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Le bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique

Le Bataillon d'infanterie de marine
et du Pacifique


Le Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP) est issu de la fusion de deux bataillons décimés pendant la bataille de Bir-Hakeim, en Libye, en juin 1942 : le 1er Bataillon d'infanterie de marine (1er BIM) et le Bataillon du Pacifique (BP 1).

Le 1er Bataillon d'infanterie de marine 1940-1942

Le 12 juillet 1940, le 3e Bataillon du 24e Régiment d'infanterie coloniale (24e RIC) stationné à Chypre refuse l'armistice et, emmené par le capitaine Lorotte de Banes, se rassemble à Nicosie où il est reçu avec enthousiasme par les Britanniques. Dirigés vers l'Egypte, ces 350 volontaires français sont accueillis à Ismaïlia par 150 camarades du 24e RIC, commandés par le capitaine Folliot qui s'est évadé du Liban, dès le 27 juin, avec ses hommes de la 3e Compagnie, à l'aide de faux ordres de mission.

Réunis au camp de Moascar, les volontaires français décident de prendre le nom de 1er Bataillon d'infanterie de marine (1er BIM) et constituent, pour les Britanniques, le premier élément des Free French (Français libres). Le 25 août à Moascar, en présence des autorités britanniques et de représentants français, le Bataillon reçoit solennellement son drapeau accompagné de l'Union Jack. Les soldats du BIM obtiennent des Anglais, non sans quelques difficultés, du matériel (radio, armement et équipement) permettant de faire face aux conditions particulières de la guerre dans le désert.

La Compagnie Folliot est la première opérationnelle et, le 6 septembre 1940, quitte Ismaïlia pour rejoindre, dans la région de Marsa Matrouh (Egypte) la 7e Division blindée britannique qui fait face à 200 000 Italiens. Début décembre, la 2e Compagnie rejoint la Compagnie Folliot au moment du déclenchement de l'offensive britannique. Folliot prend alors le commandement des deux compagnies. Le 7 décembre, les Alliés et les Français libres du BIM franchissent la frontière libyenne et s'emparent de Sollum puis de Sidi-Barrani, faisant plusieurs milliers de prisonniers. Bardia tombe le 6 janvier 1941 et Tobrouk le 21, occasionnant les premières pertes dans les rangs du BIM.

L'offensive britannique se poursuit en Libye en février 1941. Au mois de mars, sous les ordres du capitaine Jacques Savey, la 3e Compagnie, forte de 250 hommes, est envoyée rejoindre la Brigade d'Orient du colonel Raoul Monclar en Erythrée où elle prend part à la prise de Keren (27 mars) et à celle de Massaoua (8 avril).

En mai 1941 l'ensemble du BIM se retrouve à Qastina, en Palestine où se rassemblent les Forces françaises libres en prévision de la campagne de Syrie. Le 27 mai, le général de Gaulle passe les troupes en revue et remet la Croix de la Libération à plusieurs militaires du BIM. Lors de la campagne de Syrie de juin 1941, le Bataillon est aux avant-postes notamment lors de la prise de Damas. Il est ensuite incorporé à la 1ère Brigade française libre du général Koenig et désormais composé de deux compagnies de reconnaissance et d'une compagnie antichars sous les ordres de Jacques Savey. Fin septembre 1941, il rejoint la 8e Armée britannique en Libye. A la mi-janvier il participe à la prise d'Halfaya avant d'occuper avec la Brigade Koenig, la position de Bir-Hakeim, au sud de Tobrouk. Après trois mois d'organisation des défenses de Bir-Hakeim et de patrouilles dans le désert, l'offensive italo-allemande menée par Rommel commence le 27 mai 1942. A l'issue d'une résistance acharnée de 14 jours, l'ordre est donné à Koenig de quitter la position. Au cours de ces combats, le BIM a subi de lourdes pertes dont celle de son chef, le commandant Savey.

Pour en savoir plus : Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au 1er BIM

Le Bataillon du Pacifique 1941-1942

En octobre 1940, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles Hébrides ralliés à la France libre mettent sur pied un bataillon. Le 21 avril 1941, le navire Monowaï quitte Papeete avec 300 volontaires Tahitiens à destination de Nouméa. Ils forment alors, avec les volontaires de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides, le Bataillon du Pacifique (BP1) à l'effectif de 550 hommes commandé par le commandant Broche.

Après 45 jours d'entraînement en Australie près de Sydney et cinq mois près de Tel Aviv en Palestine, les « Pacifiens » sont engagés dans la campagne d'Afrique au sein de la 1ère Brigade française libre du général Koenig. Le 28 décembre 1941, la 1ère BFL au complet se met en marche vers la Libye.


Les premiers volontaires du Bataillon du Pacifique

Le baptême du feu du BP 1 a lieu le 15 janvier 1942, à la frontière égypto-libyenne à Halfaya où 6 300 Italiens et Allemands sont retranchés. L'engagement tourne court car l'ennemi capitule et se rend en masse.

Le 14 février 1942, la Brigade Koenig relève une unité britannique à Bir-Hakeim. Pendant trois mois, elle aménage la position et organise des patrouilles profondes (Jock columns) qui harcèlent l'ennemi en rapportant des renseignements. A l'aube du 27 mai 1942 la division italienne Ariete déclenche la première attaque. Le BP 1 occupe le flanc sud ouest de la position ; il reçoit et repousse, le 6 juin, la première attaque d'envergure. Dans des conditions extrêmes, le Bataillon parvient à maintenir ses positions mais, le 9 juin deux jours avant la sortie, lors d'une attaque générale, il perd son chef, le lieutenant-colonel Broche et son adjoint le capitaine de Bricourt.

Le 10 juin le commandement britannique donne l'ordre d'évacuer la position. Après avoir repoussé à nouveaux les assauts toute la journée, les Français quittent la position en brisant le cercle d'acier de l'ennemi et parviennent à rejoindre la VIII Armée britannique. La 1ère Brigade a tenu quinze jours sa position et ce retard imposé à l'Afrika Korps a permis aux anglais du général Montgomery de se réorganiser à Alexandrie.

Pour en savoir plus : Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au BP1

Le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique

Fortement éprouvées par la bataille de Bir-Hakeim, les unités constituant la 1ère Brigade doivent être regroupées. C'est ainsi que le BP 1 et le 1er BIM, qui ont tous les deux perdu leur commandant, fusionnent pour former le Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP).

Le Bataillon, sous les ordres du commandant Bouillon, compte un peu moins de 700 hommes et fait partie intégrante de la 1ère Division française libre. Après la bataille d'El Alamein (Egypte), qui stoppe l'avancée des forces de l'Axe, le BIMP est la seule unité française, avec une colonne volante de chars et d'automitrailleuses des spahis marocains, à être détachée auprès de la 8e armée britannique pour prendre part à la poursuite offensive de l'ennemi qui s'amorce dès le 5 novembre 1942.

Dans le sillage des Anglais, le BIMP pénètre en Tunisie le 23 février 1943. Rommel contre-attaque mais il échoue. Du 14 mars au 5 mai, le BIMP est la seule unité de la 1ère DFL à opérer en Tunisie avec les troupes de la Force L du général Leclerc. Le 13 mai 1943 enfin, c'est la reddition générale des forces de l'axe. La division dénombre ses prisonniers : 1 200 officiers et 23 000 hommes.

Après la campagne de Tunisie, le BIMP est renforcé par l'arrivée de volontaires d'Afrique du Nord, d'évadés de France par l'Espagne et de Corses. Commence une période de réorganisation et d'entraînement intensif. Le BIMP est incorporé, en octobre 1943, à la 4e Brigade de la 1ère DFL du général Brosset.

Le 20 avril 1944, avec la DFL, le BIMP débarque en Italie. L'offensive générale est déclenchée le 11 mai au soir. Au cours des combats devant San Giorgio le 16 mai, le Bataillon perd son chef, le chef de bataillon Magny, qui tombe à la tête de la 3e Compagnie. La DFL repart à l'attaque et atteint ses objectifs. Le Girofano est encerclé et la ligne Gustav est rompue. Le 4 juin, les faubourgs de Rome sont atteints, une compagnie du BIMP y fait son entrée et défile seule. Le 30 juin 1944 à Naples, le général de Gaulle passe en revue la 1ère DFL. Le BIMP est cité à l'ordre de l'armée et son fanion reçoit la croix de guerre.

Dans la nuit du 16 au 17 août 1944, le BIMP débarque en Provence et se distingue dès le 20 devant Hyères en enlevant le Golf-Hôtel, aménagé en forteresse par les Allemands. Il participe ensuite au nettoyage des forts de l'Est de Toulon, à la remontée de la Vallée du Rhône puis aux combats des Vosges.


Le BIMP en 1943

Mais les troupes d'outremer, tirailleurs africains et volontaires du Pacifique supportant mal le froid, le haut commandement décide de procéder à une relève générale qui concerne quelque 6 300 hommes, dont 275 Calédoniens et Tahitiens du BIMP. Ces survivants du Bataillon du Pacifique de 1941 sont remplacés par des jeunes engagés métropolitains et par des FFI. Les "Pacifiens" sont alors dirigés sur Paris en attendant leur rapatriement.

Puis, le BIMP livre pendant tout le mois de novembre, de durs combats sur les contreforts des Vosges, en vue d'ouvrir la route de la Basse Alsace. Le 4 décembre 1944, le Bataillon, en repos avec sa division dans la région de Vesoul, quitte le front des Vosges pour la région de Bordeaux, où la 1ère DFL se regroupe en vue d'une action de force contre les poches de l'Atlantique.

Mais quelques jours plus tard, l'attaque allemande menée par von Rundstedt dans les Ardennes belges oblige la Division à revenir rapidement en Alsace pour y défendre Strasbourg. L'ennemi attaque le 7 janvier 1945. Par des températures polaires, le BIMP, qui tient Rossfeld et Herbsheim, subit de violents assauts, mais réussit à conserver ses positions, malgré la précarité de ses liaisons avec l'arrière. Epuisé par ces durs combats, le BIMP est relevé par le 1er Bataillon de Légion étrangère, et placé en réserve. Malgré son usure, conséquences des combats du début janvier, le BIMP se voit confier un secteur défensif pendant l'attaque contre la poche de Colmar à laquelle participent les autres unités de la Division jusqu'au 7 mars 1945.

Le BIMP monte la garde au Rhin avant de faire mouvement avec la 1ère DFL pour le front des Alpes, où cette dernière prend position face au massif de l'Authion. Le 9 avril 1945, à Nice, le général de Gaulle remet la croix de la Libération au BIMP, épinglant la décoration sur le calot du caporal Pécro, tenant lieu pour l'occasion de fanion. Dès le lendemain, le BIMP mène l'attaque frontale du massif de l'Authion. Au prix de lourdes pertes, il lutte pendant quatre jours pour arracher les derniers verrous allemands. C'est la dernière action du BIMP avant l'Armistice du 8 mai 1945.

Aujourd'hui, le 3e Régiment d'Infanterie de marine basé à Vannes est l'héritier des traditions du BIMP.

Le 1er BIM, le BP1 et le BIMP ont compté dans leurs rangs 72 compagnons de la Libération.

 

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Croix de Guerre 39-45 (5 palmes)

Pour en savoir plus :

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au BIMP

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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