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Marie Hackin
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Marie Hackin

Corps féminin de la France Libre

Marie Hackin, Parmentier de son nom de jeune fille, est née le 7 septembre 1905, troisième d’une famille de cinq enfants, à Rombas en Moselle annexée par l’Allemagne. Son père, Jean Parmentier, luxembourgeois, y avait émigré en 1894 pour y trouver un emploi de chef de triage.

Marie fait sa scolarité à Rombas avant que sa famille déménage en 1924 à Ars-sur-Moselle où Jean Parmentier devient cafetier. Marie Hackin, surnommé Ria, devient auditrice libre à l’École du Louvre à Paris et en septembre 1928, elle épouse Joseph Hackin, archéologue et philologue, conservateur au musée Guimet depuis 1923. Dès lors, elle est étroitement et remarquablement associée aux recherches de son mari, aussi bien dans le cadre de ses missions en Orient que dans ses travaux scientifiques au musée Guimet.

En 1929 et 1930 avec Joseph, Ria séjourne pour la première fois en Afghanistan au sein de la Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA). En 1930, elle s’installe à Tokyo où son mari dirige la maison-franco japonaise. Alors que Joseph Hackin doit rejoindre en Afghanistan la mission Citroën Centre Asie (la Croisière jaune) en qualité d’archéologue, Marie retourne en France en mars 1931. A Paris, elle fréquente grâce à René Grousset, adjoint de Joseph en charge du musée Guimet, les collègues et « maîtres » de son mari : Sylvain Lévi, Alfred Foucher et Paul Pelliot avant de regagner Tokyo en 1932.

En octobre 1934, les époux Hackin entament leur seconde mission commune en Afghanistan. Ils fouillent à Khair-Khaneh puis effectuent une reconnaissance au Séistan. En janvier 1935, ils rentrent en France.

En 1936 et 1937, Ria et Joseph repartent pour l’Afghanistan et mènent de nombreuses fouilles. Ria dirige notamment -sous la direction de son mari- un des deux chantiers de fouilles du site de Begram à 60 km de Kaboul lors du premier semestre 1937. C’est elle qui met à jour le « trésor de Begram » enfoui au IIIe siècle pour le protéger. La plupart des pièces (128 objets ou fragments) sont des verres, ou bronzes d’art gréco-romains, des laques chinois et des ivoires indiens. Ces pièces attestent de la rencontre des arts eurasiatiques entre la Chine, l’Inde et la Grèce.

En 1937 Ria filme, d'abord en noir et blanc puis en couleur, les sites archéologiques et les paysages afghans. Elle présente ce film documentaire au Luxembourg le 14 novembre 1938 après avoir accompagné Joseph en Suède, à Berlin puis à Amsterdam pour une série de conférences.

En avril 1939, les Hackin repartent pour Kaboul et reprennent avec Jean Carl architecte de la DAFA et Jacques Meunié, les fouilles à Begram. Très attachée à l’Afghanistan Marie qui s’intéresse aux légendes et coutumes locales en prépare un recueil avec Ahmad Ali Kohzad, traducteur de la DAFA, qui paraîtra en 1953.

En septembre 1939, Joseph Hackin est mobilisé comme capitaine, puis comme commandant, attaché à la Légation de France à Kaboul. Refusant l’armistice, après avoir adressé, le 5 juillet 1940, un message d’adhésion au général de Gaulle, les époux Hackin avec Jean Carl et André Beaudouin quittent Bombay à destination de Londres, où ils parviennent en octobre 1940.

Marie participe à la mise sur pied Corps féminin de la France libre dans lequel elle sert comme sous-lieutenant, avec les premières volontaires dès le 7 novembre. Elle est une des trois volontaires nommé officier avec Gioia Burdet et Simonne Matthieu qui en prend le commandement. Elle reçoit une formation militaire à l’OCTU (Officer Cadet Training unit).

Désignée pour accompagner son mari, chargé du Département des Affaires extérieures, dans une longue mission en Asie, elle embarque le 20 février 1941. Le cargo qui les transporte, le Jonathan Holt, est torpillé le 24 février 1941. Les époux Hackin disparaissent en mer, entre l’Ecosse et les îles Féroé.



• Compagnon de la Libération - décret du 13 mai 1941
• Croix de Guerre 1939/45 avec palme
• Médaille Commémorative 39-45

Publication :

• Avec Ahmad Ali Kohzad, Légendes et coutumes afghanes, publications du Musée Guimet, Presses universitaires de France, 1953.

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