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Antoine Masurel
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Antoine Masurel

BCRA
Réseau Phratrie

Alias : Jules Mouton – Marc – André Monnier – Adrien Motte – Amédée Motte - Marie

Antoine Masurel est né le 10 juillet 1912 à Roubaix dans une famille de négociants en laines.

Bachelier, il fait son service militaire en 1932 au 1er Régiment d'aviation au Bourget.

Il exerce lui-même en famille la profession de négociant en laines et voyage beaucoup dans l'hémisphère sud jusqu'en 1939. Mobilisé comme sergent de réserve dans l'Armée de l'Air le 31 juillet 1939 à Paris, il est affecté à Beyrouth aux Forces aériennes françaises en Orient-Méditerranée en décembre 1939.

Démobilisé sur place fin juillet 1940, il rejoint la France en septembre 1940.

Favorable depuis le début à l'action du général de Gaulle, il s'installe à Cannes.

Il entre en contact avec Rewez alias Jacques Robert, fin 1942, au moment où ce dernier, revenu de Londres, développe le réseau "Phratrie".

Antoine Masurel s'engage dans les Forces françaises combattantes le 1er novembre 1942, sous le nom de Jules Mouton. Comme deuxième adjoint du chef de réseau il prend, à ce titre, une part des plus actives à la création de l'organisation qui devient en quelques mois le plus important réseau de renseignements de France. Il apporte également une contribution financière personnelle importante et attire de nombreux agents dans l'organisation.

Au moment de l'arrestation de Rewez à Nice en avril 1943, il participe activement à son évasion, qui réussit à la troisième tentative, quatre jours plus tard.

Antoine Masurel, alias Marc, devient, après le départ pour Londres de Rewez en juin 1943, le 1er adjoint de Jean-Louis Chancel, alias Chavagnac, nouveau chef de "Phratrie" ; il se dépense sans compter pour développer et perfectionner le réseau qui comprend plusieurs sous-réseaux. En août 1943, il fait un stage à Londres où il parvient par une opération aérienne en Lysander et est de retour à Lyon début septembre 1943.

En février 1944, après le départ pour Londres de Chavagnac, il prend la direction de "Phratrie" qui est en contact constant avec le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA).

En avril, la centrale de Phratrie et Antoine Masurel quittent Lyon pour Paris où se regroupe la majorité des organes de commandement de la Résistance. L'importance du réseau est à ce moment devenue telle que son éclatement devient indispensable (au sommet de son activité, en juin 1944, ce réseau enverra pas moins de 330 messages quotidiens en Grande-Bretagne). Il dirige cette réorganisation et cette division de "Phratrie" en huit réseaux indépendants qui couvrent dès lors la presque totalité de la France.

Arrêté avec plusieurs camarades le 19 mai 1944 à Renescure dans le Nord au cours d'une mission de communication avec Londres, il est emprisonné successivement à Gand, puis à Fresnes en juillet et enfin à Bruxelles à la mi-août 1944. Maintes fois interrogé et brutalisé il se défend avec sang-froid et habileté, ne livrant rien à l'ennemi qui puisse compromettre la sécurité du réseau.

Antoine Masurel condamné à mort est finalement envoyé en déportation à Buchenwald dans un des derniers trains à quitter Bruxelles pour l'Allemagne. En raison de l'approche des Alliés qui bloquent le train à Bruxelles, il est libéré in extremis, le 3 septembre 1944, avec plusieurs centaines d'autres déportés.

Rapatrié, Antoine Masurel remplit alors plusieurs missions pour les services secret de la DGER jusqu'en 1945.

Démobilisé, il retrouve sa famille et son métier de négociant en laines, puis part pour l'Argentine où il réside environ quinze ans.

Antoine Masurel est décédé le 7 avril 1990 à Montfort l'Amaury dans les Yvelines.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 octobre 1945
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Membre de l'Empire Britannique (GB)
• Officier de l'Ordre de la Couronne (Belgique)
• Croix de Guerre avec palme (Belgique)

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