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Yves Farge
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Yves Farge

Franc Tireur
Front National

Alias : Grégoire - Bessonneau - Pétrequin - Dumaine - Lévy - Bonaventure

Yves Farge est né le 19 août 1899 à Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône dans une famille d'universitaires.

Ayant quitté l'école à 15 ans, il devient dessinateur et adhère aux jeunesses socialistes.

Aide infirmier pendant la Grande Guerre, il travaille ensuite comme journaliste au Maroc.

Rentré en France en 1931, il entre à La Dépêche dauphinoise, dont il devient rédacteur en chef en 1932. Yves Farge, devenu pacifiste, quitte le parti socialiste après les accords de Munich.

Au moment de la déclaration de guerre, il travaille pour le Progrès de Lyon dont il dirige les services de politique étrangère.

Après l'armistice, Yves Farge reprend ses activités professionnelles et s'oppose, avec la majorité de ses collègues du Progrès de Lyon, au régime de censure de la presse mis en place par le gouvernement de Vichy.

Avec Georges Altman dont il partage le bureau, il entre dans la résistance et, dès 1941, il collabore aux premiers journaux de la Résistance. Il contribue à la fondation du mouvement Franc-Tireur avec Antoine Avinin et Jean-Pierre Levy. Avec Altman il rédige la plupart des éditoriaux du Père Duchesne, journal satirique créé par Franc-Tireur, mais il écrit également pour les Editions de Minuit et Les Lettres françaises.

C'est dans son bureau qu'il rencontre "Rex" (Jean Moulin) en 1942 et qu'il se voit chargé par lui de la mise au point du projet d'organisation militaire du massif du Vercors.

Il est également membre du premier Etat-major de l'Armée secrète (AS) commandée par "Vidal", alias le général Delestraint, et membre du comité directeur du mouvement Front national.

Après les arrestations de "Vidal" et de Jean Moulin en juin 1943, traqué par la Gestapo et la police de Vichy, Yves Farge monte à Paris où il est chargé, au nom du Conseil national de la Résistance (CNR), de présider le Comité d'Action contre la Déportation (CAD).

Le CAD a en charge de renseigner la Résistance sur les intentions allemandes en matière de déportation dans le cadre du STO, de faire fabriquer et distribuer de fausses cartes de travail et d'alimentation, de collecter des fonds et de les distribuer aux maquis.

Au mois d'avril 1944, sur proposition du CNR et du Front national, Yves Farge est nommé par le général de Gaulle Commissaire de la République pour la Région Rhône-Alpes. Il a sous sa responsabilité huit départements : l'Ain, l'Ardèche, la Drôme, la Savoie, la Haute-Savoie, l'Isère, la Loire et le Rhône. Il doit alors jeter les bases de la future administration, désigner et mettre en place les préfets, maintenir les liaisons avec les maquis, relancer la reprise économique et assurer le ravitaillement avant même la libération complète du territoire qu'il a en charge.

Parcourant nuit et jour sa région, ne relâchant jamais son effort, il donne tout son appui au maquis du Vercors jusqu'en juillet 1944 et organise les secours après la terrible invasion du plateau et de Vassieux-en-Vercors par les parachutistes allemands le 21 juillet 1944.

Le 21 août 1944, douze jours avant la libération de Lyon, il parvient à se faire remettre les clés du Fort Montluc par le général allemand qui tient la garnison de la ville, sauvant ainsi, in extremis, 800 otages risquant d'être fusillés.

Après la libération, le 3 septembre 1944, il assure pendant un an ses fonctions de Commissaire de la République avant de reprendre son métier d'écrivain et de journaliste et la peinture.

En juillet 1946, il est envoyé comme délégué du gouvernement pour assister aux expériences atomiques qui se déroulent sur l'atoll de Bikini. A son retour, il est nommé ministre du Ravitaillement et dénonce le scandale des vins.

En 1948, il est un des fondateurs du Mouvement des Combattants de la Paix et de la Liberté puis président du conseil national du Mouvement de la Paix. Il reçoit en 1952 le Prix Staline pour la Paix (devenu ensuite le Prix Lénine pour la Paix).

Yves Farge est décédé le 31 mars 1953 à Tbilissi en Géorgie dans un accident automobile. Il a été inhumé à Nice.

• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945

Toulon, Les Editions de Minuit, Paris 1943
Giotto et le destin de la peinture, les Ecrivains réunis, Lyon 1943
Vent des fous, Éditions Raisons d'être, Paris 1946
Rebelles, soldats et citoyens. carnet d'un commissaire de la République, Grasset, Paris 1946
Le Pain de la corruption, Editions du Chêne, Paris 1947
La Guerre d'Hitler continue, La bibliothèque française, Paris 1948
Gagner la Paix, Éditions Raisons d'être, Paris 1949
La République est en danger, les Éditeurs français réunis, Paris 1950
Le Sang de la corruption, les Éditeurs français réunis, Paris 1951
Témoignage sur la chine et la Corée, les Éditeurs français réunis, Paris 1952
Un simple mot, les Éditeurs français réunis, Paris 1953

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