Eric Louis ALLEGRET
Biographie
Né à Paris le 27 février 1896, Eric Allégret est le fils d’un pasteur, précepteur d’André Gide. Pendant la guerre de 1914-18, il se distingue à Verdun puis au Chemin des Dames, alors qu’il est sous-lieutenant au 24e régiment d’infanterie. Il termine le conflit avec le grade de lieutenant et deux citations.
En 1929, il s’installe en Afrique occidentale, où il exploite une bananeraie. Il sert comme lieutenant de réserve au bataillon de tirailleurs sénégalais n°4 en Guinée. Promu capitaine de réserve le 10 juillet 1939, il est rappelé au service lors de la mobilisation générale du 2 septembre 1939. De novembre 1939 à août 1940, il commande la subdivision de la région forestière en Guinée.
À la fin août 1940, le capitaine Allégret entreprend avec ses compagnons un périple de près de mille kilomètres, utilisant successivement camions, pirogues et train pour rejoindre Freetown le 5 septembre. Il s’engage alors dans les Forces françaises libres en Sierra Leone et, dix jours plus tard, est promu chef de bataillon de réserve. À Freetown, il organise un comité gaulliste dès le 28 octobre 1940 en qualité de délégué du général de Gaulle.
Eric Allegret est condamné à mort le 12 septembre 1941 par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand pour avoir rallié les Forces françaises libres (FFL). Le 27 janvier 1942, le gouvernement de Vichy le déchoit de la nationalité française. Son nom figure ensuite, dans un rapport daté du 15 juin 1942, parmi les « dissidents » accusés de menées antinationales en Afrique occidentale française, en tant que chef de mission des FFL en Sierra Leone.
Appelé à Londres en mars 1942, il signe officiellement son acte d’engagement dans les Forces françaises libres le 18 mars, celui-ci confirmant que ses services effectifs ont débuté le 5 septembre 1940. Affecté au 3ᵉ bureau du cabinet du commissaire national à la Guerre, il rejoint le 27 décembre 1943 le cabinet militaire du commissaire à la Guerre et à l’Air.
Le lieutenant-colonel de réserve Eric Allégret est décoré de la médaille de la Résistance française par décret n°1124 du 29 mai 1943 (transformé en rosette par décret du 24 avril 1946) avec le motif suivant : « A été chef de mission à Freetown (novembre 1940 à janvier 1941) et qui s’est évadé de Guinée en emmenant sa compagnie. » Le 13 avril 1944, il devient membre de la commission de la médaille de la Résistance.
Promu lieutenant-colonel de réserve le 25 mars 1944, il est affecté comme chef-adjoint au cabinet militaire du général de Gaulle à Alger puis à Paris.
Le 7 novembre 1945, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en reconnaissance de son engagement dans la France libre.
Après la guerre, il reprend son exploitation en Guinée et préside l’Assemblée territoriale de Guinée française de 1953 à 1957. Il fonde et préside également la Fédération bananière de Guinée française, ainsi que l’Organisation commerciale de la production fruitière d’Afrique occidentale française, dont il est vice-président.
Rentré en France en 1960 après l’indépendance de la Guinée, il s’installe dans la propriété familiale de Charmes-la-Grande, dont il est élu maire en 1965. Le décès du général de Gaulle affecte beaucoup le colonel Allégret qui meurt le 20 décembre 1971 à Nancy.

