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Roger Podeur
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Roger Podeur

Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad
Régiment de Marche du Tchad

Fils d'ingénieur en construction navale, Roger Podeur est né le 11 avril 1920 à Brest dans le Finistère.

Son père étant affecté à Dakar en 1935, il passe ses deux baccalauréats outre-mer.

En 1939, rentré en France, il prépare l'Ecole navale mais il est déclaré inapte pour des problèmes de vue lors de la visite médicale.

Il prépare et passe ensuite le concours de Saint-Cyr en 1940 mais, sans attendre les résultats, il s'évade de France, à la fin du mois de juin, pour rejoindre en Angleterre le général de Gaulle.

Parti de Brest à bicyclette jusqu'au Conquet, il a juste de temps de prévenir sa mère de son départ en bateau.

Engagé à Londres pour la durée de la guerre comme soldat de 2e classe au 1er Bataillon de Chasseurs le 1er juillet 1940, Roger Podeur suit d'abord des cours d'élève sous-officier à Farnborough jusqu'en décembre 1940. Il suit ensuite des cours d'élève aspirant et, en mai 1941, est embarqué à Liverpool à destination de Pointe-Noire où il est affecté au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), noyau des forces du général Leclerc.

En août 1941 il parvient à Fort-Lamy, au Tchad, avec son unité et prend part aux opérations dans le sud libyen (Fezzan) sous les ordres de Leclerc. A son premier combat, il montre de belles qualités de combattant et de chef en délogeant à la grenade un ennemi pourtant bien accroché. Pour cette action, il reçoit la Croix de Guerre avec sa première citation à l'ordre de l'Armée.

En mars 1942 il est nommé sous-lieutenant puis lieutenant six mois plus tard. Il participe à la deuxième campagne du Fezzan puis aux opérations de Tunisie avec la Force L au printemps 1943. Après un séjour en Algérie et au Maroc, où se constitue la 2e DB, il est affecté au Régiment de marche du Tchad (RMT) nouvellement créé avant d'embarquer pour la Grande-Bretagne en avril 1944.

Le 1er août 1944 il débarque en Normandie où il se distingue immédiatement comme chef d'un peloton d'obusiers de 75 m/m ; le 10 août, il intervient violemment avec ses obusiers mettant un char et plusieurs blindés ennemis en déroute. Il récidive trois jours plus tard au cours de la poursuite de Grandchamps.

Le 27 août, au lendemain de la libération de Paris, Roger Podeur met de nouveau en fuite, à Pierrefitte, des chars et fantassins allemands accrochés à un carrefour très important. Le 13 septembre à Dompaire, chef de section d'obusiers, malgré le tir violent des blindés ennemis, il porte ses hommes en position avancée et détruit avec ses obusiers trois Panzer.

plus tard, devant Strasbourg, son capitaine étant blessé, il prend le commandement de son unité avec lucidité et compétence.

Roger Podeur termine la guerre en Allemagne.

Nommé capitaine, il est affecté au 4e Régiment de marche du Tchad et, volontaire pour l'Extrême-Orient, débarque à Saigon en octobre 1945 sous les ordres du commandant Massu. Un mois plus tard, au cours d'une embuscade il est grièvement blessé par balles à Ben-Keo, alors qu'il se porte en avant pour aider un chauffeur lui aussi blessé.

En janvier 1946 il prend le commandement de la base arrière du Groupement mobile de la 2e DB à Saigon avant de partir en opération au Tonkin en mars 1946. Du 19 décembre 1946 au 25 janvier 1947, il se distingue dans les combats de Hanoï.

Rentré en France en avril 1947, il part pour le Congo sept mois plus tard. A Brazzaville il est réaffecté au RTST et reste trois années en poste en AEF.

En 1953, Roger Podeur sert sur sa demande au Bataillon Français de l'ONU et combat en Corée.

En 1954 il prend la tête du Bataillon de Marche Indochinois et est promu chef de bataillon. Il se distingue à plusieurs reprises dans les combats du Nord Vietnam. Le 21 mai 1954, il est blessé au massif de Khenon par des éclats de mortier. Rapatrié en France, il est muté à Saint-Maixent en 1956.

En 1958 il est affecté une nouvelle fois au RTST à Fort Lamy où il prend le commandement du 2e Bataillon. Rentré en France en 1961, il est ensuite muté au 23e RIMa à Alger. Il commande le sous-secteur d'Affreville, réussissant à maintenir l'ordre sans effusion de sang.

En 1963 Roger Podeur est affecté à Vannes en Bretagne et est promu lieutenant-colonel. En 1965 il sert en Allemagne en qualité d'officier de liaison auprès de la 7e Armée américaine. En 1968 il est en poste à l'Etat-major du commandant en chef des Forces françaises en Allemagne, le général Massu, chargé de mission de liaison auprès des armées alliées.

Nommé colonel en 1969, il est de nouveau affecté à Vannes en qualité de délégué militaire départemental en 1971.

En 1975, nommé adjoint pour l'armée de terre de l'amiral Préfet maritime de Brest, il fait valoir ses droits à la retraite en 1977.

Il se retire ensuite dans la région brestoise.

Roger Podeur est décédé le 20 septembre 2005 à Brest. Il est inhumé au cimetière de Crozon (29).


• Grand Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 13 juillet 1945
• Croix de Guerre 1939-45 (6 citations)
• Croix de Guerre des TOE (3 citations)
• Croix de la Valeur Militaire (1 citation)
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Blessés
• Médaille Coloniale avec agrafes "AFL", "Fezzan", "Fezzan-Tripolitaine", "Tunisie", "E-O"
• Croix du Combattant
• Croix du Combattant Volontaire 1939-45
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Médaille Commémorative de la Guerre 39/45
• Médaille Commémorative d'Indochine
• Médaille Commémorative Française de l'ONU en Corée
• Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et du Maintien de l'Ordre en AFN (Algérie)
• Presidential Unit Citation (USA)
• Bronze Star Medal (USA)
• Officier du Nicham Iftikar (Tunisie)

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