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Ernest Pruvost
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Ernest Pruvost

FFI
Résistance PTT
EMPTT

Alias : Potard

Ernest Pruvost est né le 18 août 1896 à Bichancourt (Aisne).

En 1914, âgé seulement de 18 ans, il refuse, dans son département rapidement occupé par les troupes allemandes, de travailler pour le provisoire vainqueur. Il est envoyé dans un bataillon de discipline à Sedan d'où il s'évade en 1917.

En octobre 1918 il est à Hirson et, avec quelques camarades, il noie les mines du pont de l'Oise, permettant ainsi aux armées françaises de poursuivre leur avance.

Licencié en droit, il entre dans les PTT. D'abord en poste à Chauny (Aisne) en 1920, il est rédacteur à Laon en 1927 et rédacteur principal en 1930. De 1934 à 1938, il est détaché au Ministère des Colonies et sert à Madagascar.

En 1939, mobilisé comme commandant à la télégraphie militaire (Arme Transmissions), il démissionne et s'engage comme soldat de 2e classe au 67e Régiment d'Infanterie demeurant en ligne au nord de Strasbourg jusqu'au repli de juin 1940.

Démobilisé, Ernest Pruvost revient au ministère des PTT comme sous-chef de bureau et, dès octobre 1940, refusant la défaite, devient l'animateur de l'esprit de résistance dans les PTT. Il fait de la propagande en réalisant des tracts et des brochures clandestines et cherche des hommes et des femmes décidés à s'engager.

Au bout d'un an, Ernest Pruvost constitue un réseau complet de renseignements PTT qui s'étend sur la France entière et dont il prend la responsabilité en tant que chef national. Simone Michel-Lévy, qu'il a connu lors de son affectation dans l'Aisne, et Maurice Horvais, participent à la création du réseau "Action PTT".

Son action prenant de l'ampleur, Pruvost réalise le contact avec les réseaux de renseignement CND-Castille du colonel Rémy et avec le mouvement de résistance OCM (Organisation Civile et Militaire) que dirige le colonel Touny ; il met à leur disposition tous les moyens de communication possibles. Le réseau, auquel se sont joint entretemps Edmond Debeaumarché et Ferdinand Jourdan, devient, en juillet 1943, "Etat-major PTT" (EM-PTT).

Poursuivant en parallèle sa carrière administrative, Pruvost est promu chef de Bureau en 1943 ; il organise également l'acheminement du courrier officiel clandestin et le plan de sabotage des communications téléphoniques et télégraphiques (plan violet) en vue du débarquement allié. En même temps, il participe lui-même à plusieurs opérations de parachutages et d'atterrissages d'avions dans l'Aisne. Il dresse également la liste des collaborateurs et des Vichyssois au sein de l'administration des PTT et fait établir de nombreuses fausses cartes d'identité et cartes professionnelles.

Mais il est recherché par la police allemande qui a connaissance de son action clandestine.

Poursuivi par la Gestapo qui arrête plusieurs membres du réseau en novembre 1943, notamment Simone Michel-Lévy, Pruvost se réfugie dans la Manche, à Villebaudon, et y forme des groupes FFI tout en conservant la direction du réseau de Résistance PTT.

Dans la nuit du 10 au 11 mai 1944, avec des camions des PTT de Saint-Lô, il organise la réception d'un parachutage massif d'armes au sud de Pont Farcy (Calvados).

Le 6 juin 1944 il coupe lui-même le câble téléphonique Saint-Lô-Avranches-Rennes et attaque après le débarquement, des motocyclistes allemands en coupant des câbles aériens de l'ennemi. Le 14 juin, les armes à la main avec ses hommes, il se heurte à une compagnie SS ; blessé par balle, il parvient de justesse à s'échapper.

Il commande ensuite plusieurs coups de mains jusqu'à l'arrivée dans la région des troupes américaines le 2 août 1944.

Appelé en Angleterre le 8 août 1944 auprès des Etat-major et services spéciaux alliés, il revient en France un mois plus tard et crée la Poste et la Télégraphie militaires qu'il commande avec le grade de colonel. Il cumule cette fonction avec celle de chef de cabinet du Ministre des PTT jusqu'au 1er juillet 1945.

Ernest Pruvost devient ensuite, jusqu'en 1949, chef de la division PTT du conseil de contrôle interallié de Berlin et, à ce titre, adjoint technique du général Koenig.

Revenu au Ministère des PTT, il y poursuit sa carrière jusqu'en août 1961, date à laquelle il prend sa retraite comme administrateur de classe exceptionnelle des PTT pour se retirer dans dans son village natal.

Ernest Pruvost est décédé le 9 février 1965 à Bichancourt où il est inhumé.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 12 septembre 1945
• Croix de Guerre 14/18
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Distinguished Service Order (GB)
• Medal of Freedom (USA)

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