Ordre de la Libération Menu
Pierre-Jean Herbinger
<< Tous les compagnons

Pierre-Jean Herbinger

Réseau Mithridate
BCRA

Alias : Bressac.

Pierre-Jean Herbinger est né le 1er décembre 1899 à Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise) d'un père maroquinier et d'une mère employée à la Compagnie du Nord.

Réformé après une brillante guerre en 14-18 au cours de laquelle il est blessé, Docteur ès-sciences après des études à la faculté de Strasbourg et à celle de Nancy, Pierre-Jean Herbinger est, dans l'entre-deux guerres, ingénieur civil des Mines.

A Madrid au moment de l'armistice, il s'engage à Lisbonne dans les services du général de Gaulle le 5 septembre 1940.

Recruté par le SR de la France Libre (futur Bureau central de renseignements et d'action) du commandant Passy, il est chargé d'une mission en France où il retourne le 5 octobre 1940.

Sa mission consiste à créer un réseau de renseignements militaires. Dès le mois de novembre 1940, sous son influence et celle de Fernand Gibelin, le réseau "Mithridate" voit le jour et se développe sur la Côte d'Azur, en Italie, en Sardaigne et en Corse au moyen de voiliers qui observent la marine de guerre italienne.

Pierre-Jean Herbinger fait lui-même plusieurs voyages d'observation en voilier et les résultats obtenus permettent aux Britanniques de couler plusieurs navires italiens.

En novembre 1941 il crée un autre service de renseignements sur la Bretagne nord et dans la région de Lille. "Mithridate" subit au même moment plusieurs arrestations et deux démantèlements de centrales, en Italie et sur la Côte d'Azur.

Arrêté et torturé par la police française, il est interné à Clermont-Ferrand et à Riom en mars 1942 ; il est libéré sur l'intervention de l'Ambassadeur des Etats-Unis à Vichy.

Arrêté de nouveau en juin 1942, Herbinger, alias Bressac, réussit à s'évader et est condamné à 10 ans de prison en août par le Tribunal de Riom puis à la peine de mort par la même cour en octobre 1942. A la même époque l'étau policier se resserre à Paris où la Gestapo tente de l'arrêter ; au cours de cette tentative, deux Allemands sont abattus et Herbinger-Bressac parvient à s'échapper.

De novembre 1942 à juin 1943, sous sa direction, l'organisation connaît un nouvel essor avec le développement des réseaux à Paris, dans le Nord, en Bretagne, à Bordeaux et à Bayonne et la création de réseaux à Toulouse, Marseille, Saint-Raphaël, Lyon, dans les Alpes, le Jura et en Normandie.

Pierre-Jean Herbinger rejoint Londres en mai 1943 ; il y fait homologuer l'ensemble de l'organisation par la France Combattante et régulariser les engagements de tous les personnels. Il regagne la France au début du mois d'août, alors que les réseaux sont touchés par de nombreuses arrestations et que deux centrales disparaissent, à Paris et en Bretagne.

Le 10 octobre, son adjoint direct, André Aalberg, alias Jean-Louis, est mortellement blessé au cours de son arrestation à Clermont-Ferrand où la centrale est démantelée ; trois jours plus tard celle de Lyon connaît le même sort et voit l'arrestation de tous ses membres. Bressac échappe lui-même de justesse à l'arrestation.

Il installe son P.C. à Paris en novembre 1943 et travaille pendant trois mois à remonter l'ensemble de l'organisation.

De retour à Londres en mars 1944, il est renvoyé une nouvelle fois, le 2 mai, en France avec pour mission de développer un programme de transmissions radio.

Capturé par la Gestapo le 23 mai 1944, après avoir reçu deux balles dans le ventre, il est interné à la prison de la Pitié. Il est torturé le 2 juin et est laissé pour mort pendant trois jours. Opéré dix jours plus tard, il est emmené à Fresnes en raison d'une tentative d'évasion le 20 juillet.

Transféré par train à Saint-Gilles, en Belgique, il y apprend sa condamnation à mort par les Allemands. A nouveau embarqué en train depuis Bruxelles le 2 septembre 1944 dans un convoi de 1 500 prisonniers politiques à destination des camps allemands, il est libéré pendant son transfert le lendemain sur une intervention du Front de la Résistance belge.

Après la guerre il reprend ses fonctions d'ingénieur et devient PDG de la SA Mines de Garrot dans le Var.

Pierre-Jean Herbinger, lieutenant-colonel honoraire du Génie, est décédé le 30 avril 1972 à Cannes, victime d'un accident de voiture. Il est inhumé à Saint-Raphaël dans le Var.


• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945
• Croix de Guerre 14/18
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Distinguished Service Order (GB)
• Commandeur de l'Ordre de Léopold (Belgique)


Imprimer