Marie-Charles Maximin Lucien Gabriel ARNOULD
ALIAS : Leclerc
Biographie
Charles Arnould naît le 29 novembre 1901 à Toul. Son père est tué le 5 octobre 1914 à la tête du 44e bataillon de chasseurs. Saint-Cyrien, affecté dans l’arme blindée, il commande la 2e compagnie du 17e bataillon de chars de combat durant la campagne de 1940. En juillet 1940, il est chef d’état-major du colonel commandant le 1er régiment de cuirassiers motorisés. Trois fois cité, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur pour ses faits de guerre. En octobre 1940, il est détaché comme instructeur aux écoles militaires d’infanterie (Saint-Cyr et Saint-Maixent) repliées à Aix-en-Provence. Il conserve cette fonction jusqu’à la dissolution de l’armée d’armistice en décembre 1942.
Dès septembre 1940, il se consacre au camouflage de matériel et d’armement dans la région de Tarbes. En 1941, il porte assistance à un officier polonais de la Royal Air Force arrêté par la gendarmerie française et détenu à Aix-en-Provence, facilitant son évasion. Au cours de l’année 1942, il établit des faux-papiers militaires à des prisonniers évadés, délivre de faux états civils à des militaires alsaciens-lorrains recherchés par les Allemands et recueille des renseignements sur les troupes ennemies.
Lorsque la zone libre est envahie en novembre 1942, il organise l’évacuation et le camouflage de tout le matériel de sa compagnie aux écoles militaires d’Aix-en-Provence. Une partie importante des armes échappe ainsi aux recherches allemandes.
En 1943, après plusieurs tentatives infructueuses de passage en Afrique du Nord pour rejoindre les Forces françaises libres, il se consacre pleinement à l’action clandestine. Il mène une active propagande nationale, dépiste des agents ennemis et collabore avec le capitaine Pauly, alias Pierson, chef de l’organisation clandestine de sécurité militaire à Nancy. Avec lui, il contribue à la recherche du renseignement et à l’implantation d’un service structuré dans les Vosges. Il offre également son aide à des prisonniers évadés, notamment russes, qu’il abrite et protège.
L’année 1944 marque une intensification de son action. Charles Arnould organise les secteurs des Forces françaises de l’intérieur (FFI) dans le département des Vosges, plus particulièrement au sein du groupement II, zone sud. Il recrute et encadre les hommes, mobilise et entraîne les unités, met en place des maquis et commande celui de Grandrupt, organise les parachutages et dirige des coups de main contre les troupes d’occupation. Ces actions s’effectuent souvent en liaison avec les détachements de parachutistes britanniques du 2e SAS dans la région de Darney.
Selon une attestation délivrée par Gilbert Grandval, ancien chef des FFI de la région C, le chef d’escadrons Arnould a tout d’abord été adjoint au chef de la sécurité militaire de la région de Nancy puis chef de la sécurité militaire du département des Vosges de mars 1943 à juin 1944. Après le Débarquement, il devient chef d’un secteur regroupant environ 5000 hommes.
Le 7 septembre 1944, il prend part à un violent combat contre des forces importantes de SS, soutenues par de l’artillerie et des autos-mitrailleuses. Craignant de lourdes représailles contre la population civile, les maquisards déposent les armes et sont arrêtés. Une centaine d’hommes parvient néanmoins à s’échapper dans les bois voisins. Le soir du 7 septembre 1944, les maquisards arrêtés arrivent en camion à la prison de la Vierge, à Epinal. Ils repartent le 10 septembre, en train cette fois, dans des wagons verrouillés pour Schirmeck. Ils quittent ce camp le 16 septembre, entassés dans des camions, à destination de l’Allemagne, via Strasbourg et le pont de Kehl, jusqu’à Gaggenau. Début octobre 1944, ils sont transférés à pied jusqu’à Rastatt. A la mi-octobre, le groupe se scinde, et une grande partie des maquisards, dont Charles Arnould, part pour Dachau. Arrivé au camp au moment où une épidémie de typhus conduit les autorités à isoler les malades, Arnould obtient, aux côtés d’Edmond Michelet, l’autorisation de leur apporter un soutien matériel et moral. Comme Michelet, il contracte cette terrible maladie.
Libéré par les Alliés le 29 avril 1945, il reprend sa carrière militaire au sein de la 2e DB, puis à la grande chancellerie de la Légion d’honneur comme directeur du cabinet du grand chancelier. Il quitte l’armée alors qu’il occupe le poste d’attaché militaire à l’ambassade de France à Tunis.
Par la suite, il se consacre à la mémoire de la Résistance et de la Déportation. Par décret du 30 octobre 1962, il est nommé membre de la commission de la médaille de la Résistance française. Président de l’amicale des anciens déportés de Dachau, il devient en 1972 président de l’association nationale des médaillés de la Résistance française, fonction qu’il transmet à Jean-Jacques de Bresson en 1985. Charles Arnould est également membre du comité directeur du Comité d’action de la Résistance.
Grand’croix de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance avec rosette (décret du 31 mars 1947), décoré de la croix de guerre avec cinq citations et de la croix de la Valeur militaire, le colonel Charles Arnould s’éteint le 24 octobre 1987 à Paris.

