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Yves Mahé
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Yves Mahé

Régiment de Chasse Normandie-Niémen
RAF

Fils de peintre-décorateur, Yves Mahé est né le 21 novembre 1919 à Nantes en Loire-Atlantique.

Photograveur de profession, il se passionne pour l'aviation et passe son brevet de pilote civil à l'"Avia-club" de Château-Bougon. Il s'engage sans hésiter le 10 octobre 1939 pour la durée de la guerre en qualité d'élève pilote à la base d'Istres où il obtient son brevet militaire.

Replié, devant l'avancée allemande de juin 1940, en Algérie, à Oran, il refuse l'armistice et, avec plusieurs camarades dont Jacques Hazard, après quelques tentatives avortées, parvient à s'évader à bord d'un Caudron Simoun de la base aérienne de Tafaraoui, dans la nuit du 1er au 2 juillet 1940.

Parvenu à Gibraltar, Yves Mahé s'engage dans les Forces françaises libres et, avec ses camarades, s'embarque le 7 juillet 1940 sur l'Anadyr, cargo français ralliant la France libre en Angleterre.

Il retrouve en Grande-Bretagne son frère aîné, Jean Mahé, pilote également rallié à la France libre et qui sera, lui aussi, fait Compagnon de la Libération.

Pendant un an, le sous-lieutenant Yves Mahé parfait sa formation de pilote en Grande-Bretagne avant d'être affecté, le 1er septembre 1941, au 253 Fighter Squadron de la Royal Air Force comme pilote de chasse. Avec son unité, il participe en qualité de chef de patrouille aux opérations de défense du territoire notamment la nuit mais également à des missions de protection de convois maritimes et de mitraillage des positions côtières ennemies. Promu chef de dispositif en janvier 1942, il abat consécutivement un Heinkel III et un Junker 88 au-dessus d'York dans la nuit du 29 au 30 avril 1942.

Volontaire pour le Groupe de chasse "Normandie" dès sa création, il obtient d'être dirigé vers la base de Rayack et affecté au "Normandie", le 15 août 1942. Le Groupe, par décision du général de Gaulle, doit être envoyé sur le front de l'Est pour combattre auprès des Soviétiques et, de fait, Yves Mahé parvient en URSS le 29 novembre 1942 avec les premiers pilotes du Groupe. Engagé avec son escadrille sur le front central, il soutient lors de la bataille d'Orel, pendant 15 longues minutes, le 13 avril 1943, un combat inégal seul face à trois FW 190 et réussit à leur échapper après avoir abattu l'un d'eux.

Il prend part ensuite à toutes les opérations jusqu'au 7 mai 1943, date à laquelle il est descendu par la DCA ennemie au cours d'une mission de mitraillage au sol dans la région de Smolensk, à 15 kilomètres à l'intérieur des lignes ennemies. Fait prisonnier après quelques heures de marche, par une vingtaine de soldats allemands, blessé à la tête pendant son atterrissage forcé, il est interrogé puis, quelques jours plus tard, conduit au camp de Smolensk d'où il s'échappe le 28 mai 1943. Le 10 juin il est repris alors qu'il s'apprête à passer les lignes. Emprisonné au camp de Lodz en Pologne, il tente de s'échapper à quatre reprises mais en vain. Evacué avec l'ensemble du camp en juillet 1944 lors de l'avance de l'Armée Rouge sur Varsovie, il est amené au camp international de prisonniers de Mühlberg sur Elbe.

Le 15 août 1944 il est condamné à mort par le tribunal de la Luftwaffe à Dresde pour tentatives d'évasions répétées et sans doute pour faire partie du "Normandie". A Mühlberg, lorsqu'il apprend le verdict, Yves Mahé s'échappe de sa cellule mais sans pouvoir franchir l'enceinte du camp au sein duquel se trouvent les cellules des condamnés à mort. Il réussit alors l'exploit de vivre clandestinement à l'intérieur du camp grâce à son ingéniosité et la complicité de quelques-uns des 20 000 prisonniers qui partagent son sort. A plusieurs reprises il parvient à s'évader; repris à chaque fois, il n'est cependant jamais identifié par ses geôliers auxquels il fournit systématiquement de faux renseignements. Ayant vécu ainsi clandestinement pendant 9 mois, il doit attendre le 25 avril 1945, date de la libération du camp, pour pouvoir recouvrer son identité.

Tout juste libéré, il entre en fonction comme officier de liaison près du commandement soviétique en qualité d'adjoint au colonel commandant les centres de rapatriement de Torgau et d'Eseinach.

Rentré en France en août 1945, il retrouve sa place au "Normandie-Niemen". Le lieutenant Yves Mahé a accompli au total 730 heures de vol dont 110 de nuit et 140 heures de vol de guerre.

Affecté à la 6 e Escadre de chasse, il est ensuite en poste au Maroc, à Rabat, comme capitaine au "Normandie-Niemen".

En 1949, commandant en second du "NN", il sert en Extrême-Orient avant d'en prendre, en 1952, le commandement. Il est ensuite successivement commandant en second de la 10e Escadre de chasse à Creil puis commandant de la 5e Escadre à Orange en 1956.

Le 29 mars 1962, le lieutenant-colonel Yves Mahé décède en service commandé au cours d'une mission aérienne à Boussu-en-Fagne en Belgique. Il est inhumé à Issy-les-Moulineaux (92).

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 janvier 1946
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafe "Extrême-Orient"
• Médaille de l'Aéronautique
• Ordre de la Victoire (URSS)
• Croix de Guerre Tchécoslovaque

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