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Jean Vourc'h
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Jean Vourc'h

Bataillon de Chasseurs
Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad
Régiment de Marche du Tchad

Jean Vourc'h est né le 27 février 1920 à Plomodiern dans le Finistère. Issu d'une famille nombreuse, il a huit frères et sœurs, son père est médecin.

Il fait ses études comme pensionnaire au Collège Saint-Yves à Quimper jusqu'en classe de seconde avant de partir suivre des cours d'agriculture coloniale en Vendée.

Engagé volontaire en décembre 1939, Jean Vourc'h sert au 19e Régiment d'Infanterie et participe à la campagne de France avec le grade de caporal.

Il est blessé dans la Marne le 12 juin 1940 par éclats d'obus.

Hospitalisé à l'hôpital du Puy en juin et juillet, il passe sa convalescence dans la maison familiale en Bretagne et cherche immédiatement à rejoindre l'Angleterre.

Démobilisé sur place fin août 1940, il quitte la Bretagne en octobre avec quelques camarades (dont son frère Guy, futur membre des commandos de Philippe Kieffer) sur un bateau, la Petite Anna. Deux autres de ses frères cadets, Paul et Yves, tous deux résistants, rejoindront à leur tour l'Angleterre respectivement en 1941 et 1944.

Partis de Douarnenez, ils dérivent et mettent 11 jours à rallier l'Angleterre dans des conditions très éprouvantes. Ils sont accueillis à Londres par Honoré d'Estienne d'Orves, chef du 2e Bureau de l'état-major des Forces navales françaises libres (FNFL).

Engagé dans les Forces françaises libres le 5 novembre 1940, Jean Vourc'h est affecté comme instructeur au Bataillon de Chasseurs de Camberley avant de recevoir, en août 1941, son affectation au Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad (RTST).

Embarqué à Liverpool le 29 août, le sergent Vourc'h débarque à Pointe-Noire le 2 octobre 1941 et est affecté à la 3e Compagnie de découverte et de combat (3e DC) du RTST.

Il participe ensuite, de la fin 1942 à l'été 1943, au sein de la 12e Compagnie portée du Régiment et sous les ordres du lieutenant Perceval, aux différentes campagnes de la Colonne Leclerc puis de la Force L du général Leclerc : Fezzan, Tripolitaine et Tunisie où il se distingue le 24 mars 1943, au Djebel Melab, en mettant en fuite avec une poignée d'hommes une compagnie de l'Afrika Korps et en ramenant, avec son camarade Françis Gauthier, le corps de son chef de section, le lieutenant Danis, mortellement blessé.

A l'issue de la campagne de Tunisie, il est nommé sergent-chef et envoyé en permission. A Alger, il retrouve son père, le docteur Vourc'h, résistant recherché par la Gestapo et évadé de France pour l'Afrique du nord et membre du mouvement Combat. En mai 1943, dans le cadre d'une mission du mouvement Combat, Jean Vourc'h emmène son père et des volontaires gaullistes rejoindre l'armée Leclerc à Kairouan. Le Dr Vourc'h remet alors au général Leclerc le texte d'une lettre d'allégeance adressée par le général Giraud au maréchal Pétain.

En septembre 1943, le RTST, devenu le Régiment de Marche du Tchad (RMT), au sein de la 2e DB, est stationné au Maroc où il est réorganisé, réarmé et où il suit un entraînement actif qui se poursuit en Grande-Bretagne jusqu'en juillet 1944. Le sergent Vourc'h, toujours sous les ordres du capitaine Perceval, sert à la 2e Compagnie du 1er Bataillon du Régiment (1ère section).

Le 4 août 1944, le sergent-chef Vourc'h débarque avec la 2e DB à Grandcamp et participe à la campagne de Normandie. Volontaire pour toutes les missions, il se distingue particulièrement lors des combats des 10 et 11 août, entraînant à plusieurs reprises ses hommes à l'assaut de nids de mitrailleuses ennemies.

Après la prise d'Argentan, sur la route de Paris, il reçoit, le 23 août, la mission d'appuyer, avec son groupe réduit à huit hommes, un peloton d'auto-mitrailleuses en difficulté dans le village de Voisins-le-Bretonneux près de Versailles. Malgré l'infériorité numérique, il parvient à repousser l'ennemi après un violent combat. Renforcé par un peloton de chars légers, Jean Vourc'h dirige l'opération. En observant l'ennemi à la jumelle, il est atteint d'une balle en pleine poitrine. Alors qu'il refuse d'être évacué, il est blessé une seconde fois par des éclats d'obus.

Transporté à l'hôpital du Mans, il décède cinq jours plus tard, le 29 août 1944. Il a été inhumé à Plomodiern.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 7 mars 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
• Médaille des Blessés
• Médaille Coloniale avec agrafe « Fezzan-Tripolitaine »
• Military Medal (GB)

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