Ordre de la Libération Menu
Henri Sautot
<< Tous les compagnons

Henri Sautot

Conseil de Défense de l'Empire
Résistance Nouvelle-Calédonie

Henri Sautot est né le 5 mai 1885 à Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne.

Après des études à l'université de Nancy et son service militaire, il est commis des Affaires indigènes de 1909 à 1914.

Administrateur des colonies en 1915, il est chef de cabinet du gouverneur du Dahomey à partir de 1925 puis gouverneur par interim de Saint-Pierre-et-Miquelon de 1928 à 1932.

Commissaire résident de France aux Nouvelles-Hébrides depuis 1933 et également gouverneur par interim des Etablissements français d'Océanie (EFO) en avril 1935, c'est là, à Port-Vila, qu'il prend connaissance de l'action du général de Gaulle.

Dès le 20 juillet 1940 comme commissaire résident de France aux Nouvelles-Hébrides, il adresse à tous un télégramme de ralliement à la France libre. Il est ainsi le premier chef de territoire colonial à rejoindre le général de Gaulle.

Le 23 août, il est chargé par télégramme de se rendre à Nouméa pour y assurer le ralliement de la Nouvelle-Calédonie en accord avec la population elle-même. Nommé par le général de Gaulle, le 13 septembre 1940, gouverneur de Nouvelle-Calédonie, il a pour mission de rallier le territoire à la France libre. A Port-Vila, la décision est prise d'agir.

Alors que les Calédoniens partisans du ralliement et le "Comité de Gaulle" dirigé par Raymond Pognon ont neutralisé le gouverneur et les opposants, Henri Sautot débarque sur le port de Nouméa, le 19 septembre 1940 à midi, au milieu du plus grand enthousiasme.

La nouvelle Calédonie entre de nouveau dans la guerre et Henri Sautot, nommé en octobre membre du Conseil de Défense de l'Empire, a alors la tâche non seulement d'assurer l'administration du territoire mais aussi sa défense.

En avril 1941, il signe, au nom de la France libre, un accord avec le gouvernement australien qui assure l'appui des alliés tout en sauvegardant l'indépendance française.

Fait Compagnon de la Libération par décret du 1er août 1941, il est également à l'origine de la création du Bataillon du Pacifique (BP 1) qui s'illustre notamment à Bir-Hakeim en juin 1942.

En août 1941, le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu, nommé haut-commissaire pour le Pacifique, et bientôt promu contre-amiral, est envoyé réduire les différends qui opposent plusieurs administrateurs à Tahiti et en Nouvelle-Calédonie. Rapidement des divergences profondes opposent le haut-commissaire au gouverneur Sautot, notamment sur l'attitude à adopter vis-à-vis des alliés américains qui, ayant reçu l'autorisation du Comité national français, ont débarqué à Nouméa le 12 mars 1942.

Le 5 mai 1942, le gouverneur Sautot, rappelé à Londres par le général de Gaulle, est embarqué d'autorité, sur ordre de d'Argenlieu, sur l'aviso Chevreuil et débarqué en Nouvelle-Zélande. Dès lors, des troubles graves secouent Nouméa où l'autorité du haut-commissaire est malmenée. La menace d'une attaque japonaise sur l'Ile contribuera à ramener les différents protagonistes à la raison.

Le gouverneur général Sautot se rend ensuite à Londres en 1942, peu après que le tribunal militaire de Saigon l'a condamné à mort pour avoir livré deux territoires français à une puissance étrangère.

Gouverneur d'Oubangui-Chari de novembre 1942 à avril 1946, il retourne ensuite à Nouméa où il est élu maire de 1947 à 1953.

Henri Sautot est décédé le 23 mars 1963 à Nouméa où il a été inhumé.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 1er août 1941
• Officier de l'Empire Britannique (GB)


Publications :

Grandeur et décadence du gaullisme dans le Pacifique, Melbourne, 1949

Imprimer