Musée de l'ordre de la Libération
Emmanuel ASTIER DE LA VIGERIE (d')

Emmanuel ASTIER DE LA VIGERIE (d')

ALIAS : Bernard - Bertrand - Merlin - Darthez

Né(e) le 06 Janvier 1900 - Paris (75008 VILLE DE PARIS FRANCE)
Décèdé(e) le 12 juin 1969 - Paris (75000 VILLE DE PARIS FRANCE)
Compagnon de la Libération par décret du 24 Mars 1943
Les Unités / Réseaux / Mouvements d'appartenance du Compagnon :

Biographie

Fils d’un polytechnicien officier d’artillerie, Emmanuel d'Astier de la Vigerie est né le 6 janvier 1900 à Paris (8e). Ses frères aînés Henri et François sont tous deux également Compagnon de la Libération.

Après des études au lycée Condorcet, puis à l'école Sainte-Geneviève à Versailles, il entre à l'Ecole navale en 1918. Il démissionne de la marine en 1927 et se lance dans l’écriture avant d'entamer, à partir de 1934, une carrière de journaliste publiant dans Marianne, et dans l'hebdomadaire Vu en particulier.

Mobilisé en août 1939 au centre de renseignements maritimes de Lorient, il rejoint, en juin 1940, le 5e Bureau replié à Port-Vendrès avant d'être démobilisé le mois suivant.

Dès septembre 1940, refusant l'armistice, il fonde dans le sud de la France l'organisation La Dernière Colonne, qui se destine au sabotage.

Après l'arrestation du co-fondateur, Edouard Corniglion-Molinier, en décembre 1940, il gagne Clermont-Ferrand où règne une atmosphère favorable à la Résistance, notamment au sein de l'équipe de rédaction de La Montagne.

En janvier 1941, La Dernière Colonne étant décimée par les arrestations, il entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de Bernard.

Il crée en juin 1941, avec Jean Cavaillès notamment, le mouvement Libération qui, avec Combat et Franc-Tireur, deviendra l'un des trois plus importants mouvements de résistance de la zone sud. Libération recrutant le plus souvent ses membres dans les milieux syndicaux (CGT) et socialistes. A la tête de du mouvement il fait paraître affiches, tracts et le journal du même nom dont le premier numéro paraît en juillet 1941.

En janvier 1942, une liaison est établie avec Londres par Yvon Morandat, représentant du général de Gaulle, puis par Jean Moulin qu'Emmanuel d'Astier rencontre pour la première fois. En mars a lieu la première réunion, à Avignon des responsables de Libération, Combat et Franc-Tireur sous la présidence de Jean Moulin.

Emmanuel d'Astier effectue lui-même, par sous-marin, une mission à Londres en mai 1942 au cours de laquelle il rencontre le général de Gaulle. Envoyé en mission à Washington, en juin 1942, il est chargé de négocier auprès de Roosevelt la reconnaissance de la France libre.

Il repart pour la France à bord d'un chalutier en juillet 1942, avec le titre de chargé de mission de 1ère classe, équivalant au grade de lieutenant-colonel.

En novembre 1942, après un deuxième voyage à Londres, il regagne la France avec Henri Frenay et est désigné pour siéger au Comité de coordination des Mouvements de Résistance qui devient, en janvier 1943, le Directoire des Mouvements unis de Résistance (MUR) dont il est le commissaire aux affaires politiques. Il est par ailleurs l'auteur de La Complainte du Partisan sur une musique d'Anna Marly.

Emmanuel d'Astier repart pour Londres en avril 1943, et, retourne en métropole en juillet 1943, à la suite de l'arrestation de Jean Moulin.

De retour à Londres en octobre 1943, il prend les fonctions de commissaire à l'Intérieur du Comité français de la Libération nationale (CFLN) à Alger à partir de novembre 1943. Emmanuel d'Astier est membre du COMIDAC, Comité d'action en France, institué en septembre 1943 à Alger et chargé de définir la stratégie et les crédits affectés à l'action de la résistance métropolitaine. Dans ce cadre, il rencontre Churchill à Marrakech en janvier 1944 pour lui demander des armes pour la Résistance.

A partir de la création du Gouvernement provisoire de la République française en juin 1944, Emmanuel d'Astier devient ministre de l'Intérieur. Il débarque en France en juillet 1944.

Il quitte ses fonctions en septembre 1944 et refuse la proposition de servir comme ambassadeur à Washington.

Elu député apparenté communiste de l'Ille-et-Vilaine de 1946 à 1958. Prix Lénine de la Paix 1957.

Il fonde le quotidien Libération puis en 1966, le mensuel l'Evénement.

Membre titulaire des programmes de radiodiffusion.

Emmanuel d'Astier de la Vigerie est décédé le 12 juin 1969 à Paris, il est inhumé au cimetière d'Arronville (Val d'Oise).


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1943
• Croix de Guerre 1939-45

Principales publications :

La Douleur sur les tréteaux, Paris, Au sans pareil, 1925 (sous le pseudonyme d'Emmanuel Rancey)
• Passage d'une Américaine
, Argenteuil, impr. R. Coulouma 1927
• Sept jours en été, Alger, Éd. de la Revue Fontaine 1944
• Avant que le rideau ne tombe, Paris Sagittaire 1945
• Sept jours en exil, Paris J. Haumont 1946
• Sept fois sept jours, Paris, les Éditions de minuit 1947
• Les Dieux et les Hommes 1943-1944, Paris Julliard 1952
• L'Eté n'en finit pas, Paris Julliard 1954
• Le miel et l'absinthe, Paris Julliard 1957
• Les Grands, Paris Gallimard 1961
• Sur Saint-Simon, Paris, Gallimard 1962
• Sur Staline,Paris : Union générale d'éditions, 1963
• De la chute à la libération de Paris : 25 août 1944, Paris Gallimard 1965
• Portraits, Paris Gallimard, 1969

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