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Valentin Abeille
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Valentin Abeille

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Alias : "Méridien" – "Colleone" - "Fantassin" – Victor Arnoult – Jacques Valcabrère-Allègre

Fils de Pierre Abeille, sous-préfet engagé volontaire et mort en 1914, Valentin Abeille est né le 8 août 1907 à Alençon.

Elève au lycée Henri IV à Paris puis à la faculté de droit, il entre à son tour dans la carrière préfectorale, assurant la relève.

Reçu second au concours de rédacteur de la Préfecture de Paris en 1930, il est ensuite attaché au cabinet du préfet de Police et à divers cabinets ministériels avant d'être nommé sous-chef à la Préfecture de Police.

Chef du secrétariat du Président du Conseil Camille Chautemps, dont il est le gendre, il est sous-préfet à Provins en 1938.

Ancien élève de l'école de cavalerie de Saumur et officier de réserve, il refuse, à la déclaration de guerre, son statut d'affecté spécial et s'engage au 29e Dragons.

Il prend part aux campagnes de Belgique et de France et reçoit trois citations.

Démobilisé le 25 juillet 1940, Valentin Abeille retourne à Provins et, deux mois plus tard, est nommé sous-préfet d'Autin. Relevé de ses fonctions le 8 janvier 1941, il est nommé le 31 mars 1941 conseiller de préfecture à Marseille.

Fin 1941, il entre en contact à Marseille avec le mouvement de résistance Combat dont il rencontre le chef, Henri Frenay, en janvier 1942. A la même époque, il est révoqué de ses fonctions de conseiller ; il quitte Marseille et s'inscrit alors comme avocat au Barreau de Lons-le-Saunier. Mis en relation avec des membres locaux de Combat, il participe alors à l'édition de publications clandestines entre mai et juillet 1942.

En contact avec Marcel Pecq, chef régional de Combat, Valentin Abeille est nommé chef départemental du mouvement pour le Jura. Sous le nom de "Colleone", il devient chef départemental pour le Jura de l'Armée secrète (AS), fusion des éléments paramilitaires des trois principaux mouvements de résistance de zone sud (Combat, Libération et Franc-Tireur). Il fait preuve alors d'une débordante activité.

En janvier 1943, recherché par la Gestapo, alors que plusieurs membres de sa famille ont été arrêtés, il prend le maquis dans le Jura puis rejoint Londres par une opération aérienne depuis le terrain clandestin "Orion" près de Cosges dans le Jura dans la nuit du 19 au 20 mai 1943.

En Angleterre, Valentin Abeille est affecté au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Désigné comme délégué militaire de la Région M (Normandie, Bretagne et Anjou), il subit un entraînement intensif et se fait déposer par une opération aérienne, avec d'autres délégués militaires, dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943 près de Tours, sous le nom de "Fantassin".

En quelques mois, aidé par son adjoint Maurice Guillaudot (Yodi), il réussit à regrouper, grâce à ses qualités exceptionnelles d'organisateur, les forces militaires des organisations de résistance des 14 départements de sa région. Devenu "Méridien", il met localement en place les différents plans d'exécution mis au point avec Londres et la Résistance (plans Bleu, Violet, Vert).

Sa tête est mise à prix. Pris dans une souricière, il est arrêté par la Gestapo à Paris, le 31 mai 1944. Grièvement blessé par balle, il est transporté rue des Saussaies où, malgré son état, il est interrogé par la police allemande. Transféré à l'Hôpital de la Pitié, Valentin Abeille meurt le surlendemain, sans prononcer un seul mot, le 2 juin 1944.

Il est inhumé à Montréjeau (Haute-Garonne).



• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
• Croix de Guerre 1939-45 (3 citations)
• Médaille de la Résistance

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