Georges BROUSSINE
Biographie
Georges Broussine est né le 19 février 1918 à Paris (XIIe arrondissement). En août 1940, il est aspirant d'infanterie affecté au 32e régiment d'infanterie à Loches (Indre-et-Loire). Le 2 novembre 1940, il quitte l'armée d'armistice avec pour objectif de rejoindre De Gaulle en Angleterre. De zone libre, avec son compagnon Henri Boileau, ils essayent d'abord de passer à Gibraltar en passant par l'Algérie et la côte marocaine. Ils se font refouler. De retour à Marseille, ils décident de passer par les Pyrénées. En dépit de nombreux essais avortés, d'attentes vaines, d'échecs, ils persévèrent inlassablement dans leurs recherches d'une filière d'évasion.
En même temps, ils entrent en contact avec des responsables de la résistance marseillaise. De janvier 1941 à octobre 1942, ils travaillent en effet pour le mouvement Liberté, au contact de François de Menthon, de Roquebrune, d'André Philip et de Roger Nathan. Broussine agit alors sous le pseudonyme de "Marsenais" ; il participe à la réalisation du journal Liberté, au recrutement et aux liaisons de l'organisation.
Arrêtés à deux reprises, ils sont mis en relation en 1942 avec le réseau Pat O’Leary, franchissent les Pyrénées et gagnent Gibraltar, puis Londres. Le 10 septembre 1942, ils signent leur engagement dans les Forces françaises libres (FFL). Boileau part rejoindre un commando français aux Etats-Unis. Broussine, quant à lui, intègre le bureau central de renseignement et d’action (BCRA).
Après un entraînement, il reçoit pour mission de retourner en France afin d’organiser le réseau Bourgogne, chargé d’évacuer les aviateurs alliés abattus en territoire occupé. Déposé par Halifax près de Tours le 19 février 1943, il part pour à Paris, où il met sur pied une structure sûre et efficace : hébergement, faux papiers, filières d’acheminement vers les Pyrénées.
En avril 1943, deux mois après l'atterrissage de Broussine, Bourgogne est totalement opérationnel. Très rapidement, il devient un réseau d’évasion majeur. Entre avril 1943 et juin 1944, près de 350 aviateurs alliés sont rapatriés vers l’Angleterre grâce à ses filières de Foix, Perpignan et Pau-Mauléon.
Broussine tente également de développer une voie maritime : le Breitz-Izel quitte Douarnenez en janvier 1943 avec trente-deux passagers, dont quinze aviateurs, et parvient en Angleterre. Il collabore aussi avec le réseau Shelburn, qui permet d’autres évacuations par la côte bretonne.
En juin 1944 les convois d’aviateurs vers l'Espagne deviennent impossibles. Le BCRA demande à Broussine d'organiser un maquis d'aviateurs au sud de la Loire. Après avoir repéré un terrain près de Tours, Broussine doit retourner à Londres pour y prendre des instructions. Il est arrêté en essayant de franchir les lignes allemandes en Normandie. Il parvient à s'évader et regagne Paris. Le 7 août, il part pour Londres par un avion qui vient le chercher près de Mâcon. Il n'assistera pas à la libération de Paris et ne rejoindra la France que le 29 août.
Après la Libération, il procède à la liquidation du réseau Bourgogne, qui comptera environ 350 membres homologués. Démobilisé en 1945, il est décoré de la médaille de la Résistance avec rosette le 31 mars 1947. Elu conseiller municipal de Paris, il devient ensuite journaliste, dirige l’Agence parisienne d’Information et préside la Presse diplomatique française de 1981 à 1984. Il décède le 31 octobre 2001 à Paris.

