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Jules Saliège
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Jules Saliège

D'origine paysanne, Jules Géraud Saliège est né le 24 février 1870 à Mauriac dans le Cantal.

Il fait ses études au Petit Séminaire de Pleaux puis au Grand Séminaire d'Issy-les-Moulineaux.

Il est ordonné prêtre en septembre 1895 et devient à son tour professeur au Petit Séminaire de Pleaux.

En 1905 il est nommé professeur puis, en 1907, supérieur du Grand Séminaire de Saint-Flour.

Mobilisé en août 1914, il participe à la Grande Guerre comme infirmier puis comme aumônier militaire. Affecté à la 163e Division d'infanterie, l'Abbé Saliège, sur le front, se dépense sans compter, visitant quotidiennement les tranchées malgré les violents bombardements pour y donner ses soins et ses consolations aux blessés.

Démobilisé en octobre 1917 après avoir été intoxiqué par les gaz, il reprend ses fonctions à Saint-Flour avant d'être nommé évêque de Gap en 1925 puis archevêque de Toulouse en 1928. Ouvert sur son temps et pragmatique, doté d'une forte personnalité et d'un caractère volontiers autoritaire, il est l'ennemi de tous les totalitarismes : communisme, fascisme et ensuite nazisme.

Victime d'un accident vasculaire cérébral en 1932, Jules Saliège est atteint par une paralysie progressive qui ira jusqu'à l'empêcher de parler.

En avril 1933, il dénonce publiquement l'antisémitisme hitlérien lors d'une réunion au théâtre du Capitole à Toulouse. Il est par ailleurs régulièrement informé de la politique nationale socialiste par le Père de Naurois, aumônier adjoint de la colonie de langue française à Berlin de 1937 à 1939.

D'autre part, dans les années trente, l'Institut catholique de Toulouse que préside monseigneur Saliège et plus largement le diocèse de Toulouse met sur pied des structures d'accueil des familles de républicains espagnols réfugiés et plus tard, après septembre 1939, des étudiants polonais. Ces actions sont menées sous l'autorité de Jules Saliège et en particulier par Monseigneur de Solages, recteur de l'Institut catholique de Toulouse, et Monseigneur de Courrèges, évêque auxiliaire de Toulouse.

Après la débâcle de juin 1940, Jules Saliège poursuit ses activités ecclésiastiques mais, dès le mois de mars 1941, prend ses distances avec le gouvernement de Vichy, n'admettant ni ses principes totalitaires, ni sa législation antisémite.

L'institut catholique toulousain accueille désormais des intellectuels et des étudiants juifs frappés progressivement d'interdiction de travailler par la législation de Vichy.

Patronnant des œuvres caritatives en faveur des détenus des camps de Noé et Récébédou ouverts début 1941, réservés aux étrangers et notamment aux Israélites, Monseigneur Saliège s'insurge contre le sort réservé aux Juifs dont le départ vers les camps d'extermination allemands commence le 3 août 1942 sous la direction de la Police de Vichy.

Ainsi, il ordonne la lecture publique le 23 août 1942 dans son diocèse d'une lettre pastorale restée célèbre dans laquelle il affirme : « les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes... Tout n'est pas permis contre eux... Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d'autres. Un chrétien ne peut l'oublier. » Bien qu'interdite par arrêté préfectoral, la lecture de cette lettre a quand même lieu dans la plupart des paroisses et surtout, sera reprise et diffusée sur les ondes de la BBC à Londres.

A partir de ce moment, Monseigneur Saliège participe pleinement à l'organisation de placement des Juifs, enfants et adultes, menacés par la déportation dans des lieux sûrs aux alentours de Toulouse.

Après de nouvelles attaques portées contre le totalitarisme du National-socialisme, l'Archevêque de Toulouse manque d'être déporté à son tour. Le 9 juin 1944, alors qu'une vague d'arrestation frappe le diocèse de Toulouse, deux hommes de la Gestapo se rendent à son domicile afin de l'arrêter ; ils n'y renoncent finalement qu'après avoir constaté l'âge et l'état de santé précaire du prélat.

Après la libération, considéré comme le premier résistant de la ville, il est acclamé par 20 000 personnes sur la place du Capitole.

Le 18 février 1946, il est décoré de la Croix de la Libération par Pierre Bertaux, commissaire de la République et en mai de la même année, il reçoit ses insignes de Cardinal.

Le Cardinal Jules Saliège est décédé à Toulouse, le 5 novembre 1956. Il a été inhumé dans la cathédrale Saint-Etienne à Toulouse.

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945
• Croix de Guerre 14/18
• Médaille de la Résistance
• Croix du Combattant 14/18
• Médaille des Justes de Yad Vashem (Israël)

Principales publications :

Lettre pastorale de Mgr l'Archevêque de Toulouse, imp. de E. Privat, Toulouse 1937
Notes de son Excellence Mgr Saliège, Centrale ouvrière, Toulouse 1945
Un Evêque français sous l'Occupation, les Éditions ouvrières, Toulouse 1945
Le Temps présent et l'action catholique, les Éditions ouvrières, Toulouse 1946
Le Prêtre, le Temps présent et l'Action catholique, Procure générale du clergé, Paris 1946
Les menus Propos du Cardinal Saliège, Editions l'Equipe, Toulouse 1947
Lourdes, Pax Christi, Druck von Tardy, Bourges 1948
Lettre pastorale de S.E. le Cardinal Archevêque de Toulouse au Clergé et aux fidèles de son diocèse, imp. de E. Privat, Toulouse 1948
Son Excellence Mgr Gabriel Brunhès, Evêque de Montpellier, 1932-1949, Impr. Charité, Montpellier 1949
Ma vie par la Croix. Lettre du Cardinal Saliège et de Mgr Houssaron, Desclée, Tournai 1952
Mgr Maisonobe, Evêque de Belley, 1882-1954, impr. de M. Lescuyer et fils, Lyon 1955
La croix du Christ contre la croix gammée: discours de guerre du cardinal Saliège, L'Échelle de Jacob, Dijon 2009

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