a semblé intéressant d’élargir désormais à ces trois domaines la rubrique de « L’objet du mois », en laissant à ceux qui en ont la charge directe le soin de les choisir et de les commenter.
Dans le but de valoriser ses collections et d’accroitre son rayonnement, le musée de l’Ordre de la Libération met progressivement en ligne ses collections sur le portail des collections.
L'archive du mois par Roxane Ritter, responsable des archives et du centre de recherche
Depuis la création de l’Ordre de la Libération, la chancellerie possède un dossier individuel pour chaque Compagnon. Ces dossiers sont d’abord alimentés par des pièces relatives à l’attribution de la croix de la Libération : courriers, mémoire de proposition, ampliation du décret, reçu du diplôme…
À ces éléments, se sont ajoutés progressivement des documents versés par les Compagnons eux-mêmes ou par leur famille, ainsi que des copies de documents conservés par d’autres centres d’archives tels que le Service historique de la Défense, les Archives nationales ou encore les archives départementales.
Une organisation en sous-thèmes s’est ensuite développée au fil du temps :
- Attribution de la croix de la Libération ;
- Renseignements : l’Ordre de la Libération fait remplir en 1948, puis en 1963, par les Compagnons ou le représentant du Compagnon disparu, des fiches synthétiques de renseignements d’état-civil comprenant d’autres éléments comme les décorations ;
- Correspondances échangées avec la chancellerie ;
- Pièces d’état civil et pièces d’identité.
- Interviews et témoignages ;
- Extraits de travaux de recherche et de publications ;
- Notes biographiques ;
- Décès ;
- Sépulture : pièces relatives à l’identification, la localisation et à l’entretien de la sépulture ;
- Hommages et commémorations : pièces relatives aux cérémonies, monuments et autres projets réalisés en hommage au Compagnon
- Presse.
Encore alimentés aujourd’hui, ces dossiers représentent l’une des sources de l’Ordre les plus exploitée par les chercheurs.
L'objet du mois par Lionel Dardenne, assistant de conservation
Fanion de commandement du colonel Leclerc à Koufra
Il y a 85 ans, entre le 31 janvier et le 2 mars 1941, s’est tenue la bataille de Koufra (Libye) qui a opposé les Français libres de Leclerc aux troupes italiennes jusqu’à la reddition de ces dernières. Cette victoire française est la première depuis l’armistice de juin 1940 et marque le début de l’épopée de la future 2e division blindée. A l’occasion de ce succès, le colonel Leclerc fait prêter à ses hommes le « serment de Koufra » : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Le serment est tenu le 23 novembre 1944 lorsque la 2e DB libère dans la capitale alsacienne.
Ce fanion tout à fait exceptionnel, réalisé de façon artisanale, porte les traces du feu ennemi reçu lors de la bataille.
La photographie du mois par Béatrice Parrain, responsable des collections photographiques
Québec, mars 1941, de gauche à droite : Élisabeth de Miribel, Alain Savary, Georges Thierry d’Argenlieu, André Simard, Yahne Bastenti (fille de Marthe) et Marthe Simard
Au printemps 1941, Georges Thierry d’Argenlieu est chargé d’une mission diplomatique au Canada pour le compte de la France libre. Il réalise ce voyage à l’instigation d’Élisabeth de Miribel que le général de Gaulle a envoyée au Canada en juillet 1940. Elle découvre alors une société française de près de 20 000 personnes qui soutiennent le maréchal Pétain. Pourtant, des comités en faveur du général de Gaulle se forment dans ce pays. Marthe Simard fonde au Québec le premier comité de la France libre afin de reconquérir l’opinion publique. Elle est la première femme française à siéger à une assemblée parlementaire ayant été nommée le 17 septembre 1943 à l’Assemblée consultative provisoire d’Alger.

