Musée de l'ordre de la Libération

Les collections

Parce qu’un musée d’histoire contemporaine est constitué d’objets qui témoignent que « l’histoire a eu lieu » mais également d’archives et de photographies sans lesquelles la contextualisation est impossible, parce que le musée de l’Ordre détient aussi dans ces domaines des collections d’une grande richesse, il nous a semblé intéressant d’élargir désormais à ces trois domaines la rubrique de « L’objet du mois », en laissant à ceux qui en ont la charge directe le soin de les choisir et de les commenter. 

Dans le but de valoriser ses collections et d’accroitre son rayonnement, le musée de l’Ordre de la Libération met progressivement en ligne ses collections sur le portail des collections.

L'objet du mois par Lionel Dardenne, assistant de conservation
Insigne du Léopard N° d’inventaire : N2030
© Musée de l'Ordre de la Libération

Il y a 85 ans, le contre-torpilleur Léopard apportait son premier succès aux Forces navales françaises libres (FNFL) sur un bâtiment de guerre ennemi.  Pendant la bataille de l’Atlantique, lors d’une mission d’escorte le 24 février 1941, il parvient à protéger les cargos de son convoi en repoussant victorieusement un sous-marin allemand. Lancé en septembre 1924, le Léopard participe aux combats de mai 1940. D’abord saisi par les Britanniques après l’armistice, il rejoint les FNFL en août. Durant l’une de ces escortes anti-sous-marines, le contre-torpilleur contribue à couler le U-Boot U-136 au large de Madère le 11 juillet 1942. En novembre 1942, le Léopard prend part activement au ralliement de l’île de la Réunion à la France libre. De retour en Méditerranée, le bâtiment s’échoue au large des côtes libyennes en mai 1943. Le Léopard est médaillé de la Résistance française par décret du 29 novembre 1946.

La photographie du mois par Béatrice Parrain, responsable des collections photographiques
Photographie anthropométrique de Maurice Ripoche.
© Musée de l'Ordre de la Libération / Fonds Ripoche

Cette photographie de face et de profil est prise en mars 1943, après l’arrestation de Maurice Ripoche, fondateur et chef national du mouvement de résistance de zone nord   Ceux de la Libération. Conforme aux standards de l’identification policière de l’époque, elle s’inscrit dans la chaîne administrative de la répression mise en œuvre sous l’Occupation.

Interné en Allemagne et condamné à mort par le Tribunal du peuple, Maurice Ripoche est exécuté par décapitation le 24 juillet 1944 à la prison de Cologne. Par décret du 3 août 1946, la médaille de la Résistance française avec rosette lui est décernée à titre posthume.

L’anthropométrie judiciaire, méthode d’identification mise au point dans les années 1870 par Alphonse Bertillon, repose sur des fiches individuelles combinant ce type de photographie, des mesures corporelles (taille, longueur des membres, etc.), la description de signes particuliers et la prise des empreintes digitales. Son usage décline progressivement avant de disparaître complètement après 1970.

Ce visuel fait partie d’un important fonds photographique donné par la famille de Maurice Ripoche en 2023.

L'archive du mois par Roxane Ritter, responsable des archives et du centre de recherche

Issus du travail administratif du bureau Résistance, les 600 000 dossiers qui forment la sous-série GR 16 P concernent des personnes dont les services de résistance ont été homologués, ou non, au titre des Forces française libres (FFL), des Forces françaises intérieures (FFI), des Forces françaises combattantes (FFC), des déportés et internés résistants (DIR) ou de la Résistance intérieure française (RIF). 

Conservé au Service historique de la Défense de Vincennes, ces dossiers représentent une ressource de premier ordre pour l’étude des parcours des Compagnons de la Libération et des médaillés de la Résistance française, et apportent parfois des éléments déterminants pour les résistants dont le parcours nous est quasiment méconnu.

C’est le cas du Compagnon béninois Wabi Ogoussi. Plusieurs documents de son dossier GR 16P 449 267, complétés par sa femme, ont ainsi permis de mettre en évidence une erreur d’identité civile. Décoré par décret du 14 novembre 1944 sous le patronyme de Wabi et le prénom d’Agoussi, le Compagnon portait en fait le nom Ogoussi et le prénom Wabi. L’identité du Compagnon a ainsi pu être corrigée en 2022.

Extrait du dossier GR16P449267, SHD
© Musée de l'Ordre de la Libération
Extrait du dossier GR16P449267, SHD
© Musée de l'Ordre de la Libération
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