Ordre de la Libération Menu
Roger Wybot
<< Tous les compagnons

Roger Wybot

BCRA
1er Régiment d'Artillerie Coloniale
Réseau Ronald
EMPGD

Fils d'inspecteur divisionnaire à la SNCF, Roger Warin est né le 13 octobre 1912 à Paris.

Il suit ses études au lycée Chaptal à Paris. Bachelier, il prépare le concours de l'Ecole polytechnique où il est admissible.

Officier de réserve en situation d'activité, il entre finalement dans l'armée d'active en 1935, après être passé par l'Ecole d'application d'Artillerie de Fontainebleau.

En juin 1940, il est sous-lieutenant au 407e Régiment d'Artillerie (407e RA) ; il est cité à l'ordre de la Division pour s'être approché à moins de 200 mètres d'éléments ennemis sous des tirs d'artillerie et de mitrailleuses et pour avoir pu rapporter des renseignements intéressants sur l'avance de l'ennemi.

Au lendemain de l'Armistice, Roger Warin demande sa mise en congé d'armistice et forme avec des officiers d'active (Stanislas Mangin, Maurice Andlauer et Edgar Thomé) et son camarade du 407e RA, Gaston Tavian, un groupe hostile à l'armistice. Le groupe, à l'exception de Mangin, entre, vers le mois d'octobre 1940, dans les Groupes de protection du colonel Groussard, qui se constitue comme une sorte d'armée secrète.

Mais en décembre 1940, les Groupes de protection sont dissous par le gouvernement de Vichy et Warin et ses camarades cherchent un moyen de gagner la France libre. Alors qu'il ne parvient pas à découvrir la filière qui lui permettrait de gagner Londres, il établit, en mars 1941, une liaison directe avec l'Etat-major de la France libre à Londres par l'intermédiaire de Pierre Fourcaud, chargé de mission du général de Gaulle.

Le 1er avril 1941, il devient, avec ses quatre camarades de résistance, le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres.

Pierre Fourcaud le fait affecter à Marseille, au bureau des Menées antinationales où il fait du renseignement au profit de la France libre.

Il fonde le réseau "Ronald", augmente son équipe qui se dissociera ensuite en plusieurs réseaux ("Ali", "Tir", "Tom", "Thermopyle", "Rondeau", "Sol", "Dur" et "Ajax") et seront directement rattachés à Londres. Ces réseaux, qui rassemblent au total 52 agents, sont parmi les premiers à réaliser des liaisons aériennes et radio avec Londres à partir du sol français.

Arrêté à Marseille en août 1941 avec Fourcaud par des policiers de la surveillance du territoire, il est suspendu de ses fonctions, ne doit pas quitter Marseille et est placé sous surveillance. Il gagne néanmoins Perpignan dans le but de passer en Espagne mais l'opération échoue et il s'installe clandestinement à Toulouse.

Appelé à l'Etat-major particulier du général de Gaulle, il réussit à passer clandestinement en l'Espagne et arrive à Londres en novembre 1941. Il signe son engagement sous le nom de Roger Wybot.

Le mois suivant, il est nommé chef de la section de contre-espionnage du Service de Renseignements de la France libre qui devient le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA) commandé par le colonel Passy.

En décembre 1942, le capitaine Wybot est muté à la 1ère Division française libre et est affecté comme commandant d'unité au 1er Régiment d'Artillerie Coloniale (1er RAC).

A ce titre, il participe aux campagnes de Tunisie et d'Italie où, en mai 1944, il fait échouer à Pontecorvo une contre-attaque ennemie grâce à l'étroite liaison qu'il établit entre sa batterie d'artillerie et les troupes d'Infanterie. Il participe ensuite au débarquement dans le sud de la France.

Au lendemain de la libération de Paris, en septembre 1944, il est nommé chef de cabinet du général Cochet, délégué militaire du Gouvernement provisoire, puis il est mis à la disposition du ministre de l'Intérieur qui lui confie la mission, en raisons de ses qualités exceptionnelles d'organisateur, de créer et de diriger la Direction de la Surveillance du Territoire (DST).

Roger Wybot dirige le contre-espionnage français pendant toute la IVe République.

En 1958 il est nommé inspecteur général des services de la Sûreté nationale.

En 1968, il est nommé inspecteur général des Services et écoles de Police nationale au secrétariat général pour la police, l'année suivante, directeur du service d'inspection générale et de contrôle de la Police nationale, jusqu'à son départ à la retraite en 1973.

Il est également l'auteur d'ouvrages (Roger Wybot et Bataille pour la DST) et de pièces de théâtre (Antigone, le Grand orage).

Roger Wybot est décédé le 26 septembre 1997 à Paris. Il est inhumé à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
• Médaille Coloniale
• King's Medal of Courage (GB)
• Officier de l'Ordre de la Couronne de Belgique
• Croix de Guerre belge avec palme
• Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc)
• Grand Officier du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Commandeur de l'Ordre national de Yougoslavie

Bouillon de culture, homme, surhomme, termite ou néant ?, Denoël, Paris 1963
Pourquoi Barrabas, drame en trois actes suivi de Antigone, Denoël,Paris 1965
Le Grand Orage (1965)
Roger Wybot et la bataille pour la DST, Presses de la Cité, Paris 1975 (en collaboration avec Philippe Bernert)
Clés de l'acupuncture traditionnelle, 1983

Imprimer