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André Jamme
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André Jamme

BCRA

Alias : André Georges Rivière – Faucille - Rives - Castor

André Jamme est né le 26 mars 1917 à Bordeaux.

Membres des Jeunesses ouvrières chrétiennes (JOC) de Toulouse, il est averti très jeune grâce aux opinions de monseigneur Saliège, des dangers du nazisme.

Après des études professionnelles, il devient ouvrier dans l'aviation chez Latécoère à Toulouse en 1935.

En 1937, il fait naturellement son service militaire dans l'Armée de l'Air, au 36e Bataillon de l'Air, puis à la 23e Escadre de bombardement comme personnel au sol.

Il reste mobilisé au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939.

Sergent mécanicien puis mitrailleur breveté, il est replié avec son escadre en Afrique du nord début juin 1940.

D'Alger, il rejoint Marrakech et reste trois mois en Afrique du nord, toujours sous les drapeaux, avant de s'embarquer en fraude pour Marseille. De retour à Toulouse, il trouve un emploi de contremaître dans une entreprise de chaudronnerie.

Le 4 mars 1943, il s'évade de France par l'Espagne pour rejoindre les Forces françaises combattantes. Arrêté par les autorités espagnoles, il est interné à Figueiras puis placé en résidence surveillée à Caldas. Libéré en août 1943, il est dirigé sur Gibraltar et embarque à destination de l'Angleterre.

Débarqué à Liverpool, André Jamme est affecté au Bureau central de renseignements et d'aAction (BCRA) avec le grade de maître-ouvrier de l'Armée de l'Air. Il est immédiatement volontaire pour une mission dangereuse en France et est détaché aux stages d'instruction et d'entraînement.

Le 28 janvier 1944, il est parachuté en France dans le Cantal (région R6) comme saboteur-instructeur sur le terrain "Chenier", dans le cadre de la mission "Faucille", en qualité de chargé de mission de 3e classe, assimilé sous-lieutenant. Sous le nom de Rives, il est chargé de mettre en place un réseau de transmissions pour la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) de la Région R4 (Toulouse). Il doit également recruter par lui-même des membres, trouver des lieux d'accueil pour les agents à venir, installer des postes émetteur-récepteur et procéder à des sabotages.

En quelques jours il met en place un réseau de transmissions et un réseau de recrutement.

Surpris une première fois par la Gestapo le 25 mars 1944, lors d'un rendez-vous dans un café de Toulouse, il réussit à s'échapper en abattant quatre agents de la police allemande, mais il est lui-même très grièvement blessé par balles à l'abdomen, au bras et à la tête.

Opéré clandestinement par le docteur Georges Rieunau, il reste un mois dans sa clinique du Château à Toulouse.

Dès l'amélioration de ses blessures, fin avril 1944, n'étant plus assez valide pour exécuter lui-même les sabotages, il crée une école de sabotage à Dému dans le Gers, chez un camarade de résistance.

Dès le jour "J", il rejoint la région de Toulouse et opère de nombreuses coupures de voies ferroviaires qui paralysent le trafic allemand. André Jamme, alias commandant Castor, passe de maquis en maquis pour donner des conseils d'organisation, d'armement et de combat.

En juin 1944 André Jamme participe, à Decazeville, à la mise hors d'usage de 42 locomotives et engins de traction dont les pièces essentielles sont enlevées, les rendant indisponibles pour l'ennemi, et cachées pour qu'elles puissent servir à la libération. Déguisé en cheminot, il organise également en pleine gare de Toulouse-Matabiau, le sabotage du pont-tournant de cette gare et de 14 locomotives. Ces deux sabotages immobilisent 1 200 wagons.

Au cours d'une embuscade qu'il commande personnellement, le 19 août 1944, il est une nouvelle fois blessé par des soldats allemands acculés et qui, ayant simulé une reddition ont néanmoins vidé leurs armes, le blessant à la poitrine et au bras. Castor effectue une nouvelle convalescence à la clinique du Château.

A la mi-octobre 1944, André Jamme rejoint la Demi-brigade de l'Armagnac à Bordeaux comme instructeur avant d'être affecté à la Direction générale des Etudes et Recherches (DGER) en décembre 1944.

Il est renvoyé en soin à Londres fin décembre 1944 et rejoint la DGER à Paris en août 1945.

Envoyé ensuite en mission aux Etats-Unis, il reprend à son retour en France son travail dans sa forge à Alzonne dans l'Aude. Il se lance dans plusieurs inventions de tracteur agricole, moteur hydraulique, charrue vigneronne, etc.

André Jamme est décédé le 17 juillet 1983 à Rosny-sous-Bois (93). Il a été inhumé à Villemonble (93).


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille de la Résistance
• King's Medal for Courage (GB)

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