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Georges Héritier
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Georges Héritier

BCRA
FFI

Alias : Georges Herand – Capitaine Georges - Croc

Georges Héritier est né le 18 août 1914 à Villeurbanne dans le Rhône. Son père est tué au front en 1917.

Il fait ses études secondaires et passe son baccalauréat à Lyon. En 1934, il suit les cours de l'Ecole de la marine marchande à Marseille avant de faire son service militaire comme sous-officier à Grenoble au 4e Régiment du génie, d'avril 1935 à avril 1937.

Il part ensuite s'installer en Côte d'Ivoire comme agent du Trésor.

Alors qu'il se prépare, à l'été 1939, à faire un tour du monde à la voile avec son épouse au départ de Marseille, il est stoppé à Casablanca par la déclaration de guerre de 1939.

Mobilisé au 31e Régiment du génie, il est envoyé en AOF puis affecté à la 1ère Compagnie du génie à Dakar. Démobilisé fin août 1940, il rejoint la Côte d'Ivoire et s'installe comme planteur et exploitant forestier alors que son épouse est restée en France.

En février 1943, il s'engage aux Corps francs d'Afrique. Affecté d'abord au 6e Bataillon au Maroc puis en Algérie comme sergent, il choisit en juillet 1943 de servir dans les rangs gaullistes et prend contact avec le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA) à Alger grâce à un ami.

Déjà formé comme sapeur au maniement des explosifs, il se porte, dès son arrivée à Londres le 30 juillet 1943, volontaire pour une mission spéciale en territoire occupé. Après avoir effectué les stages de formation d'instructeur de sabotage d'armement, Georges Héritier est parachuté, comme chargé de mission de 3e classe, dans le Cantal sur le terrain Chénier le 28 janvier 1944.

Affecté à la Région R5 (Limoges), il seconde efficacement le délégué militaire régional (DMR), Eugène Déchelette (Ellipse), qui prend ses fonctions en R5 en même temps que le chef de la Section des atterrissages et des parachutages (SAP), Gérard Hennebert. Une telle activité attire naturellement l'attention. De fait, le 5 avril 1944, en compagnie de Gérard Hennebert et d'une secrétaire, Georges Héritier se trouve pris dans une souricière et est fait prisonnier. Au cours du transport en automobile, il réussit à tuer le chauffeur, à arrêter le véhicule et à assurer l'évasion de tous, non sans être blessé personnellement.

Il sollicite ensuite de rester dans la région, bien que la police possède son signalement et connaisse son activité clandestine. Sa demande acceptée, il poursuit son action, fournissant les contacts utiles et tous les éléments de la vie clandestine au DMR. En mai 1944, il est nommé délégué militaire départemental pour l'Indre avec le grade de chargé de mission de 1ère classe. Dans ce département, Georges Héritier procède à l'unification des Forces françaises de l'Intérieur (FFI), coordonnant les actions immédiates remplissant avec efficacité toutes les missions qui lui sont confiées par l'Etat-major FFI de Londres. En particulier, sur ordre et à quatre reprises, il assure personnellement des coupures ferroviaires de lignes qui servent à l'ennemi pour transporter ses renforts vers le front de Normandie. Le général Koenig, commandant des FFI, le nomme capitaine à titre fictif.

Après la répression allemande en Creuse, entre le 14 et le 23 juillet 1944, Georges Héritier est désigné comme DMR adjoint de R 5. A ce titre, il accompagne Ellipse dans ses tournées d'inspection, s'occupant plus spécialement de l'organisation des unités de maquis et de la répartition du matériel d'armement parachuté. Il participe aussi, les armes à la main, à un grand nombre de combats et à la Libération de plusieurs villes de la Région.

Affecté en octobre 1944 à la DGER qui succède au BCRA, il est volontaire pour une mission en Allemagne et est chargé de la mise en place d'un poste de renseignement dans la région de Hambourg. Après une formation et une remise à niveau en Grande-Bretagne, Georges Héritier, alias « Croc » et son radio René Touron (« Ruthène »), embarquent le 21 février 1945 à bord d'un appareil qui doit les larguer sur l'Allemagne. L'avion, atteint par un chasseur allemand, s'écrase en flammes en territoire ennemi. Blessé et seul survivant avec « Ruthène », les deux hommes réussissent malgré des difficultés considérables, à rejoindre les lignes alliées en Hollande après 13 nuits de marche. En Hollande, il fournit aux troupes canadiennes des renseignements de toute première importance sur les emplacements de V2 et des batteries de DCA avant d'être rapatrié avec « Ruthène » à Londres vers la mi-avril 1945.

Après la guerre il exerce la profession de forestier et de planteur en Côte d'Ivoire.

Georges Héritier est décédé le 26 décembre 1996 à Aubry en Exme, dans l'Orne.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 39/45 avec palme
• Distinguished Service Order (GB)

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