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Le régiment de marche du Tchad

Le Régiment de marche du Tchad


Fin août 1940, lorsque la quasi-totalité de l'Afrique équatoriale française (Tchad, Congo et Oubangui-Chari) et le Cameroun se rallient à la France libre, le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) est le seul régiment constitué qui rejoint intégralement les Forces françaises libres. Unité coloniale constituée majoritairement de tirailleurs Saras et Adjeiras, renforcée par l'arrivée de volontaires, le Régiment devient rapidement une force capable d'entrer dans le combat. Ce ralliement massif est essentiellement l'œuvre de son commandant, le lieutenant-colonel Marchand, gouverneur militaire, et de Félix Eboué, gouverneur du Tchad.

Placé à partir de novembre 1940 sous les ordres du lieutenant-colonel Leclerc, commandant militaire du Tchad, le RTST fournit des hommes expérimentés, connaissant la configuration du terrain comme le commandant Ingold ou le lieutenant-colonel Colonna d'Ornano qui dirige le premier combat contre les Italiens à Mourzouk le 11 janvier 1941 au cours duquel il trouve la mort.

Rapidement, le Régiment s'équipe de matériel adapté au désert. Lors de l'expédition sur Koufra, en février et mars 1941, les éléments du Régiment qui y participe s'illustrent avec le reste de la Colonne Leclerc. Après cette victoire, l'unité est réorganisée et rééquipée. En juin-juillet 1941, le colonel Leclerc crée deux compagnies de découverte et de combat qui deviennent les fers de lance du Régiment. Puis, jusqu'à la fin de l'année ce sont les préparatifs au combat : navigation dans le désert, exercices, marches de nuit...

Du 2 février au 14 mars 1942, l'expédition sur le sud du Fezzan est un succès. Un butin important est pris ou détruit. Alors que Rommel avance sur l'Egypte, différentes patrouilles sont organisées au nord et à l'est du Tibesti. Les conditions de vie sont extrêmes, en plus de la chaleur, s'ajoutent les distances qui se chiffrent en milliers de kilomètres, le tout s'opérant loin de toute base logistique. De décembre 1942 à février 1943, le Régiment participe avec plus de 3 000 hommes à la conquête du Fezzan. L'attaque est fulgurante et très en profondeur, allant jusqu'à Tripoli. Le succès est total. Renforcé en artillerie, l'unité participe dans le cadre de la Force L jusqu'en mai 1943 à la campagne de Tunisie où elle démontre son courage au feu, particulièrement à Ksar Rhilane.

Les forces de l'Axe rejetées d'Afrique, le Régiment devient, en juillet 1943, le Régiment de marche du Tchad (RMT), incorporé à la 2e Division blindée alors en formation à Temara au Maroc, sous le commandement du général Leclerc. Pour répondre aux normes des divisions blindées US selon le modèle desquelles est constituée la 2e DB, les tirailleurs du Tchad sont remplacés, le commandement américain n'acceptant pas de noirs dans ce type d'unité.

Le RMT se renforce avec les éléments du Corps-franc d'Afrique qui s'est illustré en Tunisie et avec des jeunes évadés de France par l'Espagne. Le Régiment, sous les ordres du colonel Dio, comprend trois bataillons et une compagnie de commandement. Il est transféré en Angleterre en avril 1944 avec l'ensemble de la Division qui s'organise bientôt en différents groupements tactiques. Le 1er Bataillon du RMT, sous les ordres du commandant Farret, est rattaché au Groupement tactique Dio (GTD), le 2e Bataillon sous les ordres du commandant Massu est rattaché au Groupement tactique Langlade (GTL) et le 3e Bataillon sous les ordres du commandant Putz est rattaché au Groupement tactique Warabiot (GTV).

Le RMT débarque en Normandie, à Utah Beach, avec la 2e DB le 1er août 1944. Dès le 8 août le RMT est engagé dans les combats d'Alençon, de la forêt d'Ecouves, d'Ecouché et de Carrouges. Alençon et Argentan sont libérées et, le 24 août au soir, la 9e compagnie du 3/RMT menée par le capitaine Dronne entre dans Paris.

Lors de la campagne des Vosges, le groupement Massu se distingue en particulier à Dompaire du 11 au 14 septembre. A Anglemont, le 1er et 2 octobre 1944, le III/RMT sous les ordres du conmandant Putz reçoit et repousse une très forte contre-attaque ennemie et, en trois jours, fait 400 prisonniers et met hors de combat 200 Allemands. De son côté, le I/RMT, commandé désormais par le commandant Quilichini, se distingue également dans les Vosges et en Alsace, nettoyant le terrain boisé entre Meurthe et Vezouze, traversant Sarrebourg sous un feu meurtrier et passant le premier la Sarre à Sarraltroff, enlevant d'un seul élan les puissantes défenses de Mittelbronn, bastion avancée de la défense du col de Saverne.

Lors de la prise de Strasbourg, le 23 novembre 1944, c'est un ancien du Tchad qui hisse les couleurs françaises sur la cathédrale de la ville libérée. Les unités du RMT participent au nettoyage de l'Alsace et de la Lorraine et à la réduction de la poche de Colmar libérée en février 1945. Le Régiment entre ensuite en Allemagne avec la 2e DB et pousse jusqu'au nid d'aigle d'Hitler à Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises où une section du III/RMT investit le Berghof.

Le 12 juin 1945, le Régiment de marche du Tchad est fait compagnon de la Libération. Il a compté dans ses rangs 70 compagnons de la Libération auquel on peut ajouter les 36 compagnons ayant servi au RTST. Aujourd'hui, le Régiment de marche du Tchad, est basé à Noyon dans l'Oise et perpétue les traditions de son glorieux aîné. Il a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 12 juin 1945
  • Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
  • Presidential Unit Citation (USA)

Pour en savoir plus

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au Régiment de marche du Tchad

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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