En savoir plus sur la médaille de la Résistance française

La réflexion du général de Gaulle sur l’opportunité de donner le jour à une nouvelle décoration le conduit, le 19 juillet 1942, à créer une commission pour « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l’Empire et à l’étranger, auront contribué à la résistance du peuple français contre l’ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940. »

« Pour obtenir l’Ordre de la Libération, il est nécessaire d’avoir à son actif une action d’éclat véritablement exceptionnelle. Le brave ingénieur X ne me parait pas dans ce cas. Toutefois une décoration intermédiaire est actuellement à l’étude pour laquelle je vous prie de me proposer monsieur X en temps utile ». Général de Gaulle, le 12 mars 1942.

La réflexion du général de Gaulle sur l’opportunité de donner le jour à une nouvelle décoration le conduit, le 19 juillet 1942, à « créer une commission ayant pour objet d’étudier la création d’une décoration destinée à récompenser les mérites des personnes ayant eu une part effective et importante dans le ralliement des territoires à la France combattante ».

Le 20 août 1942, la commission arrête son choix sur l’appellation médaille de la Résistance française.

La médaille de la Résistance française est instituée, à Londres, par ordonnance du 9 février 1943 du général de Gaulle, "chef de la France combattante". Son objet est de "reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l'Empire et à l'étranger, auront contribué à la résistance du peuple français contre l'ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940." C'est la seconde, et seule, décoration créée, après l'Ordre de la Libération, pendant la guerre, par le général de Gaulle.

A l’origine conçue sans grade, la médaille de la Résistance connaît juste après la guerre une évolution avec la création du grade d’officier. Il est apparu, en effet, que la médaille de la Résistance récompensait des mérites de valeur inégale. C’est pourquoi on envisage début 1945 la création d’un grade d’officier destiné à ceux qui se sont « signalés par l’importance des services rendus ou par la gravité des risques courus ». Ainsi, par ordonnance du 2 novembre 1945, la médaille de la Résistance avec rosette peut désormais être attribuée.

Ceux qui ont déjà reçu la médaille de la Résistance sont susceptibles de recevoir ce nouveau titre, la transformation fera l’objet d’un décret. Seuls 4572 individus se verront décerner cette décoration.

Cette même ordonnance du 2 novembre 1945 précise, qu’exceptionnellement, la médaille peut être décernée aux étrangers.

La médaille de la Résistance française n'a été décernée que par décret du chef de la France combattante, du président du Gouvernement provisoire de la République puis, à partir du 1er janvier 1947, du président de la République. Elle n'est plus attribuée depuis le 1er avril 1947, sauf au titre de la Résistance en Indochine, pour laquelle le délai a été prorogé jusqu'au 31 décembre 1947 et peut encore être attribuée, à titre posthume, dans les mêmes conditions, mais uniquement à des personnes tuées pendant la guerre.

A ce jour, la médaille de la Résistance française a été attribuée à 65068 personnes physiques dont 25646 à titre posthume, à 22 unités militaires, 18 collectivités territoriales et 15 collectivités civiles.

Les caractéristiques de la médaille sont fixées par le décret n°774 du 9 février 1943. C’est une médaille en bronze, du module de 37 millimètres portant à l’envers un bouclier frappé de la croix de Lorraine avec en exergue : 18 juin 1940 et au revers :  PATRIA NON IMMEMOR (La patrie n’oublie pas). Les couleurs du ruban rouge et noir symbolisent le deuil et le sang versé pour la liberté. Dans l’ordre de préséance des décorations, la médaille de la Résistance figure en 10ème position.

L'ordonnance du 10 août 1945, confirmée par la loi du 26 mai 1999 et par le décret du 15 novembre 2005, fixant l'avenir de l'Ordre de la Libération, a consacré le lien organique entre cet ordre et la médaille de la Résistance française.

En premier lieu c'est sous l'autorité du délégué national de l’Ordre de la Libération, qui en assure de droit la présidence, qu'est placé le secrétariat de la Commission nationale de la Médaille. La Commission est un organisme officiel dont les membres sont nommés par décret du président de la République. Sa compétence est d'assurer la discipline des médaillés. C'est sur sa proposition exclusive (sauf cas d'urgence pendant la guerre) qu'était décernée la décoration. Il est encore aujourd'hui de son ressort de proposer l'attribution de la médaille à titre posthume. Elle gère le fichier des médaillés.

En second lieu, l'Ordre de la Libération a pour mission d'assurer la mise en œuvre de toutes mesures "en vue de conserver la mémoire de l'Ordre de la Libération, de ses membres et des médaillés de la Résistance française" et de participer à l'aide morale et matérielle aux Compagnons de la Libération, aux médaillés de la Résistance française et à leurs veuves et enfants.

Enfin, et d'une manière générale, l'Ordre de la Libération "(…) assure le service de la médaille de la Résistance française".

Afin de faire vivre et de transmettre la mémoire de la Résistance française, l'association nationale des communes médaillées de la Résistance française a été créée en 2013.

© Musée de l'Ordre de la Libération
© Musée de l'Ordre de la Libération
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