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Gérard Hennebert
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Gérard Hennebert

BCRA
Franc Tireur
COPA
SAP

Alias : Hennequin - Gérard - Lapoule - Frit B - Baron

Gérard Hennebert est né le 11 octobre 1913 à Maubeuge dans le Nord.

Après des études au collège de Maubeuge et à l'Ecole Nationale d'Armentières, il est reçu, à 18 ans, au concours d'agent technique de l'Aéronautique. Il obtient un poste au Ministère de l'Air à Paris.

Il effectue son service militaire par devancement d'appel et sert à la 2ème escadre de bombardement de nuit à Reims.

En 1939, il est affecté comme élève officier à l'Ecole de l'Air à Bordeaux.

Démobilisé à Perpignan en septembre 1940 comme aspirant de réserve, il décide de poursuivre le combat.

Après avoir essayé sans succès de rejoindre l'Angleterre, il entre, fin 1941, dans la Résistance active au sein du mouvement Franc-Tireur créé par Jean-Pierre Levy et Antoine Avinin.

En septembre 1942, Hervé Monjaret, un des responsables du Service des Opérations Aériennes et Maritimes (SOAM) en mission en France, contacte, à Roanne, Gérard Hennebert. Il persuade ce dernier de travailler avec lui à la mission "Frit" d'organisation de terrains de parachutages.

Dès lors, sous les pseudonymes de "Lapoule" ou de "Frit B", Gérard Hennebert prospecte sans relâche, à la recherche de terrains utilisables pour des atterrissages et des parachutages clandestins. Il transmet ensuite les informations aux services de Londres et organise les réceptions principalement dans le département de la Loire.

Mais sous ses ordres directs, quatre responsables locaux des opérations aériennes agissent également, dans quatre autres régions : Région R 2 (Bouches-du-Rhône, Gard, Vaucluse, Var, Hautes-Alpes, Basses-Alpes et Alpes-Maritimes), Ain, région lyonnaise et région toulousaine.

"Frit B" participe aussi directement à des opérations de sabotage comme la destruction partielle, qu'il dirige à la tête d'un commando du mouvement Franc-Tireur le 28 décembre 1942, de l'usine France-Rayonne à Roanne. Cette action interrompt la livraison de fibranne aux Allemands pendant plusieurs semaines.

Engagé dans les FFL, il devient en 1943 un des adjoints de Pierre Rateau, alias Arthur, chef du Centre des Opérations de Parachutages et d'Atterrissages (COPA, ex-SOAM) dans la région de Toulouse (R 4).

Appelé en Angleterre, il s'envole de Saône-et-Loire, le 17 octobre 1943 dans le même avion que le général de Lattre de Tassigny, afin de suivre un stage d'officier opérations.

Deux mois plus tard, Gérard Hennebert est volontaire pour revenir en France et est nommé au commandement des opérations aériennes dans la région R 5 (Corrèze, Creuse, Dordogne, Haute-Vienne, Indre ainsi qu'une partie de l'Indre-et-Loire, de la Vienne et de la Charente). Le premier voyage est malheureux : en raison du mauvais temps, le Halifax ne peut trouver la piste et fait demi-tour. N'ayant plus d'essence, il reçoit l'ordre de sauter en parachute et s'en sort indemne alors que l'appareil s'écrase dans la Manche.

Il est finalement parachuté près de Bordeaux le 5 janvier 1944 et prend ses fonctions immédiatement en remplacement d'André Déglise-Favre, arrêté deux mois plus tôt par la Gestapo. Il prend alors une part active à la réception des armes pour les forces de la Résistance au sein de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) - qui a pris la suite du COPA - de la Région R 5. Il exerce également les fonctions de Délégué Militaire Régional par intérim, organisant les maquis et faisant appliquer les ordres émanant de l'état-major des FFI.

Arrêté par la Gestapo avec plusieurs camarades le 5 avril 1944, Gérard Hennebert parvient à s'évader en faisant preuve d'un sang-froid exceptionnel. Il reprend ses activités alors que sa tête est mise à prix.

Dès le Jour J, après avoir placé dans les départements de sa région des responsables, il installe son PC en Corrèze et assure le succès de plusieurs opérations de jour et l'armement de toutes les unités de maquis. Au cours d'une inspection, il est victime d'un grave accident mais il reste à son poste de commandement jusqu'à la libération de sa région.

Une fois le territoire de France libéré, il demande à partir pour l'Extrême-Orient, où les combats se poursuivent. Il est affecté comme capitaine de l'armée de l'air, au Parc d'aviation de Saigon, où il arrive fin juillet 1945.

Il est démobilisé sur place en décembre de la même année et entre aux plantations Michelin où il commence une carrière dans l'agriculture locale.

C'est en visitant ses plantations d'hévéas de Con Khai près de Tay Ninh (à 120 km au nord-ouest de Saigon) que Gérard Hennebert trouve la mort le 15 août 1953, dans une embuscade du Viet-Minh : sa jeep saute sur une mine, il en sort vivant mais est achevé de plusieurs balles.

D'abord inhumé au cimetière de Saigon son corps est rapatrié en 1954 pour être inhumé à Binic dans les Côtes d'Armor.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 19 octobre 1945
• Croix de Guerre 1939-1945 (3 citations)
• Croix de Guerre des TOE (1 citation)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Distinguished Service Order (GB)

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