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Léonel Moustier  (De)
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Léonel Moustier (De)

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Issu d'une famille de vieille noblesse comtoise, le marquis Léonel de Moustier est né le 5 avril 1882 à Paris.

Son père, député du Doubs depuis 1889, est également président du Conseil général du département pendant 25 ans.

Lui-même élu en 1910 conseiller général du canton de Clerval dans le Doubs, Léonel de Moustier y est rapporteur du budget.

Pendant la guerre de 1914-1918, il sert dans la Cavalerie, d'abord comme adjudant, et se distingue si bien qu'il termine la guerre avec le grade de lieutenant la Légion d'Honneur et la Croix de Guerre avec 5 citations.

Industriel, il est élu en 1928 député du Doubs dont il est, par ailleurs, président du Conseil général en succédant à son père, décédé, en 1935.

Réélu député en 1932 puis en 1936, profondément républicain, le marquis de Moustier fait face, ceint de son écharpe tricolore, aux manifestants du 6 février 1934 place de la Concorde.

Chef d'escadrons de réserve, il s'engage à la déclaration de guerre de 1939 et obtient, malgré son âge (il a 57 ans et 12 enfants), de servir dans une unité combattante. Il commande le groupe de reconnaissance du 11e Régiment de Chasseurs, unité dans laquelle combat son fils Georges qui trouvera la mort en mission le 7 octobre 1939.

Démobilisable en raison de son âge, il obtient d'Edouard Daladier d'être maintenu dans son affectation. En mai 1940, commandant du 1er Groupe du 4e GRDI, dans une situation désespérée près de Lille, sa division encerclée, il parvient avec ses cavaliers à percer les lignes ennemies, à s'échapper avec son escadron et à le conduire jusqu'à Dunkerque où il peut se replier sur l'Angleterre. Après quelques jours seulement passés en Grande-Bretagne, il revient prendre sa place en première ligne jusqu'à l'armistice et est promu officier de la Légion d'Honneur.

Membre du groupe parlementaire des Républicains indépendants et d'Action sociale, il est scandalisé par l'armistice qu'il considère comme une trahison et fait partie des 80 parlementaires qui, le 10 juillet 1940, refusent les pleins pouvoirs à Pétain.

En décembre 1940, il retourne dans son château de Bournel près de Rougemont dans le Doubs, qui, dès 1941, devient un foyer actif de résistance. Il donne asile à des aviateurs abattus, des prisonniers évadés, des agents de renseignement ou, plus tard, à des réfractaires du Service du Travail Obligatoire (STO).

Parallèlement ; avec Jean et Pierre de Vomécourt, agents du Special Operations Executive (SOE) britannique, Léonel de Moustier développe un réseau de renseignements, recrute des agents dans l'Est de la France et fournit des informations permettant aux Britanniques de bombarder des zones industrielles comme, en 1943, les Charbonnages de Marles dont il est le vice-président.

Il entre en contact avec le colonel Maurin, chef régional de l'Organisation de Résistance de l'Armée (ORA) qui lui confie le commandement militaire de l'arrondissement de Baume-les-Dames (Doubs). Entré dans les Forces françaises combattantes (FFC) en janvier 1943 en qualité d'agent P. 1, il recherche pour le Bureau des Opérations aériennes (BOA) de la Région D auquel il appartient, des terrains de parachutages.

En juin 1943 a lieu une perquisition fouillée au château de Bournel. Le 23 août 1943, le marquis de Moustier est arrêté par la Gestapo avec deux de ses fils, Guy et Henri, et son gendre à la suite de l'expulsion par les autorités helvétiques d'un officier américain dont il avait assuré le passage en Suisse.

Il passe 7 mois à la prison de la Butte à Besançon avant d'être transféré en avril 1944 à Compiègne puis au camp de Neuengamme en Allemagne où il parvient en juillet 1944. Il refuse le traitement de faveur auquel il pourrait prétendre eu égard à sa qualité de parlementaire. Astreint aux travaux les plus pénibles, il est interné, fin août 1944, au camp de travail de Farge, kommando de Neuengamme, où il meurt d'épuisement et de privations le 8 mars 1945, peu de temps avant la libération du camp par les Alliés.

Léonel de Moustier est inhumé à Bournel en octobre 1945.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 2 octobre 1945
• Croix de Guerre 14/18 (5 citations)
• Croix de Guerre 39/45

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