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François Humières (D')
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François Humières (D')

FFI
OCMJ
3ème bataillon de choc

Alias : Frédéric

Issu d'une vieille famille de la noblesse française, François d'Humières est né le 11 avril 1922 à Berlin où son père, capitaine de réserve et ancien pilote de chasse, est membre de la Commission des réparations.

Après des études secondaires à Paris et à Neuilly-sur-Seine, trop jeune pour être mobilisé en 1939, il est étudiant à l'Ecole libre des Sciences politiques, et y organise des groupes de résistance dès 1942.

Il est de ceux qui avec Charles Verny fondent au début de 1943, par la fusion de différents groupes, l'Organisation civile et militaire des Jeunes (OCMJ). Par son travail inlassable, tant à l'Ecole des Sciences politiques que dans les Facultés et les lycées, il développe considérablement les groupes de l'OCMJ.

En complément de ce travail de propagande, il est à l'origine de la préparation militaire clandestine dans les groupes de l'OCMJ qu'il anime personnellement (cours de sabotage, entraînement au tir et constitution de corps-francs).

Après l'arrestation en mars 1943 de d'Argenlieu, chef national des étudiants du mouvement, François d'Humières le remplace comme responsable "National Etudiant OCMJ". Sous sa direction, s'organise la lutte des étudiants contre le Service du travail obligatoire (STO) et le passage des réfractaires au maquis ou en Espagne. Il monte et dirige personnellement des opérations destinées à détruire les fiches de recensement des facultés de droit et de médecine.

Il représente également son organisation au sein de l'Union des étudiants patriotes.

François d'Humières, alias Frédéric, participe en décembre 1943 à la création et à la rédaction du journal Essor dont il assure la diffusion dans Paris d'abord puis dans les autres villes universitaires (Rennes, Lille, Caen, Bordeaux) où il est chargé parallèlement de créer de nouveaux groupes.

A partir de juin 1944, nommé chef du 4e Bureau OCMJ de la Région P (région parisienne), il prend part à de nombreux coups de mains et notamment, en juillet, à la récupération d'armes, de véhicules et de carburant et également de denrées alimentaires pour alimenter le maquis OCM de Seine-et-Marne.

En août, le responsable militaire de la Région P ayant été arrêté, c'est à Frédéric que revient la charge de commander les actions de sabotage. Le 19 août, à Paris, il se porte dans le quartier de Saint-Michel et à la tête d'un groupe réduit fait la preuve de son courage et de son impétuosité. Presque seul, il attaque une voiture allemande fortement protégée (fusil-mitrailleur et pistolets-mitrailleurs) et réussit à abattre deux de ses occupants. Du 20 au 25 août, il prend une part prépondérante aux combats dans les zones Saint-Germain et Saint-Michel.

Dès la libération, il est nommé secrétaire national adjoint de l'OCMJ et s'emploie à faciliter le retour de ses camarades de la clandestinité à la légalité.

A l'automne 1944, le Gouvernement provisoire de la République française l'envoie en Angleterre à la tête d'une délégation d'une trentaine de résistants pour y être présenté au Roi et au Premier ministre Winston Churchill.

Alors qu'il est sur le point d'entrer aux côtés d'Aimé Lepercq, chef de l'OCM depuis février 1944 et récemment nommé ministre des Finances, à l'Assemblée nationale constituante, il apprend que son frère Elie, venu d'Afrique du Nord dans les Commandos de France vient d'y être blessé. Renonçant à son projet, désireux avant tout de combattre, François d'Humières s'engage aussitôt dans les Commando de France, au 3e Bataillon de Choc, comme sous-lieutenant pour prendre part à la bataille d'Alsace.

Le 31 janvier 1945, dès 5 heures du matin, alors qu'il remplace son lieutenant blessé la veille, François d'Humières monte à l'attaque du village de Durrenentzen à la tête de son commando. Dans les premières heures du combat, fauché par une rafale de mitrailleuse, il est tué sur le coup.

D'abord inhumé à Durrenentzen, son corps est ensuite rapatrié à Paris et inhumé au cimetière du Montparnasse.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 39/45

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