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Marcel Finance
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Marcel Finance

GRB1
GMC 1
Groupe Bretagne
DPFAT

Marcel Finance est né le 26 août 1918 à Hérimoncourt dans le Doubs. Son père, le capitaine de réserve Louis Finance, résistant, sera déporté à Buchenwald où il disparaît en avril 1944.

Après des études secondaires suivies au lycée Victor Hugo de Besançon, il y prépare Saint-Cyr qu'il intègre en 1937 (promotion "Marne et Verdun").

En 1939, il entre à l'Ecole militaire de l'Armée de l'Air à Versailles.

En mai 1940, devant l'avancée allemande, l'Ecole de l'Air se replie dans un premier temps sur Royan puis sur Montpellier.

Le 21 juin, le sous-lieutenant Finance décide de passer en Algérie avec plusieurs de ses camarades.

Parti en avion, il se pose à Blida d'où, avec des officiers polonais dont il a revêtu l'uniforme, il se rend à Oran puis à Casablanca.

De là, il embarque sur le Djebel Dersa jusqu'à Gibraltar, puis sur le Neuralia avec lequel il rejoint l'Angleterre. Le 12 juillet 1940, il s'engage dans les Forces françaises libres. Le 14, il défile à Londres devant le général de Gaulle puis est envoyé au camp de regroupement de Saint-Athan près de Cardiff.

Après un stage dans la RAF, il rejoint la base d'Odiham début août et est affecté au groupe mixte de combat n°1 du lieutenant-colonel de Marmier.

En septembre 1940, il prend part au débarquement des FFL à Freetown après l'échec de Dakar. Stationné à Douala au Cameroun. Il reçoit le baptême du feu début novembre avec le GC 1 et effectue 5 missions aériennes sur le Gabon resté fidèle à Vichy à partir de la base de Kribi (à 150 km au sud de Douala).

Le 9 novembre, en mission de bombardement au-dessus de Libreville (Gabon) son Westland Lysander est touché ; il doit atterrir en catastrophe avec son mitrailleur ; après avoir fui les lieux, ils sont rattrapés par des Français de Vichy et fait prisonniers pendant quelques heures jusqu'à la reddition - fort opportune - de Libreville à la France libre. Marcel Finance est hospitalisé plusieurs semaines et le 22 décembre 1940, il rejoint Pointe-Noire au Congo.

Nommé lieutenant en février 1941, il reçoit en mars le commandement à Pointe-Noire du Détachement permanent des Forces aériennes du Gabon-Moyen Congo. Il accomplit des missions de surveillance des côtes et différents transports aériens (courrier, or, personnalités) mais demande à plusieurs reprises son affectation dans une unité combattante.

Fin décembre 1941, il est muté au Détachement permanent des Forces aériennes du Tchad (DPFAT) qui devient en janvier 1942 le groupe de Bombardement "Bretagne" composé de l'escadrille "Nantes" et de l'escadrille "Rennes" dont il reçoit le commandement.

En février 1942 il participe à la première campagne du Fezzan en soutien des troupes du général Leclerc. Le 7 mars 1942, lors d'une mission de reconnaissance et de bombardement au-dessus du Sahara libyen avec son mitrailleur le sergent Leroy, il est pris en chasse par un avion italien. Son mitrailleur blessé, de la fumée s'échappant du moteur, il est contraint à l'atterrissage forcé ; mais, voyant que l'appareil n'est pas trop endommagé, il attend que le chasseur ennemi soit hors de vue pour redécoller et, en rase-motte, rejoindre sa base.

Après les opérations de Libye, il reste en cantonnement à Fort-Lamy puis à Moussoro au Tchad. Fin novembre 1942, il assure avec le groupe "Bretagne" la couverture aérienne des colonnes de Leclerc sur plus de 2 000 kilomètres jusqu'à Tripoli.

Nommé capitaine en janvier 1943 à la fin de la conquête du Fezzan, le matériel du groupe devant être révisé, commence pour les pilotes du "Bretagne" une période de repos à Sebha en Libye.

En avril, le groupe quitte la Libye pour Ben Gardane en Tunisie où il est destiné à devenir un groupe de bombardement de nuit. C'est au cours d'un des vols d'entraînement nocturne que, le 23 avril, les capitaines Raymond Roques et Marcel Finance disparaissent, leur avion Bristol Blenheim tombant en pleine mer pour des raisons inconnues à 8 kilomètres au Nord de Ben Gardane. Les recherches effectuées sur-le-champ restent vaines mais le lendemain la mer rejette le corps de Marcel Finance et celui de Raymond Roques une semaine plus tard.

Marcel Finance est inhumé à Ben Gardane. Son corps est ensuite transféré à Takrouna; en février 1949 enfin, la dépouille est rapatriée en France et inhumée dans le caveau de famille du cimetière de Hérimoncourt.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafes "Koufra", "Fezzan-Tripolitaine"

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