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Jean Mahé
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Jean Mahé

GMC 1
Groupe Bretagne
DPFAT

Jean Mahé est né le 2 juin 1917 à Nantes en Loire-Atlantique. Aîné d'une famille comprenant quatre garçons, il abandonne l'école à 14 ans pour travailler et aider les siens.

Employé de bureau, il gagne sa vie et parallèlement entreprend des études secondaires. Il passe ainsi ses deux baccalauréats et un certificat de licence de mathématiques.

En septembre 1937 il intègre l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr ; il en sort en 1939, sous-lieutenant dans l'Armée de l'Air.

Affecté à l'école d'application de l'Armée de l'Air à Versailles, il est breveté pilote en février 1940.

En juin 1940, Jean Mahé est replié au Centre d'instruction de Chasse à Cazaux.

Le 24 juin, refusant l'armistice, il décide de rejoindre l'Angleterre et embarque à Port-Vendres sur un transport de troupe polonais. Via Gibraltar, il débarque à Liverpool le 17 juillet 1940 et s'engage immédiatement dans les Forces aériennes françaises libres.

En Grande-Bretagne il retrouve son jeune frère Yves Mahé, pilote lui aussi et rallié à la France Libre, qui recevra également la Croix de la Libération.

Affecté comme pilote à la 3e Escadrille du Groupe de combat n°1, Jean Mahé part, le 10 septembre 1940, avec le corps expéditionnaire à destination de Dakar à bord du porte-avions Ark Royal. Le 8 octobre, il débarque à Douala au Cameroun et participe avec le Groupe de combat n°1 aux opérations de libération du Gabon du 26 octobre au 11 novembre. Il y effectue six missions sur avion Lysander soit deux bombardements en piqué et quatre observations et appuis d'infanterie.

Le 22 novembre 1940, il est affecté au Détachement permanent des Forces aériennes du Tchad (DPFAT) avec lequel il participe, en appui de la Colonne Leclerc, à la campagne contre Koufra du 30 janvier au 1er mars 1941. Le jour même de la victoire de Koufra, il est nommé commandant du DPFAT, poste qu'il occupe jusqu'au 9 juillet 1941. Entre-temps, Jean Mahé est promu lieutenant, le 1er juin 1941, et se voit chargé de l'entraînement aérien des Forces aériennes du Tchad.

En juillet, le DPFAT est relevé par une escadrille en provenance de Rhodésie et peut se préparer aux prochaines opérations dans le désert libyen. Le 1er janvier 1942, le DPFAT devient le Groupe de bombardement "Bretagne" et c'est sous cette nouvelle appellation que l'unité est engagée, quelques semaines plus tard, dans le Fezzan (Libye). Le lieutenant Mahé -qui a pris une part très importante à la formation de cette nouvelle unité- accomplit une mission de bombardement dans des conditions extrêmement défavorables : ayant atterri, sur le chemin du retour, dans le désert, presque à bout d'essence et perdu, il parvient à ramener son avion et son équipage sans aucune aide extérieure au bout de quatre jours.

Le 1er mars 1942, il est nommé commandant de l'escadrille "Nantes" du "Bretagne" qui est détachée à Fort-Archambault. Il assure avec son unité toutes les reconnaissances effectuées au Fezzan en vue du renseignement et de la préparation de la deuxième campagne du général Leclerc. Il assure personnellement cinq missions sur Glenn Martin dont une attaque à la mitrailleuse d'une colonne de combat italienne.

Promu au grade de capitaine, il participe, du 16 décembre 1942 à la fin janvier 1943, à la deuxième campagne du Fezzan et de Tripolitaine à la tête de son escadrille. Au cours de ces opérations il exécute notamment huit missions de reconnaissance à basse et haute altitude et reçoit une citation à l'ordre de l'Armée aérienne pour avoir, le 9 janvier 1943, obtenu avec son seul équipage, après une attaque à la mitrailleuse, la reddition d'une colonne italienne composée de 110 soldats et de 10 officiers.

Le capitaine Mahé est ensuite chargé de l'instruction au sol du "Bretagne" successivement à Sebah (Fezzan) et à Ben Gardane (Tunisie) jusqu'en août 1943. Il dirige ensuite, jusqu'au 5 novembre 1943, l'entraînement aérien des équipages à Rayack (Liban). Chargé de mission par le commandement de l'Air au Moyen-Orient pour le retour en opération du Groupe, il suit également, avec l'ensemble de son unité, un stage sur B.26 Marauder en décembre 1943 et janvier 1944 au camp américain de Telergma en prévision de nouvelles missions.

En Sardaigne, du 15 mai au 4 octobre 1944, il occupe les fonctions d'officier d'opérations du "Bretagne" et, bien que chargé de l'entraînement aérien, il n'en accomplit pas moins 38 missions de bombardement sur B.26, soit comme pilote chef de formation, soit comme pilote chef de flight, pendant la campagne d'Italie.

En août 1944, changement d'objectifs, le "Bretagne" opère dans le sud de la France pour préparer le débarquement de Provence. Jusqu'au 18 août, il bombarde les batteries côtières de la région. A partir de la fin août, les objectifs visés sont de nouveaux italiens.

En octobre-novembre 1944, le Groupe "Bretagne" stationne à Istres puis à Bron sous les ordres du commandant Ducray que seconde le capitaine Mahé.

A partir du 2 décembre, les B.26 du "Bretagne" prennent pour cible les ponts sur le Rhin. A la fin de l'année 1944, Jean Mahé a déjà accompli 1 570 heures de vol dont 1 430 comme pilote et rempli 67 missions totalisant 276 heures de vol de guerre. Promu commandant, il termine la guerre en Allemagne après avoir effectué au total 91 missions de guerre.

En juillet 1945, Jean Mahé reçoit le commandement du Groupe "Bretagne".

Le 2 décembre 1946, l'avion dans lequel il a pris place comme passager s'écrase à quelques mètres du sommet du Ballon d'Alsace. Décédé à Giromagny, il est inhumé à Guérande en Loire-Atlantique.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 octobre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Médaille Coloniale avec agrafes "Koufra", "Fezzan", "Tripolitaine"
• Médaille de l'Aéronautique
• Silver Star (USA)

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