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Raymond Pognon
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Raymond Pognon

Résistance Nouvelle-Calédonie

Raymond Pognon est né le 30 novembre 1873 à Honfleur dans le Calvados. Son père était négociant et sa mère créa en 1897 La Fronde, premier quotidien féministe français.

Il fait ses études à Paris, à l'Ecole des Hautes études commerciales et effectue son service, classe 1893, également à Paris.

Depuis 1902, il réside en Nouvelle-Calédonie où il occupe les fonctions de chef de service administratif de la société minière Le Nickel à Nouméa avant de devenir agriculteur et éleveur.

Maire de Bourail en 1913, il est conseiller général de Nouvelle-Calédonie de 1913 à 1925 et également Président du Conseil général de 1922 à 1924.

A la même époque, entre 1920 et 1925, Raymond Pognon est également le directeur du journal quotidien La France Australe.

Refusant l'armistice de juin 1940, il fait, avec plusieurs Calédoniens comme Michel Vergès et Georges Dubois, André Prinet et Georges Baudoux, une active propagande en faveur de la poursuite de la guerre et du ralliement au général de Gaulle.

Le 19 septembre 1940, Raymond Pognon est l'un des auteurs du ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre. Par son influence et son ascendant sur ses compatriotes, il a largement contribué à convaincre une population dont environ 80 % se manifeste en faveur de la France libre et accueille avec enthousiasme le gouverneur Sautot, envoyé par le général de Gaulle.

Il contribue aussi à la levée des volontaires qui formeront, sous les ordres du lieutenant-colonel Broche, le Bataillon du Pacifique (BP 1) qui se couvrira de gloire pendant les opérations de Bir-Hakeim.

Pour ses activités en faveur du ralliement au général de Gaulle, il est condamné à mort et à la confiscation de tous ses biens, par le Tribunal militaire permanent de Saigon, par jugement du 5 février 1942 constitué en Cour Martiale, pour : "livraison à une puissance étrangère de territoire appartenant à la France". Ce jugement sera bien sûr annulé et révisé par la Cour d'Appel de Saigon, le 4 mars 1949.

Le 20 février 1942, Raymond Pognon est décoré de la Croix de la Libération, lors d'une cérémonie publique, par le contre-amiral Thierry d'Argenlieu, haut-commissaire dans le Pacifique.

Lors des fortes dissensions entre le haut-commissaire Thierry d'Argenlieu et le gouverneur Sautot, qui aboutissent au départ forcé de ce dernier, Raymond Pognon soutient le gouverneur contre le haut-commissaire. Il prend la tête des manifestations publiques de soutien au gouverneur Sautot et est arrêté avec plusieurs Calédoniens sur ordre du haut-commissaire début mai 1942. Rapidement relâché, il cesse toute activité politique.

A une date inconnue, il part s'installer chez sa fille en Australie.

Raymond Pognon est décédé le 19 mai 1959 à Melbourne en Australie. Il fut incinéré dans un cimetière près de Melbourne.

• Compagnon de la Libération - décret du 11 février 1942
• Chevalier du Mérite Agricole

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