Ordre de la Libération Menu
Léon Bouvier
<< Tous les compagnons

Léon Bouvier

101ème compagnie Auto
Train divisionnaire

Léon Bouvier est né le 28 septembre 1923 à Vienne en Autriche, de parents polonais.

A l'âge de 10 ans, il demande à ses parents de l'envoyer étudier à Paris. Il entre au lycée Michelet à Vanves comme pensionnaire de l'état français.

A l'été 1939, il apprend le décès de sa mère et rejoint son père à Varsovie où il assiste à l'invasion allemande et au bombardement de la ville.

Il quitte alors Varsovie et, après un long périple, se réfugie à Lvov, en territoire annexé par l'armée soviétique en vertu du pacte germano-soviétique. Sans moyens et ne parlant pas le russe, il passe le rude hiver 39/40 en vendant des journaux soviétiques dans la rue.

Au printemps 1940, grâce à l'intervention du Consulat de France à Moscou, il obtient des papiers lui permettant de quitter la zone soviétique.

Il part alors vers la Roumanie où il arrive pour apprendre l'invasion de la France et la signature d'un armistice par le nouveau gouvernement du maréchal Pétain.

Il décide alors de ne pas rentrer en France comme le lui proposaient les autorités consulaires françaises de Bucarest, mais de rejoindre par ses propres moyens les unités combattantes de la France libre en voie de constitution au Proche-Orient.

Après un long voyage qui le mène, avec l'aide des autorités diplomatiques britanniques, à Istanbul puis à Haïfa, il arrive enfin à Ismaïlia, en Egypte, où il s'engage dans la France libre, au 1er Bataillon d'infanterie de marine (1er BIM).

Il a alors 16 ans et cache donc ses papiers pour prétendre qu'il en a 18.

Il est envoyé au front comme chauffeur lors la première attaque britannique en Libye sous le commandement du général Wavell. De retour en Egypte, il est placé sous les ordres du commandant Pierre de Chevigné. Ce dernier, devinant l'âge de Léon Bouvier, refuse de l'emmener en Erythrée et l'envoie, dans l'hiver 1940-1941, au lycée français du Caire pour passer le baccalauréat.

Jeune bachelier, Léon Bouvier rejoint les Forces françaises libres au printemps 1941 et prend part à la campagne de Syrie.

Affecté au Bataillon du Pacifique (BP 1) en septembre 1941, il est d'abord secrétaire à l'Etat-major divisionnaire mais demande bientôt une affectation plus active et est alors versé comme chauffeur à la 101e Compagnie auto en décembre suivant.

Parti pour la Libye avec la 1ère Brigade du général Koenig, le soldat de 2e classe Bouvier est engagé dans les convois de ravitaillement nocturne en munitions des forces françaises assiégées à Bir-Hakeim. Le 8 juin 1942 lors d'un convoi, alors qu'il se précipite pour éteindre l'incendie de son camion provoqué par le bombardement d'un avion allemand, il est grièvement blessé et est amputé du bras droit sur le champ de bataille.

Après un long périple de rapatriement via Le Caire et Alexandrie, il effectue sa convalescence à l'hôpital militaire français de Beyrouth, où il est fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle.

Il embarque à Damas pour l'Angleterre à la veille de Noël 1942 et est affecté comme caporal au Commissariat national à la Guerre ; nommé adjudant le 1er mai 1943, il entre à la même date à l'école des Cadets de la France libre d'où il sort aspirant dans la promotion Corse et Savoie en décembre 1943.

En avril 1944, Léon Bouvier est affecté à la Mission militaire de liaison administrative (MMLA) et participe ensuite à la campagne de France comme attaché au colonel de Chevigné ; il assiste à la libération de Paris, Metz puis Strasbourg avant d'être détaché en février 1945 au ministère des Affaires étrangères.

Promu lieutenant, il est démobilisé en janvier 1946 et part effectuer des études à Montréal avant de rentrer en France où il passe avec succès le concours d'entrée au Ministère des Affaires étrangères.

Il entame alors une longue carrière diplomatique qui le conduira à représenter la France dans de nombreux pays. Il exerce notamment les fonctions de Premier secrétaire d'Ambassade à Stockholm en 1962, de Conseiller économique à Berlin en 1965.

Après avoir été élève à l'IHEDN et détaché au cabinet du président de l'Assemblée nationale, il est envoyé en 1972 comme consul général à Francfort sur le Main.

Il est ensuite nommé Ambassadeur au Paraguay en 1977, Ambassadeur au Chili en 1981 puis au Danemark en 1985.

Il est élevé à la dignité d'Ambassadeur de France en 1987 avant de prendre sa retraite l'année suivante.

Il était membre du Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur depuis 1992 et membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis 1995.

Léon Bouvier est décédé le 23 juillet 2005 à Paris. Il est inhumé au cimetière de Montrouge.

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 9 septembre 1942
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Médaille Coloniale avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim », « Syrie »
  • Médaille des Blessés
  • Croix du Combattant Volontaire 39/45
  • Military Cross (GB)
  • Officier du Cèdre (Liban)
  • Grand Croix de l'Ordre National du Paraguay
  • Grand Croix de l'Ordre "Al Orden Merito" (Chili)
  • Grand Croix de l'Ordre du Dannebrog (Danemark)
  • Officier de l'Ordre de la Rose Blanche (Finlande)
Imprimer