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Louis Andlauer
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Louis Andlauer

EM
Groupe de Bombardement « Lorraine »
Réseau Ali-Tir

Alias : René Mathis

Fils d'officier général, Louis Andlauer est né le 6 novembre 1919 à Sarrebruck en Allemagne.

Bachelier, il interrompt ses études pour s'engager pour la durée de la guerre, le 1er novembre 1939.

Aspirant de réserve de l'Armée de l'Air en avril 1940, il est replié en Afrique du Nord.

Sur la base d'Oran, l'armistice étant signé, refusant la défaite, il dresse un plan d'action, établit des itinéraires par le Maroc et tente de s'évader en avion le 1er juillet 1940.

Malheureusement, au moment du départ l'avion tombe en panne sur le terrain.

Arrêté, durement interrogé, il prend sur lui la responsabilité de l'affaire et est interné à la prison militaire d'Oran pour désertion. Acquitté à la minorité de faveur, Louis Andlauer est libéré en novembre 1940. Il cherche alors un nouveau moyen d'évasion mais se rend compte rapidement qu'il reste sous surveillance.

Toujours militaire, il réussit à se faire démobiliser et à obtenir l'autorisation de gagner Dakar, sous le prétexte de rejoindre son frère, et avec l'intention de rejoindre une colonie britannique.

Mais, repéré à chaque fois qu'il s'approche de la frontière, il finit par conclure qu'il est préférable de rentrer en France. C'est là qu'il prend contact, en août 1941, avec Stanislas Mangin, chef du réseau de résistance « Ali-Tir » dont son frère, Maurice Andlauer, est également un des dirigeants. Mangin le met en relation avec le capitaine Roger Wybot, fondateur des réseaux de renseignements Ronald ; Louis Andlauer s'engage dans les Forces françaises libres, étant ainsi parmi les tous premiers à signer, depuis la France, un engagement dans les FFL.

A partir du mois d'août 1941, il sert, en qualité d'agent P.2, dans le réseau "Ali-Tir" où il remplit diverses missions de renseignement et de liaison. Poursuivi, un document de sa main ayant été saisi par la police de Vichy, il est dirigé sur Londres via l'Espagne, porteur d'un instrument, un "économiseur d'essence", intéressant la Défense Nationale. Arrêté à Banyuls et incarcéré à Montpellier, inculpé pour trahison, il effectue six mois de cellule ; condamné avec sursis et assigné à résidence, il est évacué par un Lysander de la Royal Air Force, avec son patron, Stanislas Mangin, au cours de l'opération "Crème", et rejoint Londres le 1er mars 1942.

Engagé aux Forces Aériennes Françaises Libres avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté à l'Etat-major de l'Air à Londres à partir du mois de mai 1942.

Désireux de combattre, il suit, sur sa demande, un entraînement d'observateur et est affecté au Groupe de Bombardement Lorraine, le 10 avril 1943. Il effectue dix missions de bombardement dont quatre en vol rasant. Le 22 octobre 1943, son avion très endommagé et son pilote gravement blessé, il prend le commandement de l'avion désemparé et permet par son sang-froid de ramener l'avion et l'équipage à la base.

Il effectue ensuite au moment du débarquement et pendant la campagne de Normandie douze missions de bombardement de jour sur des objectifs particulièrement défendus.

En juillet 1944, Louis Andlauer est affecté de nouveau à l'Etat-major de l'Air à Londres. Trois mois plus tard, il est muté à l'escadrille de liaison du Ministre de l'Air

Affecté en janvier 1945 au GT. I/15 puis au GT. 3/15, il termine la guerre avec le grade de lieutenant.

Il poursuit sa carrière dans l'Armée de l'Air qu'il quitte en 1964, avec le grade de colonel.

Revenu à la vie civile, il devient imprimeur à Dinan dans les Côtes d'Armor, avant de prendre sa retraite en 1974.

Louis Andlauer est décédé le 1er décembre 1999 à Dinan.


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Croix de la Valeur Militaire (2 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Distinguished Flying Cross (GB)


Publications :

• (Avec Germain Coutaud) La Navigation aérienne, coll. « Que sais-je ? », Presses universitaires de France, 1953

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