Musée de l'ordre de la Libération
médaillé

Victor Dupont

ALIAS : Vic Dupont

Médaillé avec rosette par décret du 31 Mars 1947
Date de parution au Journal officiel :
Date de naissance : 12 septembre 1909
Lieu de naissance : Charmes, 88 - Vosges, France
Côte du dossier : 1O62770

Biographie

Victor Dupont est né le 12 septembre 1909 à Charmes (Vosges). Lycéen à Louis-Le-Grand à Paris, il adhère aux Jeunesses patriotes. Il commence des études de médecine et devient externe des hôpitaux de Paris. Il effectue son service militaire en 1937 à l’hôpital du Val-de-Grâce, en tant que médecin auxiliaire. En 1939, il est mobilisé au 160e régiment d’infanterie de forteresse sur la ligne Maginot mais, en mars 1940, il est rappelé au Val-de-Grâce où il passe sa thèse de doctorat. Il est fait prisonnier à Paris lors de l’entrée de la Wehrmacht dans la ville. Interné comme prisonnier de guerre à Melun, il est libéré le 13 décembre 1940 sur intervention du Service de santé des armées. 

Il reprend ses fonctions hospitalières et prépare le concours de l’internat des Hôpitaux. Il retrouve ainsi des camarades, dont François Wetterwald qui vient de passer six semaines en prison en zone Sud après avoir essayé de franchir la ligne de démarcation dans l’espoir de gagner l’Angleterre. Partisan de la poursuite du combat en France, Vic-Dupont est recommandé au Service de renseignement (SR) Air de Vichy par l’un des directeurs des Frères des Ecoles chrétiennes. Il convainc des camarades et des relations (dont des étudiants en médecine et de jeunes médecins) de travailler avec lui à la collecte de renseignements puis à une filière de recueil et d’évasion d'aviateurs et de parachutistes alliés abattus au-dessus de la région parisienne. Cette organisation prend le nom de Vengeance et comprend trois "filiales" : action, évasion et renseignement. A la suite de l’invasion de la zone Sud en novembre 1942, le SR Air part pour Alger et Vic-Dupont perd ses contacts. Entre temps, il a réussi le concours de l’internat des hôpitaux de Paris (1941), tout comme Wetterwald. Il travaille et vit dorénavant au sein de la Salpêtrière où les Allemands, qui l'ont repéré, cherchent à l’arrêter. S’étant enfui avec l’aide d’un camarade, il entre alors totalement dans la clandestinité. 

En janvier 1943 sont créés les corps francs Vengeance dont le commandement est confié au Dr François Wetterwald. Vic-Dupont assure la direction du réseau de renseignement et la coordination de l’ensemble des groupes. Vengeance aurait alors compté 150 membres. Mais, privé d’appui, de ressources et persuadé de la fragilité des organisations de Résistance, Vic-Dupont décide d’arrimer son organisation au mouvement Ceux de la Libération (CDLL), qui jouit de plusieurs contacts éminents dans les hôpitaux parisiens. Il entre en relation avec le fondateur de CDLL, Maurice Ripoche, bientôt arrêté. Au printemps 1943, il rencontre son successeur, Roger Coquoin dit Lenormand et ils s’entendent avec lui pour une fusion de leurs deux organisations. En septembre 1943, le colonel Passy convoque Vic-Dupont à Londres. A la suite de plusieurs tentatives infructueuses, l’opération maritime est annulée et Vic-Dupont repart pour Paris. Les revers qui frappent CDLL se répercutent sur leurs nouveaux associés. 

Arrêté à la suite d’une trahison, le 9 octobre 1943 à la gare Montparnasse, Vic-Dupont est emmené pour interrogatoire rue des Saussaies puis avenue Henri-Martin. Il est ensuite interné à Fresnes puis à Compiègne avant d’être déporté à Buchenwald le 24 janvier 1944. D’abord employé aux travaux de force, il fait valoir ses compétences de pneumologue et travaille dès lors à l’infirmerie sous les ordres de médecins allemands. Il témoignera de ce qu'il a vu au procès de Nuremberg en janvier 1946. Il est libéré le 11 avril 1945 et rapatrié le 23. 

Victor Dupont a été homologué au grade de chef de mission de 1ère classe (lieutenant-colonel) au titre du réseau Turma-Vengeance. Le 31 mars 1947, il est décoré de la médaille de la Résistance avec rosette. Après la guerre, il achève son internat et accompli une carrière hospitalo-universitaire. D’abord pneumologue, il est ensuite professeur et chef de service en anesthésie-réanimation à l’hôpital Claude-Bernard, spécialisé dans le traitement des maladies infectieuses. En 1966, il publie un « Que-sais-je », intitulé La Maladie infectieuse et dirige de 1970 à 1973 L’Année en réanimation médicale. Il est mort à Paris en 1976.

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