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Henri Adeline
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Henri Adeline

Réseau Dordogne Sud
FFI

Henri Adeline est né le 8 mai 1898 à Verdun de parents lorrains.

Après des études secondaires au collège de Verdun puis au lycée de Troyes, il est admis à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1916 (promotion des Drapeaux et de l'amitié franco-américaine). Il y reste un an et part pour le front comme aspirant du 278e régiment d'infanterie en août 1917.

Blessé par éclat d'obus en juillet 1918, Henri Adeline reçoit deux citations à l'Ordre de la Division.

En 1920 il est affecté au service de transmissions des Troupes du Maroc dans les confins algéromarocains avant de passer, sur sa demande, dans l'arme du Génie. Il sert jusqu'en 1922 dans plusieurs garnisons du Maroc comme officier chargé des transmissions et reçoit une nouvelle citation.

Après avoir suivi les cours de la Division technique de l'Ecole technique du Génie et de la section radio de l'Ecole supérieure d'Electricité, il se voit affecté au 18e Régiment du Génie à Nancy où il reste six ans. Admis à l'Ecole de guerre (1930-1932), il est ensuite affecté à l'Etat-major de la 20e Région militaire (Nancy) puis au 6e Régiment du Génie à Angers.

En septembre 1939, il rejoint l'Etat-major du 12e Corps d'armée en Alsace comme chef du 4e Bureau. Le 24 juin 1940, au moment de la reddition du groupe d'armée françaises encerclées en Alsace, le chef de bataillon Adeline refuse de se rendre aux forces allemandes ; à la tête d'un petit groupe d'officiers et de sous-officiers, il tente de rejoindre la zone libre et parcourt ainsi 250 kilomètres à pied en 35 jours.

Au sein de l'Armée d'armistice, Henri Adeline commande le 1er Bataillon du Génie à Bergerac au moment de l'occupation par les Allemands de la zone libre en novembre 1942 ; il prend dès lors contact avec des organisations de Résistance (Armée secrète et Organisation de Résistance de l'Armée).

En avril 1944, il assure le commandement des maquis de la région de Bergerac et devient adjoint militaire au chef de l'AS de Dordogne sud.

A la tête des 2 500 hommes des maquis AS et FTP de Dordogne Sud, il engage en août 1944 la poursuite des colonnes allemandes qui se replient sur Bordeaux. Il y entre le 28 août dans une ville déserté par les Allemands.

Début septembre il prend le commandement de tous les groupements FFI du Sud-ouest -soit plus de 12 000 hommes- et les lance vers la Charente-Maritime. Il réussit à enfermer l'ennemi dans les poches de La Rochelle, Royan et la Pointe de Grave.

Le 18 septembre 1944, dans son P.C. de Saintes, il reçoit le général de Gaulle qui le confirme dans son commandement opérationnel et lui prescrit de réduire les poches de Royan et de La Pointe de Grave de façon à débloquer le port de Bordeaux et de temporiser avec les Allemands pour éviter la destruction du port de La Rochelle.

Henri Adeline assure seul cette mission très difficile, devant un ennemi supérieur en nombre et en moyens avec des forces pauvrement armées, jusqu'au 22 octobre 1944. A cette date, il passe sous les ordres du général de Larminat commandant des Forces françaises en opération sur le front de l'Ouest (devenu ensuite Détachement d'Armée de l'Atlantique). Henri Adeline commande dès lors les fronts de La Rochelle et Royan jusqu'en avril 1945, continuant à faire preuve des mêmes qualités de combattant, de chef et d'organisateur.

Lors de l'attaque de Royan, du 14 au 18 avril, il commande le groupement sud de la Division « Gironde » comprenant 10 000 hommes. Il atteint ses objectifs avant les délais prévus, enlève des ouvrages puissamment fortifiés et couverts par d'importants champs de mines, libère trois gros villages, la partie Ouest de Royan et capture un important matériel.

Le 25 avril 1945, aux Mathes près de Royan, le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération.

Promu général de brigade le 8 mai 1945, Henri Adeline commande le Génie en Algérie puis le Génie de la 1ère Région militaire où il initie et coordonne la construction de près de 1 500 logements pour les cadres militaires en région parisienne.

Prenant sa retraite en 1955, il dirige un bureau d'Etudes de Construction et réalise plus d'un millier d'appartements en banlieue parisienne, à Strasbourg et à Saint-Georges de Didonne.

Henri Adeline est décédé le 1er mai 1971, dans un accident de voiture à Châlons-sur-Marne. Il a été inhumé à Sivry-sur-Meuse dans la Meuse.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Croix de Guerre 1914/18 (2 citations)
• Croix de Guerre 1939/45 (2 citations)
• Croix de Guerre des TOE (1 citation)
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance


Publications :

• La Libération du Sud-ouest : Bordeaux-Royan-La Rochelle (août 1944-mai 1945), Alger 1948
• Considérations sur le Génie au Combat, Paris 1952

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