Ordre de la Libération Menu
Joseph Perceval
<< Tous les compagnons

Joseph Perceval

Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad
Régiment de Marche du Tchad

Joseph Perceval est né le 1er décembre 1911 aux Marches en Savoie, de parents cultivateurs.

A l'âge de trois ans, alors que son père est au front, il perd sa mère.

En 1921, son père meurt à son tour des suites de blessures reçues pendant la guerre.

Elevé par son oncle maternel, Joseph Perceval fait sa scolarité au collège de la Villette près de Chambéry.

Engagé volontaire au 1er Régiment de Zouaves en avril 1932, il sert au Maroc et est nommé caporal-chef en juillet 1933 ; affecté aux Goums marocains, sergent en 1935, il est admis le 1er septembre 1938, comme sergent-chef, à l'Ecole spéciale de Saint-Maixent pour devenir officier (promotion "Empire Français").

Le 1er septembre 1939 Joseph Perceval est promu sous-lieutenant et est affecté au 109e RI à Chaumont.

Pendant la campagne de France, il commande brillamment le groupe franc du 2e bataillon du Régiment ; les missions de reconnaissance et les accrochages avec l'ennemi se multiplient et il est blessé par plusieurs éclats d'obus le 7 juin 1940 à Crapeaumesnil dans l'Oise en stoppant une offensive ennemie.

Trois jours plus tard, après un violent accrochage, il réussit à se replier avec une partie de son groupe franc en empruntant une barque et en traversant l'Oise puis, 3 jours après, en se laissant dériver sur l'Aisne.

Ayant trouvé refuge dans une ferme abandonnée, Joseph Perceval, dont les blessures se sont rouvertes, et ses hommes sont surpris le 14 juin par les Allemands au nord de Lognes en Seine-et-Marne. Arrêtés, ils sont emmenés vers Paris. Le lendemain, enfermé avec d'autres officiers dans les garages de l'Elysée, il parvient à s'évader en sautant par dessus la grille vers minuit. Il est alors aidé par un cousin, directeur du lycée d'Arsonval, qui le soigne, l'héberge et lui procure un habit civil et un vélo. Deux jours plus tard il se dirige à bicyclette vers la Loire et finit par rejoindre l'Armée française.

Affecté au 41e RI et ne supportant pas l'occupation allemande, il demande avec insistance à retrouver son corps d'origine, les Zouaves, au Maroc. Il obtient satisfaction et est mis à la disposition du général commandant supérieur du Maroc. Il embarque alors à Marseille pour Casablanca où il arrive le 9 novembre 1940. Commandant la section de mitrailleuses de la 3e compagnie du 7e Régiment de Tirailleurs marocains (7e RTM), il est nommé lieutenant en septembre 1941 et désigné pour l'AOF. Il embarque pour Dakar d'où il est muté au Dahomey en novembre 1941.

Bien décidé à rejoindre la France libre, il passe la frontière du Nigeria à bicyclette le 15 janvier 1942. Les Anglais le dirigent sur Fort-Lamy au Tchad où, le 28 janvier, il rencontre le général Leclerc et signe son engagement aux FFL.

Affecté à Mao (Tchad) il rejoint, le 2 septembre 1942, la 12e Compagnie portée du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) à Chedra et en prend le commandement en l'absence du capitaine Corlu. A la même époque, il est condamné à mort par le Tribunal militaire permanent de Dakar.

Il rejoint, à la mi-novembre 1942, le lieutenant-colonel Dio à Zouar et participe dès lors à toutes les opérations avec son unité. Les campagnes se succèdent : Fezzan, Libye, Tunisie où il est grièvement blessé à deux reprises, le 24 mars 1943, alors qu'il avait pris l'initiative d'entraîner ses hommes dans une contre-attaque qui réussit à mettre en fuite une compagnie allemande.

Promu capitaine en juin 1943, il abrége sa convalescence et, en juillet, rejoint le Maroc où il est décoré de la Croix de la Libération par le général Leclerc. Au sein de la 2e Division blindée en formation, le RTST prend le nom de Régiment de Marche du Tchad (RMT) alors que la 12e Compagnie portée, dont il conserve le commandement, devient la 2e Compagnie du 1er Bataillon du RMT.

Après plusieurs mois d'entraînement avec du matériel américain, la 2e DB fait mouvement vers l'Angleterre en avril 1944.

Avec la Division et à la tête de la 2e Compagnie, Perceval débarque le 1er août 1944 en Normandie. Il se dirige alors vers Paris après de violents combats dans le bocage normand pour lesquels il reçoit une citation à l'ordre de l'armée.

Le capitaine Perceval et ses hommes sont parmi les premiers à entrer dans la capitale le 25 août, combattant notamment en appui du 12e Cuirassiers sur les ponts de la Seine, du Trocadéro aux Invalides. Après la libération de Paris, la poursuite vers l'Est continue par la campagne des Vosges puis la prise de Strasbourg le 23 novembre 1944 et la campagne d'Alsace.

La 2 e DB termine la guerre en Allemagne et, le 4 mai 1945, le 1er bataillon du RMT entre dans le nid d'aigle d'Hitler à Berchtesgaden.

Après la capitulation de l'Allemagne, Joseph Perceval est nommé chef de bataillon et désigné pour l'AOF pour prendre le commandement du Bataillon mécanisé porté à Ouakam près de Dakar. Il est affecté en Indochine en juillet 1947 avec son bataillon et cité à l'ordre de l'armée.

En juin 1948 il prend le commandement du 3e Bataillon du 6 e RIC à Hanoi et est cité à nouveau.

Après un séjour à Casablanca comme chef d'Etat-major du 6e RTM, il est de nouveau affecté en Indochine où il arrive en janvier 1951 comme commandant du secteur Nam Dinh Phuly.

Le 6 septembre 1952, dans le secteur de Phuly, il tombe dans une embuscade et, grièvement blessé, succombe à ses blessures. Il est inhumé dans son village natal des Marches en Savoie.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 2 juin 1943
• Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
• Croix de Guerre des TOE (2 citations)
• Médaille Coloniale avec agrafes "Sahara", "Maroc", "AFL", "Fezzan-Tripolitaine", "E-O"
• Médaille des Blessés
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Military Cross (GB)
• Presidential Unit Citation (USA)

Publication :

• Sur les Chemins de l'audace. Joseph Perceval, Compagnon de la libération. Notes et carnets . Edité par André Perceval, 2001

Imprimer