Henri Marie Joseph BOURDEAU DE FONTENAY
Biographie
Henri Bourdeau de Fontenay est né le 4 mai 1900 à Chartres (Eure-et-Loir). Engagé volontaire en 1917, il intègre l’école des élèves aspirants d’Issoudun en 1918, puis participe à la campagne de Syrie-Liban en 1919. Avocat au barreau de Paris de 1928 à 1944, il est également secrétaire de la Conférence du stage des avocats à la cour d’appel de Paris en 1929-1930. Après avoir servi comme capitaine d’infanterie en 1939-1940, Henri Bourdeau de Fontenay sollicite un départ pour l’Algérie en août 1940, mais il est menacé d’arrestation par le commandant du Deuxième Bureau de l’état-major de la 17e région à Toulouse. Démobilisé à Nérac (Lot-et-Garonne), il revient à Paris en septembre 1940 et reprend son activité d’avocat.
En octobre 1940, il rejoint le réseau SR Kléber grâce à son ami Serge Depret-Bixio, officier attaché au Deuxième Bureau. Il y travaille comme agent P2 jusqu’au 27 octobre 1942, date de l’arrestation de Depret-Bixio et de plusieurs autres membres du réseau. Il cesse alors tout contact avec celui-ci. Entre-temps, en septembre 1941, il passe clandestinement en zone libre afin d’accomplir une mission pour le réseau SR Marine à Marseille.
Après la dislocation du réseau Kléber, Henri Bourdeau de Fontenay agit de manière isolée en transmettant des renseignements au SR Marine, en participant à la diffusion du journal Le Palais Libre et en fournissant des informations sur l’activité du Majestic à son ami russe, membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), Igor Krivocheine.
En mai 1943, il prend contact avec le mouvement Ceux de la Résistance (CDLR) par l’entremise de son confrère du barreau, maître Paul Arrighi. Dès lors, il milite à Paris sous le pseudonyme de Saint-Just, en lien étroit avec Jean de Vogüe, Léo Hamon et Pierre Stibbe. Rapidement, il rejoint le comité directeur de CDLR. Il y est chargé de l’organisation militaire de la région parisienne ainsi que du secteur maquis de la zone Nord. C’est lui qui fait entrer Roger Cocteau-Gallois au sein du mouvement.
En septembre 1943, Bourdeau de Fontenay devient membre du bureau du Comité parisien de libération (CPL) en tant que représentant de CDLR. À la fin de l’année 1943, après l’arrestation de Pierre et Paul Arrighi, il reconstitue CDLR avec Jean de Vogüe, en attendant le retour de Jacques Lecompte-Boinet, alors à Londres puis à Alger.
En avril 1944, Henri Bourdeau de Fontenay est envoyé en Normandie par Alexandre Parodi afin d’y organiser l’administration française de l’après-libération. Il prend alors contact avec les Comités départementaux de libération et les responsables des Forces françaises de l’intérieur (FFI) placés sous son autorité, puis installe son poste de commandement à Louviers (Eure).
En mai, il revient à Paris pour rencontrer Schweitzer au sujet du Noyautage des administrations publiques (NAP). Il échappe de peu à un guet-apens dans lequel ce dernier est pris, puis retourne en Normandie où il exerce les fonctions de commissaire de la République à Rouen jusqu’en janvier 1946.
Henri Bourdeau de Fontenay devient en 1946 le premier directeur de l’École nationale d’administration. Conseiller d’État à partir de 1963, il fut également membre du Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur. Il siégea dans de nombreux conseils et comités liés à la fonction publique, à l’administration et aux sciences politiques, en France comme à l’étranger. Il fut également membre de la Commission française pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et du Centre national de la recherche scientifique.
Médaillé de la Résistance avec rosette par décret du 16 juin 1946, Henri Bourdeau de Fontenay est décédé le 1er janvier 1969 à Paris 16e.

