Musée de l'ordre de la Libération

LES FEMMES ET LES HOMMES COMPAGNON DE LA LIBÉRATION

Seules 1 038 personnes, cinq communes françaises et dix-huit unités combattantes ont été nommées Compagnon de la Libération. Vous trouverez dans cette partie leur notice biographique et historique établie d’après les archives de l’Ordre de la Libération

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Paris

Historique

Le 10 juin 1940, le gouvernement de Paul Reynaud quitte Paris pour Tours puis Bordeaux. Le 12, la capitale est déclarée "ville ouverte" et, le 14, les troupes allemandes, dans un silence de mort, défilent en vainqueur sur les Champs-Élysées.

L'appareil d'occupation allemand se met très vite en place et la croix gammée flotte désormais sur tous les bâtiments publics, largement occupés par les troupes et l'administration de l'occupant.

Comme ailleurs, c'est d'abord par des réactions intellectuelles que se manifeste, à Paris, la volonté de résister. Dès le mois d'août paraissent les Conseils à l'occupé de Jean Texcier, premier texte clandestin écrit en réaction à l'occupation et diffusé à partir d'une librairie parisienne. En octobre 1940 paraît le premier numéro d'une feuille clandestine d'information, Pantagruel, rédigée par un imprimeur et éditeur parisien, Raymond Deiss. A la mi-novembre 1940, Christian Pineau entouré de neuf syndicalistes de la CGT et trois de la CFTC publie un manifeste qui rejette les distinctions fondées sur la race, la naissance la religion, les opinions ou l'argent avant, quelques semaines plus tard, de faire paraître le premier numéro du journal Libération dont il assure, par ses propres moyens, la parution hebdomadaire régulière.

La première expression collective de résistance au grand jour est la manifestation lycéenne et étudiante du 11 novembre 1940, place de l'Etoile. Les Allemands tirent sur la foule et une centaine de manifestants sont arrêtés. Bientôt, les premiers avis d'exécution sont affichés sur les murs de la capitale, comme celui de Jacques Bonsergent, fusillé le 28 décembre 1940.

Quelques jours auparavant étaient sortis le premier numéro de Résistance - édité clandestinement par le groupe du Musée de l'Homme avec à sa tête Boris Vildé et Anatole Lewitsky - et les premiers numéros de Valmy. A la même époque naît, sous la direction de Jacques Arthuys, le mouvement OCM (Organisation civile et militaire) et, à l'initiative de Maurice Ripoche, le mouvement Ceux de la Libération (CDLL) qui recrute dans le milieu de l'armée de l'air et commence par faire du renseignement.

Mais, dès le début de l'année 1941, le groupe du Musée de l'Homme est démantelé. La répression s'intensifie, tout comme la détermination de la résistance parisienne. Le 14 juillet, une manifestation patriotique, place de la République, entraîne l'arrestation de 1 500 personnes. Le 21 août, Pierre George, alias Fabien, abat l'aspirant Möser au métro Barbès. Une semaine plus tard, les Allemands fusillent 18 résistants au Mont Valérien, à Suresnes, parmi lesquels le lieutenant de vaisseau d'Estienne d'Orves et ses compagnons Emile Barlier et Jan Doornik.

 

« Capitale fidèle à elle-même et à la France, a manifesté, sous l'occupation et l'oppression ennemies, et en dépit des voix d'abandon et de trahison, sa résolution inébranlable de combattre et de vaincre. Par son courage en présence de l'envahisseur et par l'énergie indomptable avec laquelle elle supporta les plus cruelles épreuves, a mérité de rester l'exemple pour la Nation tout entière. Le 19 août, conjuguant ses efforts avec ceux des armées alliées et françaises, s'est dressée pour chasser l'ennemi par une série de glorieux combats commencés au coeur de la Cité et rapidement étendus en tous les points de la ville. Malgré de lourdes pertes subies par les Forces Françaises de l'Intérieur levées dans son sein, s'est libérée par son propre effort puis, unie à l'avant-garde de l'Armée française venue à son secours, a, le 25 août, réduit l'Allemand dans ses derniers retranchements et l'a fait capituler. » (Paris, Compagnon de la Libération par décret du 24 mars 1945)

Les Allemands rue de Rivoli.
©Musée de l’ordre de la Libération

En décembre 1941, le couvre-feu dans la capitale est fixé à six heures du soir, les prisons se remplissent d'otages et de patriotes ; le 15, Gabriel Péri est fusillé.

En 1942, les conditions de vie des Parisiens se détériorent. En mars, les bombardements de la Royal Air Force sur les usines Renault de Boulogne-Billancourt font 350 tués et 500 blessés. Le 27 mars, le premier convoi de déportés juifs raflés à Paris et en région parisienne part de Compiègne pour Auschwitz.

Les attentats, suivis d'exécutions d'otages, se multiplient. Les « 5 du Lycée Buffon », membres du mouvement des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) et responsables de deux attentats contre des officiers allemands, sont arrêtés par la police française en juin 1942. Livrés à l'occupant, ils sont condamnés à mort et exécutés un an plus tard.

Les 16 et 17 juillet 1942, la persécution antisémite atteint son comble avec la rafle du Vel' d'Hiv' - exécutée par la police française : près de 13 000 Juifs étrangers - dont plus de 4 000 enfants - sont arrêtés chez eux, parqués au Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés vers les camps d'extermination de Pologne.

Durant l'année 1943, l'organisation de la résistance parisienne progresse grâce, notamment, aux missions d'envoyés de la France Libre - comme Pierre Brossolette et le colonel Passy - venus de Londres pour établir des contacts plus rapprochés entre résistance intérieure et extérieure.

C'est également à Paris, rue du Four, que, le 27 mai 1943, le Conseil National de la Résistance (CNR) se réunit pour la première fois, sous la présidence de Jean Moulin. Formé des représentants des plus importants mouvements de résistance des deux zones et de représentants politiques et syndicaux, le Conseil démontre les progrès d'union et de cohésion de plus en plus réels de la Résistance française.

Alors que les bombardements alliés se poursuivent tout au long de l'année 1943, la population entrevoit peu à peu sa libération. Les actions violentes contre l'occupant se succèdent : en avril, un groupe attaque à la grenade un peloton ennemi ; en mai, à l'Odéon, un hôtel occupé par des Allemands est attaqué ; en juin, un colonel de la Wehrmacht est abattu boulevard des Italiens ; en juillet, un groupe de S.S. est grenadé sur les Champs-Elysées ; en septembre, le S.S. Julius Ritter, chargé d'expédier en Allemagne 500 000 Français au titre du Service du Travail obligatoire (STO), est exécuté au coin de la rue Pétrarque.

Le début de l'année 1944 est marqué par une intensification des bombardements sur la capitale. La répression se poursuit et, en février, les FTP-MOI du « Groupe Manouchian » sont exécutés. Le 22 mars, Pierre Brossolette se suicide au siège de la Gestapo avenue Foch.

Mais bientôt les Forces Françaises de l'Intérieur d'Ile-de-France, qui réunissent les forces armées des différents mouvements, sont créées et confiées au commandement du colonel Rol-Tanguy.

L'été venu, les conditions de vie s'aggravent : disette, mortalité infantile, coupures quasi générales de gaz et d'électricité et chômage en forte augmentation sont le lot des Parisiens.

L'avance des Alliés en Normandie donne bientôt le signal de l'insurrection et, le 10 août, des grèves éclatent dans les administrations parisiennes (d'abord les cheminots, puis la Gendarmerie le 13 et la Police le 15). Le 18 août au matin commencent la grève générale et les premières occupations d'usines alors que les premiers prisonniers de la prison de la Santé sont libérés. Le même jour, le colonel Rol-Tanguy, chef des FFI d'Ile-de-France, en accord avec le Comité parisien de la Libération (CPL), fait afficher l'ordre de mobilisation générale des Parisiens. Dès le lendemain, les barricades commencent à fleurir dans tous les arrondissements.

Le même jour, la Préfecture de Police est prise et les escarmouches entre forces françaises et allemandes se multiplient en banlieue et dans plusieurs arrondissements, qui sont conquis par les insurgés. Les services de police allemands plient bagage les uns après les autres, sans oublier d'exécuter, à la hâte, une dernière fois, prisonniers et résistants. Sans oublier non plus d'affréter quelques derniers trains de déportés vers les camps.

Le 20 août, l'Etat-major FFI est installé dans son poste de commandement souterrain de la place Denfert-Rochereau, sous le Lion de Belfort. De leur côté, la plupart des secrétaires généraux désignés par Alexandre Parodi, délégué général du Gouvernement provisoire de la République française, prennent possession de leurs ministères.

Au même moment, le général Leclerc est près d'Argentan, alors que le général de Gaulle, rentré du Canada l'avant-veille, rencontre au Mans le général Eisenhower et le convainc de laisser la 2e Division blindée marcher sur Paris.

Le 21 août, les journaux, hier clandestins, sont mis en vente au grand jour, pendant que les Allemands renforcent leurs positions, tenant fermement les Tuileries, Rivoli, les quais, l'Ecole Militaire, la caserne du Prince Eugène à la République et le Luxembourg. En revanche, le coeur de Paris, la Cité et l'Hôtel de Ville sont aux mains des forces françaises. Le lendemain, 22 août, le général Bradley donne à Leclerc l'ordre de diriger sa Division sur la capitale, où plane la menace terrible de l'anéantissement de la ville qu'a ordonné Hitler au commandant militaire allemand, le général von Choltitz. Celui-ci, convaincu par le Consul de Suède Raoul Nordling d'épargner Paris, négocie avec lui une courte trêve refusée par les combattants de la Résistance.

Dans la capitale, chacun sait maintenant que la 2e DB et les Alliés sont aux portes de la ville. « Tenez bon. Nous arrivons », est le message que Leclerc adresse aux FFI qui tiennent la Préfecture de Police le 24 août. Vers 19 heures, Leclerc est à la Croix-de-Berny et désigne la compagnie de chars du capitaine Dronne pour partir en avant-garde vers Paris. Il est exactement 21 heures 22 au cadran de la grande horloge quand la colonne s'arrête place de l'Hôtel de Ville, où se trouvent réunis les Etats-majors du Conseil national de la Résistance et du Comité parisien de Libération. Dronne est accueilli par Georges Bidault, Joseph Laniel, Georges Marrane, Daniel Meyer et bien d'autres encore. Minute infiniment émouvante que cette rencontre des combattants de la France Libre et des résistants parisiens. Les cloches des églises peuvent alors sonner à toute volée pour annoncer l'entrée des alliés dans la ville.

Le lendemain, le général Leclerc, accompagné du Délégué militaire national, Jacques Chaban-Delmas, fait son entrée dans la capitale où bientôt un détachement de la 2e DB prend d'assaut l'Hôtel Meurice, siège du commandement militaire allemand. Von Choltitz se rend et, conduit à la Préfecture de Police, signe, avec Leclerc et Rol-Tanguy, la convention de reddition des troupes allemandes. Dans l'après-midi, de Gaulle, accompagné d'un modeste cortège, entre à son tour dans Paris, au milieu d'une foule déchaînée d'enthousiasme, et se rend au P.C. de Leclerc à Montparnasse où il prend connaissance de l'acte de capitulation.

 

La descente des Champs-Elysées le 26 août 1944.
©Musée de l’ordre de la Libération

En cette soirée du 25 août, après avoir retrouvé les bureaux du Ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique, choisis comme siège de la Présidence du Gouvernement, et avoir inspecté la police parisienne, le général de Gaulle se rend, sous des acclamations indescriptibles, à l'Hôtel de Ville, où l'attendent le Comité parisien de la Libération et le Conseil national de la Résistance. Là, il rend hommage, dans une allocution empreinte d'une grande émotion, à la capitale de la France :

« Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré, libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. »

Alors qu'au même moment les derniers points tenus par l'ennemi tombent, la bataille de Paris est terminée. Les forces parisiennes déplorent plus de 1 500 tués (dont 582 civils) et 3 500 blessés mais 3 200 Allemands ont été tués et 12 800 se sont rendus aux forces françaises de l'intérieur et aux soldats de la 2e DB. Le monde libre peut célébrer cette libération, annonciatrice de l'écroulement, désormais inéluctable, de l'Allemagne nazie.

Le lendemain, 26 août, le chef du Gouvernement provisoire, entouré des membres du CNR, du CPL, des généraux Juin, Koenig, Valin et Leclerc, de l'amiral Thierry d'Argenlieu, de Jacques Chaban-Delmas et des préfets Flouret et Luizet, descend les Champs-Élysées dans une incroyable ferveur populaire.

Place de la concorde, le Général monte dans une voiture jusqu'à l'Hôtel de Ville, puis parvient sur le parvis de Notre-Dame, où éclate une fusillade, créant une panique générale sur la place. A l'entrée dans la cathédrale, de nouveaux coups de feu éclatent, cette fois-ci à l'intérieur, qui font se coucher l'assistance, pendant que le général de Gaulle prend tranquillement place dans la croix du transept, avant que s'élève le Magnificat. Abrégeant la cérémonie, celui-ci regagne ensuite le siège de la Présidence du Gouvernement, rue Saint-Dominique.

 

Remise de la croix de la Libération à la ville de Paris le 2 avril 1945.
©Musée de l’ordre de la Libération

Le 24 mars 1945, Paris est fait Compagnon de la Libération.

« A la Libération de Paris, en vérité, rien n'a manqué de ce qu'il fallait qu'elle fut pour être digne de la France » déclare le général de Gaulle, le 2 avril 1945, en remettant à la ville de Paris la Croix de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945

Croix de Guerre 14-18 avec palme

 

Paris
Paris, dont la citation porte : "Capitale fidèle à elle-même et à la France", reçoit la croix de la Libération le 24 mars 1945.
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Vassieux en Vercors

© Musée de l'Ordre de la Libération

Véritable forteresse naturelle, le Vercors, qui culmine à 2 341 mètres, est un massif calcaire des Préalpes, à cheval sur les départements de l'Isère et de la Drôme. Situé en zone non occupée, il sert de refuge dès 1940 à de nombreux Français et étrangers pourchassés ou exilés.

Au début de l'année 1941, l'architecte Pierre Dalloz et son ami l'écrivain Jean Prévost, alors qu'ils se trouvent aux Côtes de Sassenage, au pied du massif, imaginent de transformer le Vercors en « Cheval de Troie pour commandos aéroportés ». Ce plan stratégique consiste à utiliser le massif comme base d'accueil d'éléments aéroportés alliés qui, agissant sur Grenoble et Valence, couperaient la retraite allemande au moment de la libération du territoire.

C'est en décembre 1942, après l'invasion de la zone sud, que Dalloz couche sur le papier l'idée qu'il avait eue en mars 41 avec Jean Prévost. Quelques jours plus tard, il propose son plan à Yves Farge, journaliste au Progrès de Lyon et interlocuteur de Jean Moulin. Ce dernier, ainsi que le chef de l'Armée secrète, le général Delestraint, l'accepte. Ce plan, entériné par les services français de Londres, est baptisé plan « Montagnards » et Jean Moulin charge Yves Farge de mettre au point un plan d'organisation militaire du Vercors. Le 27 février, un message codé (« Les Montagnards doivent continuer à gravir les cimes ») diffusé par la BBC, donne le feu vert.

Parallèlement, au cours de l'hiver 1942-1943, les premiers résistants, issus du mouvement Franc-Tireur, s'installent dans le massif du Vercors et le premier maquis voit le jour à la ferme d'Ambel. L'instauration du Service du travail obligatoire (STO) par le gouvernement Laval en février 1943 conduit naturellement une partie des jeunes gens qui refusent d'aller travailler en Allemagne - les réfractaires - à se cacher de la police dans des zones inaccessibles : les maquis. Comme d'autres, le maquis du Vercors se développe ainsi, grâce à cette législation inacceptable pour de nombreux jeunes qui se voient peu à peu pris en charge et encadrés par la résistance locale, essentiellement des responsables de Franc-Tireur, des officiers de bataillons de chasseurs alpins de l'armée d'armistice dissoute et d'anciens élèves de l'Ecole des cadres d'Uriage.

Début 1943, Vassieux-en-Vercors est choisi comme futur terrain d'atterrissage du plan « Montagnards ». En mai 1943, après l'arrestation d'Aimé Pupin, premier chef civil du Vercors, Eugène Chavant est choisi par ses camarades pour le remplacer alors que le commandant Alain Le Ray devient le chef militaire du Vercors. En novembre 1943, le Vercors accueille son premier grand parachutage d'armes et de matériel.

Les premières attaques allemandes contre le Vercors ont lieu le 22 janvier 1944 aux Grands Goulets, puis, le 29, à Malleval (Isère). Bientôt connu comme l'un des principaux centres de résistance du maquis, le village de Vassieux, situé sur le plateau du Vercors, à 1 000 mètres d'altitude, est l'objet, du 16 au 24 avril 1944, d'une opération de répression menée par la Milice française sous le commandement de Raoul Dagostini. Plusieurs fermes sont pillées et incendiées, des habitants torturés et déportés et trois d'entre eux fusillés.

De son côté, Yves Farge, nommé commissaire de la République pour la région Rhône-Alpes, aidé par le délégué militaire régional Paul Leistenschneider (alias Carré) donne tout son appui au Vercors qui est devenu un symbole de la Résistance française. Dans le cadre de la mobilisation générale des maquis à l'annonce du débarquement de Normandie le 6 juin 1944, le Vercors applique le plan « Montagnards » et voit converger vers lui des centaines de volontaires, impatients d'agir. Ils sont placés sous le commandement du lieutenant-colonel Huet, nouveau chef militaire du Vercors.

Les 13 et 15 juin, les Allemands occupent Saint-Nizier du Moucherotte, accès le plus aisé vers le massif du Vercors, avant de se replier sur Grenoble. De leur côté, les maquisards attendent l'exécution de la suite du plan « Montagnards » et demandent l'envoi de troupes aéroportées. Le 25 juin, les Alliés procèdent à un parachutage massif d'armes sur le plateau. A plusieurs reprises, la population de Vassieux apporte son aide aux opérations de récupération du matériel, de jour comme de nuit.

Alors que le 3 juillet, la République Libre du Vercors est proclamée officiellement, la mission « Paquebot », chargée de préparer un terrain d'atterrissage à Vassieux, est envoyée sur place par les autorités d'Alger. Mais à la suite de mésententes et d'erreurs aux conséquences dramatiques, le plan « Montagnards » ne sera jamais appliqué ; il va même tragiquement s'inverser, les maquisards, assaillants potentiels, devenant des assiégés pris au piège.

Le 14 juillet, après le lancer de plus d'un millier de containers par les Alliés, l'aviation allemande bombarde en représailles le village de Vassieux dont la moitié est détruite et le reste en flammes. 25 Vassivains sont tués et les bombardements systématiques se poursuivent jusqu'au 21 juillet pendant que des divisions de montagne allemandes bloquent tous les accès au plateau.

Le 21 juillet 1944, les troupes ennemies passent à l'offensive et se dirigent vers le plateau. Simultanément, 210 parachutistes d'élite, à bord de 21 planeurs, atterrissent par surprise à Vassieux et près de ses hameaux. Le village est investi et, pendant trois jours, les combats font rage.

Le 23 juillet, un deuxième train de planeurs amène en renfort 200 hommes, Avec un raffinement de cruauté, les Allemands torturent les habitants qui n'ont pu s'enfuir et les FFI qu'ils arrêtent. 73 habitants et 120 combattants FFI sont ainsi massacrés à l'intérieur ou aux alentours de Vassieux dont il ne reste que des décombres. Pendant trois semaines encore, les derniers survivants sont traqués impitoyablement par les Allemands qui occupent les ruines du village, détruit à 97%. Au total, les combats du Vercors, auront fait 840 victimes françaises et environ 150 tués parmi les troupes allemandes.

Le 5 août 1945, lors de la première commémoration des combats du Vercors, devant la foule des résistants et de la population survivante, Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance (CNR), accompagné du général Doyen et d'Yves Farge, remet la croix de la Libération à la commune de Vassieux-en-Vercors.

Par ailleurs, un combattant du Vercors, le sergent FFI Raymond Anne, tué à Vassieux le 21 juillet 1944, a été inhumé dans la crypte du mémorial de la France combattante au Mont Valérien à Suresnes avec 15 autres hommes et femmes morts pour la France au cours de la Seconde Guerre mondiale.

« Village du Vercors qui, grâce au patriotisme de ses habitants, s'est totalement sacrifié pour la cause de la résistance française en 1944. Principal centre de parachutage pour l'aviation alliée sur le plateau, a toujours aidé de tous ses moyens les militaires du Maquis dans les opérations de ramassage d'armes. Très violemment bombardé le 14 juillet, attaqué par 24 planeurs allemands les 21 et 22 juillet, a eu 72 de ses habitants massacrés et la totalité de ses maisons brûlées par un ennemi sans pitié. Martyr de sa foi en la résurrection de la Patrie. » (Vassieux-en-Vercors, Compagnon de la Libération par décret du 4 août 1945)

Parachutage sur le Vercors
©Musée de l’ordre de la Libération
Vassieux en Vercors
Le village de Vassieux-en-Vercors reçoit la croix de la Libération le 4 août 1945. 72 de ses habitants ont été massacrés et la totalité de ses maisons brûlées, par un ennemi sans pitié.
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Soirée culturelle

Soumis par communication@… le mar 23/04/2019 - 15:22
-
Conférence
catégorie organisateur
Musée de l'Ordre de la Libération
mois
mai

Une soirée conférence et dédicace en présence des trois historiens, spécialistes de la Résistance : Sébastien Albertelli, Julien Blanc et Laurent Douzou.

Conférence et dédicace
French

La Nuit européenne des musées 2019

Soumis par communication@… le mer 24/04/2019 - 15:15
-
Pour petits et grands
Musée de l'Ordre de la Libération
mois
mai

Le musée de l’Ordre de la Libération participe à la nuit des musées.

Au programme, le dispositif « La Classe l’œuvre », où des collégiens raconteront aux visiteurs l’histoire de Compagnons illustres comme Laure Diebold, Charles Delestraint ou Berty Albrecht. A 21h30, ne ratez pas la visite théâtralisée « Les Compagnons » qui fait revivre le destin de quatre Compagnons de la Libération.

 

Pour s'inscrire à la visite théâtralisée

La Nuit européenne des musées
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Vidéo Youtube

Nous vous proposons, chaque mois jusqu’au mois de septembre, de suivre une série d’entretiens filmés avec l’historien Jean-Christophe Notin.

Il y a 20 ans, Jean-Christophe Notin écrivait son premier livre, 1061 Compagnons de la Libération, après avoir recueilli le témoignage de 130 Compagnons de la Libération. De ces exceptionnels échanges de l’époque, il a décidé de faire un nouveau livre qui paraîtra en septembre. Il a également choisi de remettre à l’Ordre de la Libération l’intégralité de ces archives une fois le livre terminé…

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🎥 Entretien avec Jean-Christophe Notin | ÉPISODE 1 🎥

Air force

L’escadrille française de chasse n°1 en Libye avec les compagnons de la Libération James Denis et Albert Littolff
L’escadrille française de chasse n°1 en Libye avec les compagnons de la Libération James Denis et Albert Littolff, Jean Pompéi et André Ballatore

Fin 1940, par un accord entre le général de Gaulle et le ministère de l'air britannique, il est décidé que des pilotes de chasse français libres stationnés en AEF seront dirigés sur l'Egypte pour constituer une escadrille française. Six pilotes parmi les premiers volontaires de la France libre (James DenisLouis FerrantAlbert Littolff, Robert Guédon, Noël Castelain et Xavier de Scitivaux) ainsi désignés se présentent fin février 1941 au Caire avant d'être dirigés vers Ismaïlia où ils reprennent leur entraînement interrompu depuis plusieurs mois.

Le 15 mars 1941, sous le commandement du lieutenant James Denis, ils sont immédiatement affectés en Grèce, au 33 Squadron de la Royal Air Force. Equipés de Hurricane, ils sont chargés de la défense d'Athènes mais, pour des raisons diplomatiques (les officiels français sur place sont accrédités par le gouvernement de Vichy), les pilotes sont rapidement renvoyés en Afrique. Début avril les pilotes repartent pour Alexandrie puis pour Tobrouk où est créée, le 9 avril, l'Escadrille française de chasse n° 1 (EFC1).

Au sein du 73 Squadron dont elle forme le Flight C, l'EFC 1 est engagée dès le 10 avril dans la défense de Tobrouk assiégée contre les Italiens et les Allemands. Jusqu'au 14, ses missions consistent uniquement à attaquer les troupes motorisées italo-allemandes avant de livrer ses premiers combats aériens.

Du 14 au 25 avril, ces Français libres affrontent, au mieux à un contre dix, l'aviation ennemie. Ils remplissent 81 missions et obtiennent 10 victoires aériennes officielles et 2 probables en subissant un minimum de perte (le sergent-chef Guédon est porté disparu et le sergent-chef Castelain a été blessé). L'escadrille a reçu entretemps en renfort l'adjudant-chef Ballatore. Repliée ensuite à Sidi-Hanish, l'escadrille, rejointe par le sous-lieutenant Pompéi puis par l'adjudant Guillou, se consacre surtout aux attaques au sol et à la protection des convois en mer. Le 31 mai l'adjudant Guillou est abattu en combat aérien au-dessus de la Crète.

Le 21 juin 1941, l'Escadrille française de chasse n° 1 reçoit la croix de la Libération, devenant ainsi la première unité militaire titulaire de cette prestigieuse décoration. Les missions de surveillance se succèdent ensuite en dépit du manque croissant d'appareils en état de voler ce qui contraint les pilotes et les mécaniciens de l'escadrille à une très involontaire inaction.

La fin de la campagne de Syrie et l'arrivée au Moyen-Orient du colonel Martial Valin permettent d'envisager la création d'unités de chasse plus conséquentes. Fin août 1941, l'EFC 1 part pour le Liban où elle est bientôt dissoute pour laisser place, début septembre, au Groupe de chasse n°1 Alsace qui se constitue dans la plaine de la Bekaa. Une autre histoire commence... L'EFC 1 a remporté 17 victoires aériennes en 165 missions et détruit de nombreux véhicules au sol. Neuf de ses pilotes ont été faits compagnon de la Libération à titre individuel.

Le 18 octobre 2019, la ministre des Armées, madame Florence Parly, a remis solennellement à la première année de l’Ecole de l ‘Air le fanion de l’escadrille française de chasse n°1. L'EFC1 est désormais réactivée au sein des armées. Les élèves officiers de première année portent ainsi pendant un an la fourragère de l’Ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 21 juin 1941
Polotniane Zavod, premier terrain de guerre du "Normandie"
Polotniane Zavod, premier terrain de guerre du "Normandie"

Dès l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, le général de Gaulle envisage d'envoyer des soldats français combattre sur le front de l'est. Quinze mois plus tard, en septembre 1942, une troisième unité de chasse des Forces aériennes françaises libres (après la formation un an plus tôt des groupes Alsace et Ile-de-France) voit le jour : le Groupe de chasse n° 3 Normandie. Constitué à Damas, sous les ordres du commandant Pouliquen et du commandant Tulasne, le groupe est rapidement informé qu'il a été choisi pour marquer la présence de la France auprès des Soviétiques et aller combattre sur le Front de l'Est.

En novembre 1942, les premiers pilotes et mécaniciens partent du Liban pour l'Union soviétique qu'ils atteignent après un périple de plus de quinze jours. La première base se trouve à Ivanovo, à 250 kilomètres au nord-est de Moscou. Là, les Français vont percevoir des avions russes et s'entraîner sur Yak 7 biplace et Yak 1 monoplace. Le choix, laissé à l'appréciation du commandement français, se porte sur le Yak 1.

Les conditions climatiques, très rudes, sont difficilement supportables, les températures variant entre -25° et -30°. L'entraînement des 58 Français, pilotes et mécaniciens se prolonge jusqu'au mois de mars 1943. Le 22 mars 1943, l'unité s'envole avec ses 14 Yak pour s'installer à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Moscou, sur la base de Polotniane Zavod. Le dégel rend les décollages et les atterrissages très périlleux, d'autant plus que les pistes ne sont, le plus souvent, que de simples champs ; il faut trois hommes sous chaque aile pour rouler les avions sur la piste. Le terrain de Polotniane Zavod est distant de 50 km du front.

L'aviation opère très près des premières lignes, pour une plus grande efficacité, en l'absence de tout moyen de contrôle radioélectrique. Les premiers succès des pilotes français chargés d'escorter les bombardiers russes ne tardent pas. Le 5 avril Préciozi et Durand abattent chacun un Focke Wulfe 190. Le 13 avril trois nouvelles victoires s'ajoutent au tableau de chasse de l'unité. Les missions se succèdent avec plusieurs nouvelles victoires mais également plusieurs pertes parmi les pilotes du Normandie.
 
Courant juillet 1943, l'escadrille entre vraiment dans le feu de l'action, avec la terrible bataille de Koursk. Les missions se suivent sans interruption. Du 13 au 17, le Normandie exécute 112 sorties et abat 17 appareils allemands. Ces victoires sont chèrement acquises au prix de la perte de six pilotes dont le commandant Tulasne, porté disparu le 17 juillet près d'Orel.

Le commandant Pouyade, qui a rejoint l'unité le mois précédent, en prend le commandement. Début août les mécaniciens français sont remplacés par des mécaniciens russes alors que des Yak 9 viennent remplacer les Yak 1 des pilotes. Le front bouge vers l'ouest. Le 22 août, c'est la bataille pour Smolensk. Surprenant trois pelotons de Stukasescortés d'une douzaine de Focke-Wulf 190, le groupe de chasse abat cinq avions en quelques secondes, sans enregistrer la moindre perte.

Le 1er septembre 1943, le Groupe totalise 42 victoires homologuées. Le 22 septembre, en dix-sept sorties, les pilotes français abattent neuf appareils ennemis, Joseph Risso réussissant un magnifique doublé. Au moment de prendre ses quartiers d'hiver à Toula, au sud de Moscou, en novembre 1943, le Normandie enregistre déjà 72 victoires. Au repos, il reçoit des renforts qui sont encadrés principalement par Marcel Albert et Marcel Lefèvre. Le 7 février 1944, le groupe devient, appellation inédite en France, le Régiment Normandie. Il est formé de trois escadrilles (Rouen, Le Havre et Cherbourg) commandées respectivement par les lieutenants Albert, Mourier et Lefèvre.

Après une accalmie, début 1944, l'offensive reprend en juin. En moins de trois semaines, les troupes soviétiques s'enfoncent de plus de 200 kilomètres vers l'ouest. Et c'est le passage du fleuve Niemen. Les combats sont terribles. Le comportement exemplaire du Régiment lui vaut de recevoir, le 21 juillet 1944, du maréchal Staline le nom de Niemen.

Dès lors, le Régiment prend le nom de Normandie-Niemen. Puis, ce sont les combats en Prusse orientale, avant les quartiers d'hiver. Le 12 décembre 1944, le commandant Delfino prend le commandement du Normandie quelques jours après que le général de Gaulle, en déplacement à Moscou, a remis la croix de la Libération au Régiment. Les combats reprennent pour une troisième campagne en Prusse orientale et en Pologne, et c'est enfin la capitulation allemande le 9 mai 1945. Début juin 1945, en récompense du comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le maréchal Staline fait don aux survivants de leurs avions Yak 3 qui se posent le 20 juin au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir en héros.

Le Normandie-Niemen, grâce au sacrifice de presque la moitié de ses pilotes, 42 tués sur 97, devient la première formation de chasse française avec ses 273 victoires homologuées et 37 probables (auxquelles s'ajoutent bon nombre de véhicules détruits) obtenues au cours de 5 240 missions et 869 combats. Il a compté dans ses rangs 21 compagnons de la Libération. 

  • Chevalier de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 11 octobre 1943
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 1939-45 (6 citations)
  • Ordre d'Alexandre Nevski (URSS, Oukaze du 5 juin 1945)
  • Ordre du Drapeau Rouge (URSS, Oukaze du 19 février 1945 )
14 juillet 1943, Londres. Défilé du 1er Bataillon d'infanterie de l'Air. De gauche à droite : Taylor, Olivier, Vaculik, Cerillo
14 juillet 1943, Londres. Défilé du 1er Bataillon d'infanterie de l'Air. De gauche à droite : Taylor, Olivier, Vaculik, Cerillo

LA 1ÈRE COMPAGNIE D'INFANTERIE DE L'AIR

Sous l'impulsion du capitaine Georges Bergé la 1ère Compagnie d'Infanterie de l'Air est créée en Angleterre le 29 septembre 1940. Le 25 décembre 1940, après un très solide entraînement, la 1ère section (deux officiers, quatre sous officiers, dix-neuf militaires du rang) est brevetée à Ringway, avec la 1ère Compagnie de parachutistes britanniques. Le 21 février 1941, une deuxième section est brevetée.

Alors qu'une dizaine de parachutistes français rejoignent un stage de sabotage, la première mission de guerre des paras français est exécutée par le capitaine Bergé et quatre hommes en Bretagne. C'est l'opération Savannah (15 mars 1941) qui a un énorme retentissement, étant la première mission en France occupée. Le 10 avril 1941 la Compagnie passe aux ordres de l'Armée de terre et prend l'appellation de 1ère Compagnie parachutiste. Le mois suivant, la mission Joséphine B, avec quatre parachutistes,aboutit à la destruction de la centrale électrique de Pessac, en Gironde.

En mai 1941 l'effectif de la 1ère CIA est de neuf officiers, dix-neuf sous-officiers et 70 hommes de troupe. Elle se divise en deux parties : une section affectée, pour l'action clandestine, au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), c'est-à-dire aux services secrets de la France libre, et deux sections d'infanterie qui, sous l'appellation de 1èreCompagnie parachutiste, embarquent pour le Moyen Orient le 21 juillet 1941.

En septembre 1941 la 1ère Compagnie parachutiste devient le Peloton parachutiste du Levant puis, repassant à l'Armée de l'Air, la 1ère Compagnie de chasseurs parachutistes des Forces aériennes françaises libres. 
 

 

LE FRENCH SQUADRON

Après un stationnement à Beyrouth et Damas, l'unité s'installe, le 2 janvier 1942, à Kabret, sur les rives du canal de Suez. Elle est intégrée à la Special Air Service Brigade (SAS brigade)britannique commandée par le Major Stirling. Les SAS français deviennent le French Squadron et ils se distinguent par des actions violentes, sur les arrières ennemis et sur les aérodromes allemands, obtenant des résultats très importants : en Crète, en juin 1942, avec la destruction d'une vingtaine d'avions allemands (le capitaine Bergé est capturé au cours de ces opérations) et, simultanément, en Libye (attaques des aérodromes de Matouba-Derna, Benina, Barce et Benghazi). Le mois suivant, sous les ordres du capitaine Jordan, second de Bergé et nouveau chef, les SAS français opèrent en Cyrénaïque.

En Tunisie, en janvier 1943, ils sont chargés, alors que la 8e Armée britannique avance vers Tripoli, de harceler les arrières allemands. Lors de ces missions, Augustin Jordan et le Major Stirling sont capturés. Après les opérations de Tunisie, la campagne d'Afrique prend fin et les survivants de la 1ère CIA font route vers l'Angleterre.

Parallèlement, depuis 1941, des volontaires venus de partout ont été rassemblés et entraînés à Camberley, en Angleterre. Avec les rescapés du Moyen Orient, ils forment en juillet 1943, le 1er Bataillon d'Infanterie de l'Air (1er BIA) que commande le chef de batailllon Pierre Fourcaud.

 

LE 4E BATAILLON D'INFANTERIE DE L'AIR (4E BIA)

En novembre 1943 le 1er BIA devient le 4e BIA et passe sous les ordres du commandant Pierre-Louis Bourgoin. Le bataillon est rejoint en Angleterre par le 3e BIA formé après la libération de l'Afrique du Nord.

C'est en Ecosse que ses 435 parachutistes se préparent activement, dans la perspective du débarquement.

Après avoir participé à de grandes manouvres avec sauts de nuit, les premiers SAS français sont parachutés en Bretagne dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Deux sticks de huit hommes chacun sautent sur les Côtes du Nord et deux autres sur le Morbihan. Leur mission est d'organiser une base, d'isoler la Bretagne du reste du pays et de prendre contact avec la Résistance afin de définir les combats à mener avec elle. Avec plus ou moins de difficultés les sticksremplissent leur mission et les premiers renforts en hommes et en matériel sautent sur la Bretagne dans la nuit du 9 au 10 juin suivis bientôt par l'ensemble des effectifs du 4e BIA.

Après de nombreux accrochages et combats avec l'ennemi, notamment au maquis de Saint-Marcel dans le Morbihan, les SAS et les Forces françaises de l'Intérieur (FFI) parviennent à faire la jonction avec l'armée du général Patton. Mais les pertes sont sévères : le 4e BIA a perdu 73 de ses hommes dans les combats de Bretagne.

Le 3e BIA sous les ordres du commandant Château-Jobert (dit Conan) intervient également en Bretagne.

 

LE 2E RÉGIMENT DE CHASSEURS PARACHUTISTES DE L'ARMÉE DE L'AIR

Entre-temps, le 1er juillet 1944, le 4e BIA a changé de nom et est devenu le 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'Armée de l'Air (2e RCP) de même que le 3e BIA est devenu le 3e RCP.

Fin août 1944, malgré les lourdes pertes subies, les 2e et 3e RCP, équipés de jeeps puissamment armées de mitrailleuses vickers, sont chargés d'interdire à l'ennemi la rive droite de la Loire, permettant ainsi de le prendre en tenaille avec les forces alliées venant de Normandie et de la vallée du Rhône. Les raids des SAS se multiplient, certains pelotons libérant villes et villages vont jusqu'à Bordeaux et Périgueux. Le 11 septembre une compagnie du 2e RCP obtient la reddition de 3 000 allemands et en font refluer 15 000 autres.

A l'automne 1944, après trois mois de combats ininterrompus, le 2e RCP est mis au repos. Le 11 novembre 1944, sous l'Arc de Triomphe à Paris, il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle avec la citation suivante :

« Formation d'élite qui, sous les ordres du lieutenant-colonel Bourgoin, a eu l'insigne honneur d'être la première unité française à combattre à nouveau sur le sol de la Patrie. Parachutée au-dessus de la Bretagne au cours du mois de juin, a réussi à grouper autour d'elle plus de 10 000 résistants. Avec cette aide et au prix de lourdes pertes, a procédé avec le plus grand succès à l'attaque de certains éléments ennemis et à de nombreuses destructions de réseaux téléphoniques, de dépôts de munitions et de voies de communication d'importance vitale pour l'ennemi. A eu une grande part dans le succès de l'offensive alliée à partir de la tête de pont de Normande et a été à l'origine de la libération de la Bretagne. »

Le 30 décembre 1944, au moment de l'offensive de von Rundstedt, 200 hommes du 2e RCP, désormais commandé par le commandant Puech-Samson, sont précipitamment envoyés dans les Ardennes belges. Ils ramènent un nombre important de prisonniers.

En février 1945 les 2e et 3e RCP sont regroupés en Angleterre. Dans la nuit du 7 au 8 avril des éléments des deux unités sont parachutés en Hollande sur une étendue de 2 500 km2. Le but de l'opération est de créer le maximum de confusion chez l'ennemi et de gêner ses déplacements. Dans des affrontements violents, les sticks devront tenir entre huit et dix jours (au lieu des deux ou trois prévus) avant d'être épaulés par l'Armée canadienne.

Le 1er août 1945, les unités parachutistes passent sous le contrôle de l'Armée de Terre. Le 3e RCP est dissous et ses hommes intégrés au 2e RCP, placé sous les ordres du lieutenant-colonel de Bollardière.

Outre la Croix de la Libération, le drapeau du 2e RCP arbore la Croix de Guerre 39-45 avec 6 palmes, la Croix de Guerre belge, la Croix de Guerre hollandaise et la Bronze Star Medal (US). Sur les 24 compagnons de la Libération parachutistes de la France libre, 15 sont issus des rangs du 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'armée de l'air. .

Aujourd'hui, le 1er Régiment parachutiste d'infanterie de marine (1er RPIMa), créé le 1er novembre 1960 et basé à Bayonne, est l'héritier des traditions du 2e RCP. Il a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'Ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 8 novembre 1944
  • Croix de Guerre 39/45 (6 palmes)
  • Croix de Guerre 40-45 (Pays-Bas)
  • Bronze Star Medal (USA)

Voir tous les Compagnons du 2ème Régiment des Chasseurs Parachutistes de l'Armée de l'air.

 

Le "Lorraine" en mission

Si le Groupe de bombardement Lorraine est né officiellement le 24 septembre 1941, à Damas en Syrie, la plupart des éléments qui le constituent ont déjà combattu depuis presque un an au Gabon, à Koufra et au Tchad. Avec des moyens souvent insuffisants, mais une farouche volonté de continuer la lutte. Dès novembre 1940, le général de Larminat créé au Tchad le Groupe réservé de bombardement n° 1 (GRB1), placé sous les ordres du capitaine Astier de Villatte.

Le groupe, dont une partie a précédemment aidé au ralliement du Gabon, assure bientôt l'appui des troupes du colonel Leclerc.

Les missions, notamment lors de la prise de Koufra en mars 1941, se déroulent dans des conditions très rudes : chaleur, sable, insuffisance de l'infrastructure.

Le GRB1 opère ensuite, d'avril à juillet 1941, en Abyssinie - où il effectue 130 missions - et en Erythrée. A son retour, il est basé près de Damas et regroupé avec le Groupe de bombardement n° 2 commandé par le capitaine Goussault. Le 2 septembre 1941, les deux unités sont dissoutes pour former le Groupe de bombardement n° 1 Lorraine, composé des deux escadrilles Metz et Nancy sous les ordres du capitaine de Saint Péreuse à qui succède en octobre le commandant Corniglion-Molinier. Equipé de bombardiers Blenheim, le Groupe Lorraine dispose du support technique de la Royal Air Force.

De novembre à décembre 1941, il multiplie, au-dessus de la Libye, les missions en appui de l'armée britannique. Le 23 novembre, notamment, il détruit une colonne de chars. Mais ses pertes sont également terribles. En décembre, le lieutenant-colonel Pijeaud, venu d'Angleterre prend le commandement du Groupe mais il est mortellement blessé au cours de sa première mission. Il est remplacé par le capitaine de Saint-Péreuse.

L'Afrika Korps stoppée, le Lorraine appuie l'offensive alliée. En 16 jours, en janvier 1942, le Groupe effectue 300 sorties avant de rejoindre le Levant; un tiers de l'effectif navigant est alors blessé ou disparu.

En Syrie, le Groupe est divisé en deux escadrilles autonomes, l'une (Nancy) basée à Damas et l'autre (Metz) à Rayack au Liban. Les deux unités sont chargées de convoyage d'avions et de surveillance des côtes. Au cours d'une de ces missions, un appareil de l'escadrille Nancy endommage un sous-marin allemand. En octobre 1942, le Lorraine embarque à Suez à destination de la Grande-Bretagne pour servir sur le front occidental.

Parvenu à Greenock le 1er janvier 1943, l'ensemble du personnel du groupe est envoyé en stage avant la reformation du Lorraine le 7 avril 1943, à West Raynham. Sous les ordres du commandant de Rancourt, il devient le 342 Squadronde la Royal Air Force au sein de 137e Wing et, équipé de Douglas Boston III, il est engagé dans des missions de bombardement de jour et de nuit, à moyenne ou très basse altitude.

Les missions, sur la France et la Hollande, sont très diverses : centrales électriques, gares de triage, terrains d'aviation, sites de VI... Le 3 octobre 1943, le Groupe, basé désormais à Hartford Bridge dans le Hampshire, bombarde et détruit à 90% le poste de transformation de Chevilly-Larue qui, au sud de Paris, alimente la région parisienne en électricité. Passé sous les ordres du commandant Michel Fourquet en décembre 1943, le Lorraine se spécialise, au printemps 1944, dans le bombardement de nuit.

Le 6 juin 1944 dans le cadre du débarquement de Normandie, il dépose, à six heures du matin, le long des côtes, un écran de fumée destiné à protéger la flotte alliée des bombardements allemands à la très basse altitude de 50 pieds (15 mètres !). La mission est une réussite totale. Les opérations au-dessus de la Normandie se succèdent dans des conditions très difficiles et meurtrières comme l'attaque de nuit à basse altitude (50 mètres) des divisions blindées allemandes encerclées dans la poche de Falaise le 5 août 1944. Dans la première semaine du mois d'août, le Lorraine perd 5 équipages…

Le 17 octobre 1944, les appareils atterrissent en France, à Vitry-en-Artois, où se trouve leur nouvelle base et le Lorraine passe bientôt sous le commandement de Jacques Soufflet. Après la rupture du front, le Groupe participe à toutes les opérations qui marquent l'avance du maréchal Montgomery : bataille des Ardennes, franchissement du Rhin, Arnhem, destruction des ponts sur le Rhin... Récemment équipé de bombardiers américains B25 Mitchell et installé à Gilzerijzen en Hollande, le Groupe effectue sa dernière mission de guerre le 2 mai 1945. Le 28 mai 1945, il reçoit la Croix de la Libération. Il a perdu 127 membres d'équipage, soit plus du double de son effectif normal. Durant le conflit, il aura déversé plus de 2 500 tonnes de bombes en plus de 3 000 sorties. Le 10 juin 1945, il défile avec 3 000 avions alliés au-dessus de Francfort. Huit jours plus tard, il survole les Champs-Élysées en formant son emblème : la croix de Lorraine.

A titre individuel le Groupe de bombardement Lorraine a compté 54 compagnons de la Libération. Aujourd'hui, l'escadron de chasse 03/030 "Lorraine" est basé à Mont-de-Marsan.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Croix de Guerre 39-45 (7 citations) 
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Le 20 octobre 1941, le général de Gaulle, qui avait le projet de former un groupe de chasse français en Angleterre, signe le décret portant création du premier groupe intégré au sein de la Royal Air Force (RAF) sous le nom de Squadron 340. Ses effectifs regroupent des pilotes et des mécaniciens des Forces aériennes françaises libres (FAFL) et des Forces navales françaises libres (FNFL).

En novembre 1941, ce groupe de chasse "air-marine" voit le jour sur le terrain de Turnhouse, en Ecosse, au sein du 13th Group du Fighter Command. Suivant la décision du général Valin d'attribuer aux unités navigantes des FAFL des noms de provinces françaises, le Free French Squadron 340 ou Groupe de chasse n° 2, porte le nom d'Ile-de-France. Composé de deux flights (ou escadrilles), respectivement baptisés Paris et Versailles, il est alors sous les ordres d'un officier britannique, le Squadron Leader Loft.

S'il est relativement aisé de regrouper des pilotes français, il n'en est pas de même pour les mécaniciens, dont la moitié est également britannique. Les autres proviennent de l'armée de l'air et surtout de l'aéronavale, qui fournit un fort contingent de Tahitiens. Parmi les tous premiers pilotes français affectés à l'Ile de France, on relève les noms du capitaine Duperier, du lieutenant de vaisseau de Scitivaux, du lieutenant Mouchotte, déjà engagés au sein du Squadron 615, ainsi que du sous-lieutenant Schloesing du Squadron 132. Les pilotes sont équipés de Spitfire Mk II, répartis en deux escadrilles de 12 appareils.

Le 31 janvier 1942, le capitaine de corvette de Scitivaux est nommé à la tête du groupe. Le capitaine Duperier met au point la formation dite "croix de Lorraine" qui est présentée au général de Gaulle, lors de sa visite à Turnhouse le 12 février. Alternant l'entraînement au combat avec des périodes d'alerte, le Squadron 340 est équipé de Spitfire Mk V, dotés de deux canons de 20 mm et de quatre mitrailleuses de 7,7 mm.

Le 31 mars, le groupe est transféré sur la base de Redhill, au sud de Londres, au sein du 11th Group mais il rejoint une semaine plus tard le terrain de Westhampnett, base satellite de la station de Tangmere. Il est affecté au Wing de Tangmere commandé par le Wing commander M.L. Robinson. Le 10 avril 1942, la première mission de guerre est chèrement payée : le Wing Commander Robinson et le lieutenant Choron sont tués, et Scitivaux, abattu, est fait prisonnier. Le capitaine Duperier lui succède.

Le 8 mai, trois FW 190 sont abattus, ouvrant le brillant palmarès du groupe. Promotions et citations viennent récompenser l'ardeur au combat du Squadron 340. A partir de juillet 1942, le groupe opère depuis le terrain d'Hornchurch. Le 19 août 1942, il participe à la couverture de l'opération de débarquement à Dieppe ("Jubilee"). Au cours de cette journée coûteuse en vies humaines, le squadron abat quatre ennemis, mais perd un pilote et deux appareils.

Le 22 septembre 1942, le groupe est transféré sur la base de Biggin Hill et reçoit ses Spitfire Mk IX. Le 30 novembre, le commandant Duperier qui a largement terminé son tour d'opérations est remplacé par le capitaine Schloesing. Celui-ci sera abattu le 13 février 1943. Gravement brûlé, il parviendra néanmoins à rejoindre l'Angleterre.

En décembre 1942, les marins quittent l'Ile de France, qui devient alors une unité exclusivement "air". Le capitaine Reilhac, qui a succédé à Schloesing, est à son tour porté disparu en opérations le 14 mars 1943. Il est remplacé par le capitaine - immédiatement promu commandant - Jean Fournier qui emmène, quelques jours plus tard, le squadron à Turnhouse, pour une période de repos. Le groupe abandonne ses Spitfire Mk IX aux pilotes du GC Alsace qui le remplace, et se déploie à Drem, où il assure la couverture du secteur Glasgow-Edimbourg.

Le 10 novembre 1943, les Squadron 340 Ile de France et 341 Alsace sont regroupés sur le terrain de Perramporth pour former le 145th Wing, dont le commandement est confié au commandant Duperier. Les missions de guerre se succèdent dans le cadre du plan de général de préparation au débarquement, qui a pour but d'affaiblir le potentiel de combat de l'ennemi par le harcèlement et la destruction de ses voies de communication, de ses défenses fixes et de ses installations portuaires.

En février 1944, le squadron est à nouveau équipé de Spitfire Mk IX, et en mars, le 145th Wing est intégré dans les Allied Expeditionnary Air Forces, au sein du 84th Group de la 2nd Tactical Air Force. Déployé à Merston, le groupe Ile de France effectue sans relâche des missions d'escorte, d'attaque des sites de lancement de V1 et des voies de communication.

Le débarquement est imminent, les "bandes d'invasion" blanches et noires sont peintes sur les ailes et le fuselage des Spitfire. Dès l'aube du 6 juin 1944, le groupe participe à la couverture du débarquement sur les plages normandes. Le 13, des appareils du Groupe se posent enfin sur le sol français, à Sainte-Croix. Le 19 août, l'Ile-de-France s'installe à Sommervieu, près de Bayeux. Les alliés ayant acquis la maîtrise du ciel, les missions du Squadron 340 s'orientent vers l'appui des troupes alliées en Belgique et en Hollande.

Le 2 novembre 1944, le groupe est placé sous le commandement d'Olivier Massart ; relevé, il est rapatrié à Biggin Hill, puis à Drem. En février 1945, et rééquipé de Spitfire Mk XVI, il rejoint le front en compagnie des Squadrons 329 et 345 à Schinjdel, en Hollande. Il reçoit pour mission d'interdire tout trafic ennemi entre la Meuse et le Rhin. Le 13 mars 1945, Olivier Massart est abattu en combat aérien. Le 17 avril, le Groupe, sous les ordres du commandant Pierre Aubertin, gagne sa nouvelle base : Drope, en Allemagne. Le 3 mai, il effectue sa dernière mission de guerre.

En quatre années, le Squadron 340 a effectué 7100 sorties, détruisant ou endommageant 75 avions ennemis et larguant 400 tonnes de bombes. L'Ile de France, qui a perdu 38 pilotes, reçoit la médaille militaire et est honoré de la Croix de la Libération. Il est cité quatre fois à l'ordre de l'armée aérienne et une fois à l'ordre des FAFL. De ses rangs sont issus 22 compagnons de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
Squadron 341 « Alsace » à Biggin Hill devant un Spitfire IX
Squadron 341 « Alsace » à Biggin Hill devant un Spitfire IX

Moins d'un an après l'armistice, le 15 mars 1941, est créée, en Egypte, à Ismaïlia, la l'Escadrille française de chasse n° 1 (EFC1). Ses pilotes sont parmi les premiers volontaires de la France libre. Sous le commandement du lieutenant James Denis. Equipée de chasseurs Hurricane, l'EFC 1 participe à la défense de Tobrouk assiégée, au sein du 73 Squadron dont elle forme le Flight C.

Du 9 au 25 avril, ces Français libres affrontent, à un contre dix, l'aviation ennemie. Mais ils tiennent le choc. En moins de deux mois, ils remportent 10 victoires aériennes et deux probables.

Après le repli allié, l'escadrille, basée à Sidi-Hanish, se consacre surtout aux attaques au sol, et à la protection des convois en mer.

Le 21 juin 1941, l'Escadrille française de chasse n° 1 reçoit la Croix de la Libération, devenant ainsi la première unité militaire titulaire de cette prestigieuse décoration. Le 28 août, l'EFC 1 part pour le Liban où elle est bientôt dissoute pour laisser place, début septembre 1941, au Groupe de chasse n°1 Alsace (GC 1 Alsace) qui se constitue dans la plaine de la Bekaa.

 

LE SPITFIRE MKIX

Mécaniciens et pilotes arrivent d'Egypte et d'Angleterre, en provenance des quatre coins du monde. C'est un mélange de personnel d'active, de réservistes, de volontaires. L'entraînement commence aussitôt. Le groupe, commandé par Jean Tulasne, est formé, avec un matériel disparate (Morane 106Dewoitine 520Potez 25 et 29Curtiss 75), des deux escadrilles Strasbourg, commandée par James Denis, et Mulhouse ; commandée par Albert Littolff. Dans un premier temps, les pilotes sont affectés à la défense d'Haïfa et au convoyage des avions neufs.

Début 1942, le groupe est rééquipé avec des Hurricane 1 arborant la croix de Lorraine Après la bataille de Bir-Hakeim, en juin 1942, sous le commandement de Joseph Pouliquen, le groupe participe à la défense d'Alexandrie. En août 1942, le capitaine James Denis prend le commandement du Groupe Alsace qui est stationné dans le delta du Nil. Dans les premiers jours de septembre 1942, la décision est prise d'envoyer le groupe en Angleterre pour servir sur le front occidental.

Fin janvier 1943, il est officiellement reformé en Ecosse, à Turnhouse, sous le nom de Squadron 341. Après entraînement, le groupe de chasse, désormais sous les ordres du commandant René Mouchotte, s'installe le 18 mars à Biggin Hill, au sud de Londres. L'escadrille Strasbourg est sous les ordres de Christian Martell et l'escadrille Mulhouse est confiée au capitaine Michel Boudier.

Début avril, les missions sur la France débutent. Le groupe, équipé de Spitfire Mk IX, protège les bombardiers alliés et est en prise directe avec les chasseurs allemands. Les missions et les succès se suivent. La première victoire est obtenue par Martell le 14 mai, la seconde par Mouchotte le lendemain. Après six mois d'intense activité, l'Alsace, qui a perdu son commandant disparu en combat aérien, est confié au commandant Dupérier, puis au commandant Martell avant d'être envoyé au repos en Cornouailles, à Perranporth. Le bilan des six derniers mois est éloquent : 26 victoires pour six pilotes abattus.

Les missions se poursuivent à Perranporth où se constitue en novembre 1943, avec le GC Ile-de-France et l'escadrille des Cigognes ; une escadre de chasse (Wing) française. Il s'agit essentiellement de protection de convois maritimes et de quelques missions de reconnaissance sur la Bretagne.

 

LE BOMBE VOLANTE AU-DESSUS D'ANVERS

Début avril 1944, l'Alsace quitte Perranporth pour la base de Manston aux environs de Portsmouth. Les escortes et les opérations de chasse reprennent. Le 6 juin, lors du débarquement allié, le groupe effectue quatre missions. La Luftwaffeest alors quasi inexistante. Désormais, il s'agit d'affronter la flak (DCA allemande) et de détruire les bombes volantes, les V1. Les Spitfire s'envolent avec des bombes de 250 livres pour détruire les rampes de lancement. Le 12 juin 1944, c'est le premier atterrissage sur le sol de France, avant l'installation qui s'effectue fin août, près de Bayeux.

Les bases changent avec l'avance alliée. Les combats sont rudes ; ainsi, le 26 août 1944, le commandant Schloesing qui à remplacé le commandant Martell à la tête du groupe l'avant-veille, est abattu en vol. Jacques Andrieux le remplace. Désormais, ce sont des missions sur Dunkerque, la Belgique, le sud de la Hollande et les Ardennes pour contrer l'offensive du général von Rundstedt. Après un court repos sur sa première base de Turnhouse de janvier à mars 1945, l'Alsace reprend ses missions et s'installe à Eindhoven puis en Allemagne où la flak allemande lui détruit 10 appareils et tue 6 pilotes.

A la fin de la guerre, le groupe a effectué plus de 9 000 heures d'opération, plus de 4 500 sorties dont 655 bombardements en piqué. Le groupe Alsace compte 41 victoires confirmées, 14 probables, 27 navires coulés et plus de 500 véhicules détruits au sol. Le groupe a perdu 21 de ses pilotes, soit l'équivalent de son effectif opérationnel. Il reçoit la croix de la Libération le 28 mai 1945. De ses rangs sont issus 23 compagnons de la Libération.

L'Escadron de chasse 01/30, héritier des traditions du Groupe de chasse Alsace, a été dissout le 27 juin 2008 à Colmar.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme
Free France's air arm – the Free French Air Forces (FAFL) – was officially created on 1 July 1940. But its structured units, which each bore the name of a French province, did not truly emerge until the summer of 1941. Six of them bear the title of Companion of the Liberation.
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Armée de l'air

L’escadrille française de chasse n°1 en Libye avec les compagnons de la Libération James Denis et Albert Littolff
L’escadrille française de chasse n°1 en Libye avec les compagnons de la Libération James Denis et Albert Littolff, Jean Pompéi et André Ballatore

Fin 1940, par un accord entre le général de Gaulle et le ministère de l'air britannique, il est décidé que des pilotes de chasse français libres stationnés en AEF seront dirigés sur l'Egypte pour constituer une escadrille française. Six pilotes parmi les premiers volontaires de la France libre (James DenisLouis FerrantAlbert Littolff, Robert Guédon, Noël Castelain et Xavier de Scitivaux) ainsi désignés se présentent fin février 1941 au Caire avant d'être dirigés vers Ismaïlia où ils reprennent leur entraînement interrompu depuis plusieurs mois.

Le 15 mars 1941, sous le commandement du lieutenant James Denis, ils sont immédiatement affectés en Grèce, au 33 Squadron de la Royal Air Force. Equipés de Hurricane, ils sont chargés de la défense d'Athènes mais, pour des raisons diplomatiques (les officiels français sur place sont accrédités par le gouvernement de Vichy), les pilotes sont rapidement renvoyés en Afrique. Début avril les pilotes repartent pour Alexandrie puis pour Tobrouk où est créée, le 9 avril, l'Escadrille française de chasse n° 1 (EFC1).

Au sein du 73 Squadron dont elle forme le Flight C, l'EFC 1 est engagée dès le 10 avril dans la défense de Tobrouk assiégée contre les Italiens et les Allemands. Jusqu'au 14, ses missions consistent uniquement à attaquer les troupes motorisées italo-allemandes avant de livrer ses premiers combats aériens.

Du 14 au 25 avril, ces Français libres affrontent, au mieux à un contre dix, l'aviation ennemie. Ils remplissent 81 missions et obtiennent 10 victoires aériennes officielles et 2 probables en subissant un minimum de perte (le sergent-chef Guédon est porté disparu et le sergent-chef Castelain a été blessé). L'escadrille a reçu entretemps en renfort l'adjudant-chef Ballatore. Repliée ensuite à Sidi-Hanish, l'escadrille, rejointe par le sous-lieutenant Pompéi puis par l'adjudant Guillou, se consacre surtout aux attaques au sol et à la protection des convois en mer. Le 31 mai l'adjudant Guillou est abattu en combat aérien au-dessus de la Crète.

Le 21 juin 1941, l'Escadrille française de chasse n° 1 reçoit la croix de la Libération, devenant ainsi la première unité militaire titulaire de cette prestigieuse décoration. Les missions de surveillance se succèdent ensuite en dépit du manque croissant d'appareils en état de voler ce qui contraint les pilotes et les mécaniciens de l'escadrille à une très involontaire inaction.

La fin de la campagne de Syrie et l'arrivée au Moyen-Orient du colonel Martial Valin permettent d'envisager la création d'unités de chasse plus conséquentes. Fin août 1941, l'EFC 1 part pour le Liban où elle est bientôt dissoute pour laisser place, début septembre, au Groupe de chasse n°1 Alsace qui se constitue dans la plaine de la Bekaa. Une autre histoire commence... L'EFC 1 a remporté 17 victoires aériennes en 165 missions et détruit de nombreux véhicules au sol. Neuf de ses pilotes ont été faits compagnon de la Libération à titre individuel.

Le 18 octobre 2019, la ministre des Armées, madame Florence Parly, a remis solennellement à la première année de l’Ecole de l ‘Air le fanion de l’escadrille française de chasse n°1. L'EFC1 est désormais réactivée au sein des armées. Les élèves officiers de première année portent ainsi pendant un an la fourragère de l’Ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 21 juin 1941
Polotniane Zavod, premier terrain de guerre du "Normandie"
Polotniane Zavod, premier terrain de guerre du "Normandie"

Dès l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, le général de Gaulle envisage d'envoyer des soldats français combattre sur le front de l'est. Quinze mois plus tard, en septembre 1942, une troisième unité de chasse des Forces aériennes françaises libres (après la formation un an plus tôt des groupes Alsace et Ile-de-France) voit le jour : le Groupe de chasse n° 3 Normandie. Constitué à Damas, sous les ordres du commandant Pouliquen et du commandant Tulasne, le groupe est rapidement informé qu'il a été choisi pour marquer la présence de la France auprès des Soviétiques et aller combattre sur le Front de l'Est.

En novembre 1942, les premiers pilotes et mécaniciens partent du Liban pour l'Union soviétique qu'ils atteignent après un périple de plus de quinze jours. La première base se trouve à Ivanovo, à 250 kilomètres au nord-est de Moscou. Là, les Français vont percevoir des avions russes et s'entraîner sur Yak 7 biplace et Yak 1 monoplace. Le choix, laissé à l'appréciation du commandement français, se porte sur le Yak 1.

Les conditions climatiques, très rudes, sont difficilement supportables, les températures variant entre -25° et -30°. L'entraînement des 58 Français, pilotes et mécaniciens se prolonge jusqu'au mois de mars 1943. Le 22 mars 1943, l'unité s'envole avec ses 14 Yak pour s'installer à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Moscou, sur la base de Polotniane Zavod. Le dégel rend les décollages et les atterrissages très périlleux, d'autant plus que les pistes ne sont, le plus souvent, que de simples champs ; il faut trois hommes sous chaque aile pour rouler les avions sur la piste. Le terrain de Polotniane Zavod est distant de 50 km du front.

L'aviation opère très près des premières lignes, pour une plus grande efficacité, en l'absence de tout moyen de contrôle radioélectrique. Les premiers succès des pilotes français chargés d'escorter les bombardiers russes ne tardent pas. Le 5 avril Préciozi et Durand abattent chacun un Focke Wulfe 190. Le 13 avril trois nouvelles victoires s'ajoutent au tableau de chasse de l'unité. Les missions se succèdent avec plusieurs nouvelles victoires mais également plusieurs pertes parmi les pilotes du Normandie.
 
Courant juillet 1943, l'escadrille entre vraiment dans le feu de l'action, avec la terrible bataille de Koursk. Les missions se suivent sans interruption. Du 13 au 17, le Normandie exécute 112 sorties et abat 17 appareils allemands. Ces victoires sont chèrement acquises au prix de la perte de six pilotes dont le commandant Tulasne, porté disparu le 17 juillet près d'Orel.

Le commandant Pouyade, qui a rejoint l'unité le mois précédent, en prend le commandement. Début août les mécaniciens français sont remplacés par des mécaniciens russes alors que des Yak 9 viennent remplacer les Yak 1 des pilotes. Le front bouge vers l'ouest. Le 22 août, c'est la bataille pour Smolensk. Surprenant trois pelotons de Stukasescortés d'une douzaine de Focke-Wulf 190, le groupe de chasse abat cinq avions en quelques secondes, sans enregistrer la moindre perte.

Le 1er septembre 1943, le Groupe totalise 42 victoires homologuées. Le 22 septembre, en dix-sept sorties, les pilotes français abattent neuf appareils ennemis, Joseph Risso réussissant un magnifique doublé. Au moment de prendre ses quartiers d'hiver à Toula, au sud de Moscou, en novembre 1943, le Normandie enregistre déjà 72 victoires. Au repos, il reçoit des renforts qui sont encadrés principalement par Marcel Albert et Marcel Lefèvre. Le 7 février 1944, le groupe devient, appellation inédite en France, le Régiment Normandie. Il est formé de trois escadrilles (Rouen, Le Havre et Cherbourg) commandées respectivement par les lieutenants Albert, Mourier et Lefèvre.

Après une accalmie, début 1944, l'offensive reprend en juin. En moins de trois semaines, les troupes soviétiques s'enfoncent de plus de 200 kilomètres vers l'ouest. Et c'est le passage du fleuve Niemen. Les combats sont terribles. Le comportement exemplaire du Régiment lui vaut de recevoir, le 21 juillet 1944, du maréchal Staline le nom de Niemen.

Dès lors, le Régiment prend le nom de Normandie-Niemen. Puis, ce sont les combats en Prusse orientale, avant les quartiers d'hiver. Le 12 décembre 1944, le commandant Delfino prend le commandement du Normandie quelques jours après que le général de Gaulle, en déplacement à Moscou, a remis la croix de la Libération au Régiment. Les combats reprennent pour une troisième campagne en Prusse orientale et en Pologne, et c'est enfin la capitulation allemande le 9 mai 1945. Début juin 1945, en récompense du comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le maréchal Staline fait don aux survivants de leurs avions Yak 3 qui se posent le 20 juin au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir en héros.

Le Normandie-Niemen, grâce au sacrifice de presque la moitié de ses pilotes, 42 tués sur 97, devient la première formation de chasse française avec ses 273 victoires homologuées et 37 probables (auxquelles s'ajoutent bon nombre de véhicules détruits) obtenues au cours de 5 240 missions et 869 combats. Il a compté dans ses rangs 21 compagnons de la Libération. 

  • Chevalier de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 11 octobre 1943
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 1939-45 (6 citations)
  • Ordre d'Alexandre Nevski (URSS, Oukaze du 5 juin 1945)
  • Ordre du Drapeau Rouge (URSS, Oukaze du 19 février 1945 )
14 juillet 1943, Londres. Défilé du 1er Bataillon d'infanterie de l'Air. De gauche à droite : Taylor, Olivier, Vaculik, Cerillo
14 juillet 1943, Londres. Défilé du 1er Bataillon d'infanterie de l'Air. De gauche à droite : Taylor, Olivier, Vaculik, Cerillo

LA 1ÈRE COMPAGNIE D'INFANTERIE DE L'AIR

Sous l'impulsion du capitaine Georges Bergé la 1ère Compagnie d'Infanterie de l'Air est créée en Angleterre le 29 septembre 1940. Le 25 décembre 1940, après un très solide entraînement, la 1ère section (deux officiers, quatre sous officiers, dix-neuf militaires du rang) est brevetée à Ringway, avec la 1ère Compagnie de parachutistes britanniques. Le 21 février 1941, une deuxième section est brevetée.

Alors qu'une dizaine de parachutistes français rejoignent un stage de sabotage, la première mission de guerre des paras français est exécutée par le capitaine Bergé et quatre hommes en Bretagne. C'est l'opération Savannah (15 mars 1941) qui a un énorme retentissement, étant la première mission en France occupée. Le 10 avril 1941 la Compagnie passe aux ordres de l'Armée de terre et prend l'appellation de 1ère Compagnie parachutiste. Le mois suivant, la mission Joséphine B, avec quatre parachutistes,aboutit à la destruction de la centrale électrique de Pessac, en Gironde.

En mai 1941 l'effectif de la 1ère CIA est de neuf officiers, dix-neuf sous-officiers et 70 hommes de troupe. Elle se divise en deux parties : une section affectée, pour l'action clandestine, au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), c'est-à-dire aux services secrets de la France libre, et deux sections d'infanterie qui, sous l'appellation de 1èreCompagnie parachutiste, embarquent pour le Moyen Orient le 21 juillet 1941.

En septembre 1941 la 1ère Compagnie parachutiste devient le Peloton parachutiste du Levant puis, repassant à l'Armée de l'Air, la 1ère Compagnie de chasseurs parachutistes des Forces aériennes françaises libres. 
 

 

LE FRENCH SQUADRON

Après un stationnement à Beyrouth et Damas, l'unité s'installe, le 2 janvier 1942, à Kabret, sur les rives du canal de Suez. Elle est intégrée à la Special Air Service Brigade (SAS brigade)britannique commandée par le Major Stirling. Les SAS français deviennent le French Squadron et ils se distinguent par des actions violentes, sur les arrières ennemis et sur les aérodromes allemands, obtenant des résultats très importants : en Crète, en juin 1942, avec la destruction d'une vingtaine d'avions allemands (le capitaine Bergé est capturé au cours de ces opérations) et, simultanément, en Libye (attaques des aérodromes de Matouba-Derna, Benina, Barce et Benghazi). Le mois suivant, sous les ordres du capitaine Jordan, second de Bergé et nouveau chef, les SAS français opèrent en Cyrénaïque.

En Tunisie, en janvier 1943, ils sont chargés, alors que la 8e Armée britannique avance vers Tripoli, de harceler les arrières allemands. Lors de ces missions, Augustin Jordan et le Major Stirling sont capturés. Après les opérations de Tunisie, la campagne d'Afrique prend fin et les survivants de la 1ère CIA font route vers l'Angleterre.

Parallèlement, depuis 1941, des volontaires venus de partout ont été rassemblés et entraînés à Camberley, en Angleterre. Avec les rescapés du Moyen Orient, ils forment en juillet 1943, le 1er Bataillon d'Infanterie de l'Air (1er BIA) que commande le chef de batailllon Pierre Fourcaud.

 

LE 4E BATAILLON D'INFANTERIE DE L'AIR (4E BIA)

En novembre 1943 le 1er BIA devient le 4e BIA et passe sous les ordres du commandant Pierre-Louis Bourgoin. Le bataillon est rejoint en Angleterre par le 3e BIA formé après la libération de l'Afrique du Nord.

C'est en Ecosse que ses 435 parachutistes se préparent activement, dans la perspective du débarquement.

Après avoir participé à de grandes manouvres avec sauts de nuit, les premiers SAS français sont parachutés en Bretagne dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Deux sticks de huit hommes chacun sautent sur les Côtes du Nord et deux autres sur le Morbihan. Leur mission est d'organiser une base, d'isoler la Bretagne du reste du pays et de prendre contact avec la Résistance afin de définir les combats à mener avec elle. Avec plus ou moins de difficultés les sticksremplissent leur mission et les premiers renforts en hommes et en matériel sautent sur la Bretagne dans la nuit du 9 au 10 juin suivis bientôt par l'ensemble des effectifs du 4e BIA.

Après de nombreux accrochages et combats avec l'ennemi, notamment au maquis de Saint-Marcel dans le Morbihan, les SAS et les Forces françaises de l'Intérieur (FFI) parviennent à faire la jonction avec l'armée du général Patton. Mais les pertes sont sévères : le 4e BIA a perdu 73 de ses hommes dans les combats de Bretagne.

Le 3e BIA sous les ordres du commandant Château-Jobert (dit Conan) intervient également en Bretagne.

 

LE 2E RÉGIMENT DE CHASSEURS PARACHUTISTES DE L'ARMÉE DE L'AIR

Entre-temps, le 1er juillet 1944, le 4e BIA a changé de nom et est devenu le 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'Armée de l'Air (2e RCP) de même que le 3e BIA est devenu le 3e RCP.

Fin août 1944, malgré les lourdes pertes subies, les 2e et 3e RCP, équipés de jeeps puissamment armées de mitrailleuses vickers, sont chargés d'interdire à l'ennemi la rive droite de la Loire, permettant ainsi de le prendre en tenaille avec les forces alliées venant de Normandie et de la vallée du Rhône. Les raids des SAS se multiplient, certains pelotons libérant villes et villages vont jusqu'à Bordeaux et Périgueux. Le 11 septembre une compagnie du 2e RCP obtient la reddition de 3 000 allemands et en font refluer 15 000 autres.

A l'automne 1944, après trois mois de combats ininterrompus, le 2e RCP est mis au repos. Le 11 novembre 1944, sous l'Arc de Triomphe à Paris, il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle avec la citation suivante :

« Formation d'élite qui, sous les ordres du lieutenant-colonel Bourgoin, a eu l'insigne honneur d'être la première unité française à combattre à nouveau sur le sol de la Patrie. Parachutée au-dessus de la Bretagne au cours du mois de juin, a réussi à grouper autour d'elle plus de 10 000 résistants. Avec cette aide et au prix de lourdes pertes, a procédé avec le plus grand succès à l'attaque de certains éléments ennemis et à de nombreuses destructions de réseaux téléphoniques, de dépôts de munitions et de voies de communication d'importance vitale pour l'ennemi. A eu une grande part dans le succès de l'offensive alliée à partir de la tête de pont de Normande et a été à l'origine de la libération de la Bretagne. »

Le 30 décembre 1944, au moment de l'offensive de von Rundstedt, 200 hommes du 2e RCP, désormais commandé par le commandant Puech-Samson, sont précipitamment envoyés dans les Ardennes belges. Ils ramènent un nombre important de prisonniers.

En février 1945 les 2e et 3e RCP sont regroupés en Angleterre. Dans la nuit du 7 au 8 avril des éléments des deux unités sont parachutés en Hollande sur une étendue de 2 500 km2. Le but de l'opération est de créer le maximum de confusion chez l'ennemi et de gêner ses déplacements. Dans des affrontements violents, les sticks devront tenir entre huit et dix jours (au lieu des deux ou trois prévus) avant d'être épaulés par l'Armée canadienne.

Le 1er août 1945, les unités parachutistes passent sous le contrôle de l'Armée de Terre. Le 3e RCP est dissous et ses hommes intégrés au 2e RCP, placé sous les ordres du lieutenant-colonel de Bollardière.

Outre la Croix de la Libération, le drapeau du 2e RCP arbore la Croix de Guerre 39-45 avec 6 palmes, la Croix de Guerre belge, la Croix de Guerre hollandaise et la Bronze Star Medal (US). Sur les 24 compagnons de la Libération parachutistes de la France libre, 15 sont issus des rangs du 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'armée de l'air. .

Aujourd'hui, le 1er Régiment parachutiste d'infanterie de marine (1er RPIMa), créé le 1er novembre 1960 et basé à Bayonne, est l'héritier des traditions du 2e RCP. Il a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'Ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 8 novembre 1944
  • Croix de Guerre 39/45 (6 palmes)
  • Croix de Guerre 40-45 (Pays-Bas)
  • Bronze Star Medal (USA)

Voir tous les Compagnons du 2ème Régiment des Chasseurs Parachutistes de l'Armée de l'air.

 

Le "Lorraine" en mission

Si le Groupe de bombardement Lorraine est né officiellement le 24 septembre 1941, à Damas en Syrie, la plupart des éléments qui le constituent ont déjà combattu depuis presque un an au Gabon, à Koufra et au Tchad. Avec des moyens souvent insuffisants, mais une farouche volonté de continuer la lutte. Dès novembre 1940, le général de Larminat créé au Tchad le Groupe réservé de bombardement n° 1 (GRB1), placé sous les ordres du capitaine Astier de Villatte.

Le groupe, dont une partie a précédemment aidé au ralliement du Gabon, assure bientôt l'appui des troupes du colonel Leclerc.

Les missions, notamment lors de la prise de Koufra en mars 1941, se déroulent dans des conditions très rudes : chaleur, sable, insuffisance de l'infrastructure.

Le GRB1 opère ensuite, d'avril à juillet 1941, en Abyssinie - où il effectue 130 missions - et en Erythrée. A son retour, il est basé près de Damas et regroupé avec le Groupe de bombardement n° 2 commandé par le capitaine Goussault. Le 2 septembre 1941, les deux unités sont dissoutes pour former le Groupe de bombardement n° 1 Lorraine, composé des deux escadrilles Metz et Nancy sous les ordres du capitaine de Saint Péreuse à qui succède en octobre le commandant Corniglion-Molinier. Equipé de bombardiers Blenheim, le Groupe Lorraine dispose du support technique de la Royal Air Force.

De novembre à décembre 1941, il multiplie, au-dessus de la Libye, les missions en appui de l'armée britannique. Le 23 novembre, notamment, il détruit une colonne de chars. Mais ses pertes sont également terribles. En décembre, le lieutenant-colonel Pijeaud, venu d'Angleterre prend le commandement du Groupe mais il est mortellement blessé au cours de sa première mission. Il est remplacé par le capitaine de Saint-Péreuse.

L'Afrika Korps stoppée, le Lorraine appuie l'offensive alliée. En 16 jours, en janvier 1942, le Groupe effectue 300 sorties avant de rejoindre le Levant; un tiers de l'effectif navigant est alors blessé ou disparu.

En Syrie, le Groupe est divisé en deux escadrilles autonomes, l'une (Nancy) basée à Damas et l'autre (Metz) à Rayack au Liban. Les deux unités sont chargées de convoyage d'avions et de surveillance des côtes. Au cours d'une de ces missions, un appareil de l'escadrille Nancy endommage un sous-marin allemand. En octobre 1942, le Lorraine embarque à Suez à destination de la Grande-Bretagne pour servir sur le front occidental.

Parvenu à Greenock le 1er janvier 1943, l'ensemble du personnel du groupe est envoyé en stage avant la reformation du Lorraine le 7 avril 1943, à West Raynham. Sous les ordres du commandant de Rancourt, il devient le 342 Squadronde la Royal Air Force au sein de 137e Wing et, équipé de Douglas Boston III, il est engagé dans des missions de bombardement de jour et de nuit, à moyenne ou très basse altitude.

Les missions, sur la France et la Hollande, sont très diverses : centrales électriques, gares de triage, terrains d'aviation, sites de VI... Le 3 octobre 1943, le Groupe, basé désormais à Hartford Bridge dans le Hampshire, bombarde et détruit à 90% le poste de transformation de Chevilly-Larue qui, au sud de Paris, alimente la région parisienne en électricité. Passé sous les ordres du commandant Michel Fourquet en décembre 1943, le Lorraine se spécialise, au printemps 1944, dans le bombardement de nuit.

Le 6 juin 1944 dans le cadre du débarquement de Normandie, il dépose, à six heures du matin, le long des côtes, un écran de fumée destiné à protéger la flotte alliée des bombardements allemands à la très basse altitude de 50 pieds (15 mètres !). La mission est une réussite totale. Les opérations au-dessus de la Normandie se succèdent dans des conditions très difficiles et meurtrières comme l'attaque de nuit à basse altitude (50 mètres) des divisions blindées allemandes encerclées dans la poche de Falaise le 5 août 1944. Dans la première semaine du mois d'août, le Lorraine perd 5 équipages…

Le 17 octobre 1944, les appareils atterrissent en France, à Vitry-en-Artois, où se trouve leur nouvelle base et le Lorraine passe bientôt sous le commandement de Jacques Soufflet. Après la rupture du front, le Groupe participe à toutes les opérations qui marquent l'avance du maréchal Montgomery : bataille des Ardennes, franchissement du Rhin, Arnhem, destruction des ponts sur le Rhin... Récemment équipé de bombardiers américains B25 Mitchell et installé à Gilzerijzen en Hollande, le Groupe effectue sa dernière mission de guerre le 2 mai 1945. Le 28 mai 1945, il reçoit la Croix de la Libération. Il a perdu 127 membres d'équipage, soit plus du double de son effectif normal. Durant le conflit, il aura déversé plus de 2 500 tonnes de bombes en plus de 3 000 sorties. Le 10 juin 1945, il défile avec 3 000 avions alliés au-dessus de Francfort. Huit jours plus tard, il survole les Champs-Élysées en formant son emblème : la croix de Lorraine.

A titre individuel le Groupe de bombardement Lorraine a compté 54 compagnons de la Libération. Aujourd'hui, l'escadron de chasse 03/030 "Lorraine" est basé à Mont-de-Marsan.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Croix de Guerre 39-45 (7 citations) 
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Le 20 octobre 1941, le général de Gaulle, qui avait le projet de former un groupe de chasse français en Angleterre, signe le décret portant création du premier groupe intégré au sein de la Royal Air Force (RAF) sous le nom de Squadron 340. Ses effectifs regroupent des pilotes et des mécaniciens des Forces aériennes françaises libres (FAFL) et des Forces navales françaises libres (FNFL).

En novembre 1941, ce groupe de chasse "air-marine" voit le jour sur le terrain de Turnhouse, en Ecosse, au sein du 13th Group du Fighter Command. Suivant la décision du général Valin d'attribuer aux unités navigantes des FAFL des noms de provinces françaises, le Free French Squadron 340 ou Groupe de chasse n° 2, porte le nom d'Ile-de-France. Composé de deux flights (ou escadrilles), respectivement baptisés Paris et Versailles, il est alors sous les ordres d'un officier britannique, le Squadron Leader Loft.

S'il est relativement aisé de regrouper des pilotes français, il n'en est pas de même pour les mécaniciens, dont la moitié est également britannique. Les autres proviennent de l'armée de l'air et surtout de l'aéronavale, qui fournit un fort contingent de Tahitiens. Parmi les tous premiers pilotes français affectés à l'Ile de France, on relève les noms du capitaine Duperier, du lieutenant de vaisseau de Scitivaux, du lieutenant Mouchotte, déjà engagés au sein du Squadron 615, ainsi que du sous-lieutenant Schloesing du Squadron 132. Les pilotes sont équipés de Spitfire Mk II, répartis en deux escadrilles de 12 appareils.

Le 31 janvier 1942, le capitaine de corvette de Scitivaux est nommé à la tête du groupe. Le capitaine Duperier met au point la formation dite "croix de Lorraine" qui est présentée au général de Gaulle, lors de sa visite à Turnhouse le 12 février. Alternant l'entraînement au combat avec des périodes d'alerte, le Squadron 340 est équipé de Spitfire Mk V, dotés de deux canons de 20 mm et de quatre mitrailleuses de 7,7 mm.

Le 31 mars, le groupe est transféré sur la base de Redhill, au sud de Londres, au sein du 11th Group mais il rejoint une semaine plus tard le terrain de Westhampnett, base satellite de la station de Tangmere. Il est affecté au Wing de Tangmere commandé par le Wing commander M.L. Robinson. Le 10 avril 1942, la première mission de guerre est chèrement payée : le Wing Commander Robinson et le lieutenant Choron sont tués, et Scitivaux, abattu, est fait prisonnier. Le capitaine Duperier lui succède.

Le 8 mai, trois FW 190 sont abattus, ouvrant le brillant palmarès du groupe. Promotions et citations viennent récompenser l'ardeur au combat du Squadron 340. A partir de juillet 1942, le groupe opère depuis le terrain d'Hornchurch. Le 19 août 1942, il participe à la couverture de l'opération de débarquement à Dieppe ("Jubilee"). Au cours de cette journée coûteuse en vies humaines, le squadron abat quatre ennemis, mais perd un pilote et deux appareils.

Le 22 septembre 1942, le groupe est transféré sur la base de Biggin Hill et reçoit ses Spitfire Mk IX. Le 30 novembre, le commandant Duperier qui a largement terminé son tour d'opérations est remplacé par le capitaine Schloesing. Celui-ci sera abattu le 13 février 1943. Gravement brûlé, il parviendra néanmoins à rejoindre l'Angleterre.

En décembre 1942, les marins quittent l'Ile de France, qui devient alors une unité exclusivement "air". Le capitaine Reilhac, qui a succédé à Schloesing, est à son tour porté disparu en opérations le 14 mars 1943. Il est remplacé par le capitaine - immédiatement promu commandant - Jean Fournier qui emmène, quelques jours plus tard, le squadron à Turnhouse, pour une période de repos. Le groupe abandonne ses Spitfire Mk IX aux pilotes du GC Alsace qui le remplace, et se déploie à Drem, où il assure la couverture du secteur Glasgow-Edimbourg.

Le 10 novembre 1943, les Squadron 340 Ile de France et 341 Alsace sont regroupés sur le terrain de Perramporth pour former le 145th Wing, dont le commandement est confié au commandant Duperier. Les missions de guerre se succèdent dans le cadre du plan de général de préparation au débarquement, qui a pour but d'affaiblir le potentiel de combat de l'ennemi par le harcèlement et la destruction de ses voies de communication, de ses défenses fixes et de ses installations portuaires.

En février 1944, le squadron est à nouveau équipé de Spitfire Mk IX, et en mars, le 145th Wing est intégré dans les Allied Expeditionnary Air Forces, au sein du 84th Group de la 2nd Tactical Air Force. Déployé à Merston, le groupe Ile de France effectue sans relâche des missions d'escorte, d'attaque des sites de lancement de V1 et des voies de communication.

Le débarquement est imminent, les "bandes d'invasion" blanches et noires sont peintes sur les ailes et le fuselage des Spitfire. Dès l'aube du 6 juin 1944, le groupe participe à la couverture du débarquement sur les plages normandes. Le 13, des appareils du Groupe se posent enfin sur le sol français, à Sainte-Croix. Le 19 août, l'Ile-de-France s'installe à Sommervieu, près de Bayeux. Les alliés ayant acquis la maîtrise du ciel, les missions du Squadron 340 s'orientent vers l'appui des troupes alliées en Belgique et en Hollande.

Le 2 novembre 1944, le groupe est placé sous le commandement d'Olivier Massart ; relevé, il est rapatrié à Biggin Hill, puis à Drem. En février 1945, et rééquipé de Spitfire Mk XVI, il rejoint le front en compagnie des Squadrons 329 et 345 à Schinjdel, en Hollande. Il reçoit pour mission d'interdire tout trafic ennemi entre la Meuse et le Rhin. Le 13 mars 1945, Olivier Massart est abattu en combat aérien. Le 17 avril, le Groupe, sous les ordres du commandant Pierre Aubertin, gagne sa nouvelle base : Drope, en Allemagne. Le 3 mai, il effectue sa dernière mission de guerre.

En quatre années, le Squadron 340 a effectué 7100 sorties, détruisant ou endommageant 75 avions ennemis et larguant 400 tonnes de bombes. L'Ile de France, qui a perdu 38 pilotes, reçoit la médaille militaire et est honoré de la Croix de la Libération. Il est cité quatre fois à l'ordre de l'armée aérienne et une fois à l'ordre des FAFL. De ses rangs sont issus 22 compagnons de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
Squadron 341 « Alsace » à Biggin Hill devant un Spitfire IX
Squadron 341 « Alsace » à Biggin Hill devant un Spitfire IX

Moins d'un an après l'armistice, le 15 mars 1941, est créée, en Egypte, à Ismaïlia, la l'Escadrille française de chasse n° 1 (EFC1). Ses pilotes sont parmi les premiers volontaires de la France libre. Sous le commandement du lieutenant James Denis. Equipée de chasseurs Hurricane, l'EFC 1 participe à la défense de Tobrouk assiégée, au sein du 73 Squadron dont elle forme le Flight C.

Du 9 au 25 avril, ces Français libres affrontent, à un contre dix, l'aviation ennemie. Mais ils tiennent le choc. En moins de deux mois, ils remportent 10 victoires aériennes et deux probables.

Après le repli allié, l'escadrille, basée à Sidi-Hanish, se consacre surtout aux attaques au sol, et à la protection des convois en mer.

Le 21 juin 1941, l'Escadrille française de chasse n° 1 reçoit la Croix de la Libération, devenant ainsi la première unité militaire titulaire de cette prestigieuse décoration. Le 28 août, l'EFC 1 part pour le Liban où elle est bientôt dissoute pour laisser place, début septembre 1941, au Groupe de chasse n°1 Alsace (GC 1 Alsace) qui se constitue dans la plaine de la Bekaa.

 

LE SPITFIRE MKIX

Mécaniciens et pilotes arrivent d'Egypte et d'Angleterre, en provenance des quatre coins du monde. C'est un mélange de personnel d'active, de réservistes, de volontaires. L'entraînement commence aussitôt. Le groupe, commandé par Jean Tulasne, est formé, avec un matériel disparate (Morane 106Dewoitine 520Potez 25 et 29Curtiss 75), des deux escadrilles Strasbourg, commandée par James Denis, et Mulhouse ; commandée par Albert Littolff. Dans un premier temps, les pilotes sont affectés à la défense d'Haïfa et au convoyage des avions neufs.

Début 1942, le groupe est rééquipé avec des Hurricane 1 arborant la croix de Lorraine Après la bataille de Bir-Hakeim, en juin 1942, sous le commandement de Joseph Pouliquen, le groupe participe à la défense d'Alexandrie. En août 1942, le capitaine James Denis prend le commandement du Groupe Alsace qui est stationné dans le delta du Nil. Dans les premiers jours de septembre 1942, la décision est prise d'envoyer le groupe en Angleterre pour servir sur le front occidental.

Fin janvier 1943, il est officiellement reformé en Ecosse, à Turnhouse, sous le nom de Squadron 341. Après entraînement, le groupe de chasse, désormais sous les ordres du commandant René Mouchotte, s'installe le 18 mars à Biggin Hill, au sud de Londres. L'escadrille Strasbourg est sous les ordres de Christian Martell et l'escadrille Mulhouse est confiée au capitaine Michel Boudier.

Début avril, les missions sur la France débutent. Le groupe, équipé de Spitfire Mk IX, protège les bombardiers alliés et est en prise directe avec les chasseurs allemands. Les missions et les succès se suivent. La première victoire est obtenue par Martell le 14 mai, la seconde par Mouchotte le lendemain. Après six mois d'intense activité, l'Alsace, qui a perdu son commandant disparu en combat aérien, est confié au commandant Dupérier, puis au commandant Martell avant d'être envoyé au repos en Cornouailles, à Perranporth. Le bilan des six derniers mois est éloquent : 26 victoires pour six pilotes abattus.

Les missions se poursuivent à Perranporth où se constitue en novembre 1943, avec le GC Ile-de-France et l'escadrille des Cigognes ; une escadre de chasse (Wing) française. Il s'agit essentiellement de protection de convois maritimes et de quelques missions de reconnaissance sur la Bretagne.

 

LE BOMBE VOLANTE AU-DESSUS D'ANVERS

Début avril 1944, l'Alsace quitte Perranporth pour la base de Manston aux environs de Portsmouth. Les escortes et les opérations de chasse reprennent. Le 6 juin, lors du débarquement allié, le groupe effectue quatre missions. La Luftwaffeest alors quasi inexistante. Désormais, il s'agit d'affronter la flak (DCA allemande) et de détruire les bombes volantes, les V1. Les Spitfire s'envolent avec des bombes de 250 livres pour détruire les rampes de lancement. Le 12 juin 1944, c'est le premier atterrissage sur le sol de France, avant l'installation qui s'effectue fin août, près de Bayeux.

Les bases changent avec l'avance alliée. Les combats sont rudes ; ainsi, le 26 août 1944, le commandant Schloesing qui à remplacé le commandant Martell à la tête du groupe l'avant-veille, est abattu en vol. Jacques Andrieux le remplace. Désormais, ce sont des missions sur Dunkerque, la Belgique, le sud de la Hollande et les Ardennes pour contrer l'offensive du général von Rundstedt. Après un court repos sur sa première base de Turnhouse de janvier à mars 1945, l'Alsace reprend ses missions et s'installe à Eindhoven puis en Allemagne où la flak allemande lui détruit 10 appareils et tue 6 pilotes.

A la fin de la guerre, le groupe a effectué plus de 9 000 heures d'opération, plus de 4 500 sorties dont 655 bombardements en piqué. Le groupe Alsace compte 41 victoires confirmées, 14 probables, 27 navires coulés et plus de 500 véhicules détruits au sol. Le groupe a perdu 21 de ses pilotes, soit l'équivalent de son effectif opérationnel. Il reçoit la croix de la Libération le 28 mai 1945. De ses rangs sont issus 23 compagnons de la Libération.

L'Escadron de chasse 01/30, héritier des traditions du Groupe de chasse Alsace, a été dissout le 27 juin 2008 à Colmar.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme
Armée de l'air
L'armée de l'air de la France libre, les Forces aériennes françaises libres (FAFL), est créée officiellement le 1er juillet 1940. Mais ses unités organisées, qui portent toutes le nom d'une province française, ne voient réellement le jour que l'été 1941. Six d'entre elles portent le titre de Compagnon de la Libération.
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Navy

22 août 1941 : le Rubis à 30 milles de la côte norvégienne après de graves avaries subies à la suite du torpillage d'un convoi allemand

Le Rubis est un sous-marin mouilleur de mines de la série Saphir qui transporte 32 mines et des torpilles. Mesurant 60 m de long, 7 m de large et de 8 m de haut sur un fond plat, il entre en service actif en avril 1933. Il est basé à Cherbourg puis à Bizerte au moment de la déclaration de guerre de 1939.

En avril 1940, le Danemark et la Norvège sont envahis par les troupes de l'Allemagne nazie ; le 1er mai 1940, le Rubisest mis aux ordres de l'amirauté britannique. Au retour d'une mission en Norvège, le 12 juin, il rentre à sa base de Dundee en Ecosse avant de repartir pour mouiller ses 32 mines dans le chenal de Trondheim en Norvège. Il passe sous un destroyer allemand en patrouille à l'entrée du fjord. Un chasseur de sous-marin sautera quelques jours plus tard sur l'une de ces mines. A son tableau de chasse, il compte dès lors six bâtiments coulés et un endommagé.

Il rentre à Dundee, le 30 juin, alors que l'armistice franco-allemand est entré en vigueur depuis 5 jours. Alors que la saisie des bâtiments français par les Britanniques commence dans le cadre de l'opération Catapult qui a pour objectif de s'assurer par la force au besoin que la flotte française ne sera pas utilisé par les forces de l'Axe, l'équipage du Rubis, eu égard aux services rendus, particulièrement bien traité. Son ralliement à la France libre est en grande partie l'œuvre de son commandant, le lieutenant de vaisseau Cabanier qui le commande depuis 1938.

Cabanier s'entretient en effet longuement avec ses hommes, leur expliquant clairement la situation tout en laissant à chacun le soin de faire son choix. Malgré l'affaire de Mers el-Kebir, l'équipage du Rubis conserve sa volonté de servir la France Libre. Dès la mi-juillet, la quasi-totalité de ses membres décide de s'enrôler dans les Forces navales françaises libres (FNFL). Fait marquant, sur les 50 hommes d'équipage, 45 ont signé un engagement dans la France libre et 31 resteront à bord du bâtiment durant toute la guerre.

Le Rubis est un mouilleur de mines, et c'est comme tel qu'il enrichit presque totalement son tableau de chasse. Durant tout le conflit, il mouille près de 700 mines. Il effectue néanmoins six missions d'un autre caractère comme le débarquement d'un agent en Norvège ou la participation à un dispositif d'interception du Tirpitz. En septembre 1940, il effectue une mission de patrouille en Mer du Nord, puis, en octobre, au large des côtes norvégiennes. En décembre, il entre en carénage et est indisponible jusqu'au mois de mai 1941, date à laquelle l'officier en second, le lieutenant de vaisseau Rousselot, remplace le commandant Cabanier.

Le 1er juin, il appareille pour une patrouille de trois semaines dans le Golfe de Gascogne et reprend la mer, après de nouvelles réparations, au début du mois d'août 1941. Le submersible reçoit ensuite pour mission de miner les chenaux d'accès à Egersund (Norvège). Une fois sa tâche accomplie, il coule à la torpille un cargo de 4 000 tonneaux. Mais, lui-même endommagé par l'explosion, son retour à Dundee, le 25 août, doit se faire en surface sous la menace allemande et avec la protection de la Royal Air Force (RAF).

Le 14 octobre 1941, le général de Gaulle lui décerne la Croix de la Libération avec la citation suivante : « Bâtiment qui n'a pas cessé une seule heure de servir la France dans la guerre depuis le début des hostilités et dont l'Etat-major et l'équipage ont fait preuve des plus belles qualités guerrières en accomplissant de nombreuses et périlleuses missions dans les eaux ennemies. A infligé aux transports maritimes allemands des pertes sévères. Très sérieusement endommagé au cours d'une attaque, a réussi à regagner sa base au prix d'efforts inouïs du personnel en traversant un champ de mines très dangereux ».

Remis en état, le Rubis part pour une nouvelle mission de mouillage de mines dans le Golfe de Gascogne. D'avril à fin septembre 1942, il effectue cinq missions de mouillages de mines mais il doit rentrer à sa base pour réparation et reste indisponible jusqu'en mai 1943. Ensuite, les missions se succèdent : mouillage de mines au large de Biscarosse, près de l'Ile de Sein, au nord de Bayonne et d'Arcachon.

D'octobre 1943 à février 1944, le sous-marin doit subir de nouvelles réparations avant de reprendre une longue période d'entraînement. En septembre 1944, le submersible reprend ses opérations de guerre le long des côtes de Norvège. Il doit miner une zone précise non loin de Stavanger. Les mines sont placées avec précision : deux cargos ainsi que deux chasseurs de sous-marins allemands sauteront sur ces dernières, immobilisant tout trafic dans ce secteur. Le 29 décembre, il entre en carénage jusqu'en juin 1945.

Pendant le conflit, le sous-marin Rubis a effectué 28 missions et a mouillé 683 mines. Par son action, 18 bâtiments de commerce et de guerre auront été coulés (et 2 endommagés), sans compter la gêne causée à l'ennemi obligé de mener des opérations de dragage. Il a compté parmi son équipage 8 compagnons de la Libération. Terminant sa carrière en 1948, le sous-marin a obtenu de ne pas aller à la casse et de voir son épave immergée au large du Cap Camarat, entre Saint-Tropez et Cavalaire en 1958.

Depuis 1983, le Rubis, premier sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) de la marine française, perpétue la tradition de son glorieux aîné. A ce titre, ses personnels ont droit au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 14 octobre 1941
  • Croix de Guerre 39/45 (3 palmes)
La Rose-Lys et l'Aconit en patrouille
La Rose-Lys et l'Aconit en patrouille

La corvette Aconit fait partie des neuf corvettes mises à la disposition des Forces navales françaises libres par l'amirauté britannique. Construite à Troon (Ecosse) par les chantiers Ailsa Shipbuilding, elle est placée, avec une soixantaine d'hommes, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Jean Levasseur en juillet 1941.

Par ses caractéristiques, comme sa puissance de 2 800 chevaux et une vitesse de 16 nœuds, elle s'apparente au type baleinier. L'Aconit appareille pour la première fois le 22 juillet 1941 et est affectée, à la fin de son entraînement, au groupe d'escorte de La Clyde (septembre-octobre 1941) puis aux Newfoundland Forces (forces de Terre-Neuve). Elle participe pendant deux ans et demi d'une façon très active à la bataille de l'Atlantique. Elle est engagée dans la protection des convois qui, du Canada, transportent armement et ravitaillement vers les îles britanniques. A ce titre, elle escorte des convois entre la Grande Bretagne et l'Islande (3 septembre-10 octobre 1941), puis entre Terre-Neuve et l'Islande (19 octobre-18 décembre 1941).

Elle effectue sa première attaque contre un sous marin allemand le 2 novembre 1941 puis prend part, en décembre de cette même année à l'opération de ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre (10-27 décembre 1941). Elle reprend ensuite les escortes entre Terre-Neuve et l'Islande, puis le Royaume-Uni, tâche permanente, interrompue seulement par un nouveau séjour à Saint-Pierre-et-Miquelon (20-22 juin 1942) et un carénage à Glasgow (14 juillet-3 septembre 1942).

Quelques jours plus tard, le 12 septembre l'Aconit participe, jusqu'au 21, à l'escorte de deux bâtiments de commerce jusqu'au large du Cap Finistère, puis de trois pétroliers venus de Gibraltar jusqu'en Angleterre. L'Aconit, désormais rattachée au groupe d'escorte B3 des Clyde Escort Forces (elle le restera jusqu'au 2 mai 1944), reprend, après un exercice d'entraînement général, son rôle de protecteur des convois.

C'est au cours des mois suivants qu'elle connaît son plus haut fait d'armes : la destruction en moins de 12 heures de deux sous-marins allemands. Le 11 mars 1943, à 1H35, la corvette qui participe à l'escorte d'un convoi de dix bâtiments éperonne et coule le sous-marin allemand U444 puis, le même jour vers 13H00, venue à la rescousse du destroyer britannique Harvester, attaque à la grenade et au canon le U432 qui coule à son tour. Elle recueille une trentaine de rescapés anglais de l'Harvester et 20 prisonniers allemands de l'U432 dont l'officier en second et 4 prisonniers de l'U444.

 

L'ÉQUIPAGE DE L'ACONIT

En raison de l'avarie de son étrave due à l'éperonnage, l'Aconit est en réparation à Glasgow du 18 mars au 10 avril 1943. Le 21 avril, à Greenock, le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération ainsi qu'au commandant Levasseur. Ensuite, elle entre en grande réparation à la Nouvelle-Orléans (1er septembre-10 octobre 1943). En quittant son commandement, Jean Levasseur s'adresse au personnel de l'Aconit en signant l'ordre du jour suivant : « Je vous quitte après avoir été votre commandant pendant vingt six mois. Au cours de cette longue période, l'Aconit a représenté sans jamais mollir la Marine française au bon combat. Grâce à votre magnifique entrain, le pavillon tricolore a flotté victorieusement dans la Bataille de l'Atlantique. Les corvettes françaises ont toujours été un exemple de devoir et d'abnégation. Elles ont fait l'admiration de tous par leur valeur militaire. Parmi elles, l'Aconit a brillé de la douce lueur de la Gloire. A tous, je dis au revoir en souhaitant que la redoutable étrave de l'Aconit apparaisse le plus tôt possible en vue des côtes de France. »

Le lieutenant de vaisseau Le Millier prend alors le commandement de la corvette qui reprend sa participation à la bataille de l'Atlantique ; le 31 décembre 1943, elle livre trois attaques à un sous-marin allemand puis passe les premiers mois de 1944 en missions diverses (Casablanca, Gibraltar). Affectée à la force U en prévision du débarquement en Normandie, la corvette se trouve le 2 juin au mouillage de Torbay où est préparé le convoi U3 ; elle appareille le 5 en direction de la côte française et a, les jours suivants, divers engagements avec l'aviation allemande.

Au cours des opérations de Normandie, et jusqu'au 31 juillet 1944, elle est rattachée au 108e groupe d'escorte, qui comprend en outre l'Aventure, l'Escarmouche et la Renoncule. A partir du 1er août 1944, l'Aconit mouille dans le port de Milford Haven mais participe encore à diverses opérations d'escorte de convois. Le 11 avril 1945, elle effectue son dernier grenadage.

Le 18 avril, la corvette entre en nettoyage de chaudières à Milford Haven, et y reste jusqu'au 8 mai. Au cours du mois de mai, l'Aconit va poursuivre ses escortes de convoi, et au 5 juin 1945 - date officielle de la fin des opérations navales dans les eaux européennes - elle aura escorté 116 convois, 2 750 bâtiments, effectué 728 jours de mer et parcouru 14 7101 milles. Après avoir accompli une mission d'escorte de LCT entre Cherbourg et Bordeaux au cours de l'été 1945, l'Aconit a été affectée à l'Ecole navale ; à ce titre, la corvette accomplit des sorties d'entraînement au profit des élèves de l'Ecole des EOR et de l'Ecole navale, service interrompu par un grand carénage du 15 novembre 1945 au 15 février 1946.

La corvette a été l'objet de plusieurs décorations, visant surtout à récompenser les actions de mars 1943, la croix de la Libération, la croix de guerre 1939-1945 et la médaille de la Résistance. Elle a par ailleurs fait l'objet d'un communiqué de l'amirauté britannique. La corvette Aconit a été restituée à la marine britannique le 30 avril 1947. Aujourd'hui, au sein de la marine nationale, la frégate Aconit est l'héritière des traditions de sa glorieuse aînée et a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 19 avril 1943
  • Croix de Guerre 1939-45 (2 palmes)
  • Médaille de la Résistance
Défilé du 1er Bataillon de fusiliers marins
Défilé du 1er Bataillon de fusiliers marins

LE 1ER BATAILLON DE FUSILIERS MARINS

Le 5 juillet 1940, l'amiral Muselier, nommé par le général de Gaulle au commandement des Forces navales françaises libres, décide de constituer une unité de fusiliers marins. L'arrivée à Londres depuis la fin juin 40 d'instructeurs et d'élèves de l'Ecole des fusiliers marins de Lorient facilite cette décision. Parmi eux, le maître-fusilier Le Goffic qui apporte avec lui la fourragère du drapeau de Dixmude et les fusiliers ColmayLe SantGuaffi, Rey, Frémeaux, PrzybylskiRoger....

Malgré la faiblesse des effectifs et la nécessité de compléter au plus vite les équipages des navires ayant rallié la France libre, le 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) prend corps, le 17 juillet, à bord du cuirassé Courbet à Portsmouth sous les ordres du lieutenant de vaisseau Détroyat. L'effectif est d'environ 250 hommes, officiers inclus, parmi lesquels les enseignes de vaisseau des MoutisAmyot d'InvilleTouchaleaume, Le Bourgeois.

Après quelques semaines d'entraînement au camp d'Aldershot, le Bataillon embarque à Liverpool à destination de Dakar (opération Menace) dans le but de rallier l'Afrique occidentale française à la France libre. Après l'échec de cette tentative, le 1er BFM débarque à Douala au Cameroun avant de participer activement aux opérations de ralliement du Gabon et à la prise de Lambaréné en novembre 1940.

L'unité organise ensuite la défense de Port-Gentil et de Brazzaville au Congo, prenant en charge l'administration générale du secteur, la levée et l'instruction de troupes africaines pour la France libre. Le 23 avril 1941, au terme d'un long périple qui l'oblige à faire le tour de l'Afrique, le bataillon arrive au camp de Qastina en Palestine où se regroupent les forces terrestres françaises qui se préparent à entrer en Syrie aux côtés des forces britanniques. A partir du 13 juin, le 1er BFM prend part aux opérations jusqu'à la prise de Damas le 20. Le bilan est lourd : les pertes s'élèvent à 40% des effectifs engagés et le commandant Détroyat a été tué (le lieutenant de vaisseau des Moutis le remplace), Amyot d'Inville et Touchaleaume sont blessés.

Promu capitaine de corvette, Amyot d'Inville prend à son tour le commandement du Bataillon qu'il transforme en unité de DCA, équipé dans un premier temps de matériel récupéré en Syrie puis en canons Bofors. Le Bataillon est ainsi chargé de la défense aérienne de la 1ère Brigade française libre du général Koenig, intégrée à la VIIIe Armée britannique.

Le Bataillon participe à tous combats de la Brigade dans les déserts libyen et égyptien : Halfaya (janvier 1942), Bir-Hakeim (mai-juin 1942), El Alamein (octobre l942). À Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942, au cours de quinze jours de combats ininterrompus, les fusiliers marins tirent 47 200 obus de DCA sur des avions ennemis, abattent 7 avions allemands et détruisent de nombreux véhicules de l'Afrika Korps. Après la sortie de vive force de Bir-Hakeim, le Bataillon est replié sur El Daba, puis envoyé au repos du Caire. Le 1er BFM reçoit une citation à l'ordre de l'armée alors que la croix de la Libération est attribuée à Hubert Amyot d'Inville et à l'enseigne de vaisseau Pierre Lehlé.

Fin octobre, le Bataillon, prend position à l'extrême sud de la ligne d'El Alamein avec la 1ère Division française libre chargée d'une attaque de "diversion" sur le massif de l'Himeimat qui lui fait face ; opération au cours de laquelle l'infanterie, aventurée dans un secteur où ni les canons antichars ni les blindés ne peuvent l'appuyer, subit le lourdes pertes. A l'issue de la bataille remportée par les Alliés, le Bataillon assure la couverture aérienne de la 1ère DFL au cours de la poursuite de l'Afrika Korps qui s'achève par la libération de la Tunisie en mai 1943.

 

LE 1ER RÉGIMENT DE FUSILIERS MARINS

Le 24 septembre 1943, le 1er BFM, ses effectifs gonflés par des volontaires provenant de la marine d'Afrique du Nord (en particulier radios et mécaniciens), devient le 1er Régiment de fusiliers marins (1er RFM), unité blindée de reconnaissance de la 1ère DFL sous le commandement du capitaine de corvette Amyot d'Inville.

Rééquipé sur matériel américain, il comprend 885 hommes dont 30 officiers répartis en quatre escadrons de combat commandés respectivement par BarberotSavaryBrasseur-Kermadec, Langlois puis Cadéac d'Arbaud et l'escadron hors rang par Sekutowitch.

Le 22 avril 1944, après un entraînement soutenu, le 1er RFM débarque à Naples au sein de la 1ère DFL, et s'insère dans le plan de bataille qui va, dès le 12 mai, entreprendre de rompre le front allemand qui barre toute l'Italie au sud de Rome. Après les violents combats sur le Garigliano, le RFM - qui est en avant garde de la Division sur trois axes - combat brillamment à Montefiascone et Radicofani. Il compte 61 tués dont Amyot d'Inville et 140 blessés.

Le 16 août 1944, sous le commandement du capitaine de corvette de Morsier, le Régiment débarque en Provence à Cavalaire, à la tête de la 1ère DFL. Après les combats pour la libération de Toulon et d'Hyères, l'unité remonte le Rhône, atteint Lyon évacuée par les troupes allemandes, puis Autun où l'escadron Savary entre après un dur accrochage au cours duquel cinq hommes sont tués et quatre blessés. Savary fait, à ce moment en Côte d'Or, la liaison avec des unités de la 2e DB (Leclerc) débarquée en Normandie. Le RFM poursuit son avance en direction des Vosges.

Le 27 septembre, l'escadron de chars mène l'attaque sur Clairegoutte avant de prendre Ronchamp le 8 octobre, puis Vescemont, Rougegoutte, Romagny et Rougemont-le Château le mois suivant. Se distinguent particulièrement dans ces opérations : l'enseigne de vaisseau Bokanowski, l'aspirant Vasseur et, aux côtés des marins, les hommes du 11e Cuir-Vercors qui ont été mis sous les ordres du 1er RFM.

Après la campagne Vosges, la 1ère DFL est envoyée sur le front de l'Atlantique pour réduire la poche de Royan, mais est rappelée d'urgence sur le front de l'Est pour faire face à l'offensive allemande de von Rundstedt en décembre 1944. En janvier 1945, les fusiliers marins se distinguent à nouveau en Alsace, à Herbsheim et Rossfeld, avant de poursuivre leur marche en avant victorieuse vers le Rhin. Retirée du front d'Alsace, la Division est affectée au détachement de l'armée des Alpes en avril 1945, dans le massif de l'Authion où le 1er escadron se distingue perdant dans l'offensive 5 officiers sur 6 et près de 50% des effectifs engagés

Entre octobre 1940 et mai 1945, l'ensemble 1er BFM / 1er RFM a perdu 195 hommes dont 12 officiers parmi lesquels 2 de ses commandants ; 200 croix de guerre, 70 médailles militaires, 32 Légion d'honneur et 31 croix de la Libération ont été décernés à ses hommes. Parmi ses morts, le matelot mécanicien GeorgesBrière, tué à Giromagny, été choisi pour reposer dans le caveau n° 8 de la crypte du Mémorial de la France combattante au Mont Valérien, où il représente le sacrifice de tous les marins morts pour la Libération de la France.

Le drapeau du 1er RFM compte 5 citations à l'ordre l'armée obtenues pour 1939-1945 avec attribution de la croix de la Libération, de la médaille de la Résistance et de la croix de guerre. En août 1945, le 1er RFM est remis à la disposition des autorités navales. Le drapeau, la mémoire et la tradition du 1er Régiment de fusiliers marins sont aujourd'hui confiés à l'Ecole des fusiliers de Lorient.

  • Croix de la Libération - décret du 12 juin 1945
  • Croix de Guerre 39/45 (5 palmes)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
Free France's naval arm – the Free French Naval Forces (FAFL) – was created on 1 July 1940. For exceptional feats in action, three of its units, two vessels and the First Regiment of Fusiliers Marins received the Cross of Liberation.
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