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Claude Chandon
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Claude Chandon

Résistance Guyane
MMLA

Claude Chandon est né le 29 octobre 1894 à Charolles en Saône-et-Loire. Son père est propriétaire des Champagnes Léon Chandon.

Etudiant en droit, il est appelé au service militaire au début de l'année 1914 mais il est ajourné pour raisons de santé.

En décembre 1914, Claude Chandon réussit à être incorporé après des demandes pressantes. Officier d'infanterie, il témoigne au cours de la guerre 14/18 d'une rare valeur militaire. Sept fois cité, gravement blessé, il reçoit la Légion d'Honneur et la Military Cross britannique. Il est le porte-drapeau du 408e Régiment d'infanterie au défilé de la Victoire le 14 juillet 1919.

Démobilisé, il se marie en 1920 et vit quelques années à Paris comme homme d'affaires.

Après la perte de leur fille unique, les époux Chandon s'installent en 1927 en Guyane où Claude Chandon va diriger un domaine d'élevage et de polyculture près de Régina d'abord puis, dans les années trente, une importante bananeraie près de Cayenne.

Capitaine de réserve depuis 1932, il est rappelé lors de la déclaration de guerre de septembre 1939 et demande -mais en vain- à rejoindre la métropole. Considéré comme plus utile sur place, il est chargé de former et d'instruire des renforts pour la France. Il prend le commandement de la 1ère compagnie de fusiliers voltigeurs de la Guyane qu'il renforce et instruit.

Claude Chandon, inquiet des nouvelles venues de France, entend l'Appel du 18 juin qui le convainc sans réserves ; le lendemain, par courrier, il se met à la disposition du général de Gaulle pour poursuivre le combat contre l'avis de ses chefs. En juillet et août 1940, alors qu'il se trouve alors en mission à Saint Laurent du Maroni à l'ouest du territoire, sentant la population favorable, il prépare, avec l'accord du général de Gaulle, le ralliement de la Guyane à la France libre.

Mais, sous le coup d'une arrestation, Claude Chandon ne peut rentrer à Cayenne. Il rejoint alors Georgetown en Guyane britannique et prépare, de l'extérieur, un coup de force. L'ordre d'agir lui est donné par le général de Gaulle le 7 septembre.

Mais la reprise en main de l'administration par le Haut-commissaire aux Antilles, l'amiral Robert, fidèle au gouvernement de Vichy, puis l'arrivée en Guyane, en septembre également, du gouverneur général Carde et du croiseur auxiliaire Quercy, avec à son bord 250 fusiliers marins, fait échec à cette tentative.

Promu chef de bataillon (pour compter du 2 septembre 1940) par le général de Gaulle, Claude Chandon organise le passage en Guyane hollandaises de volontaires pour continuer la lutte.

Après avoir formé un détachement de plus de 150 hommes, et devant l'impossibilité d'entreprendre raisonnablement une action sur place, il quitte la Guyane en février 1941 avec les volontaires. Le contingent rejoint Pointe Noire en avril 1941 après un long périple sur mer.

Par décret du 1er février 1941, le commandant Chandon est nommé, parmi les tous premiers, Compagnon de la Libération.

Nommé commandant du Bataillon de tirailleurs du Gabon et commandant militaire du Gabon il est promu au grade de lieutenant-colonel le 1er janvier 1942.

En juillet 1942, il est nommé commandant militaire du Cameroun. Sa mission est alors d'alimenter en effectifs la Colonne Leclerc. A cet effet, il crée le camp de Ngaoudéré et forme la Brigade du Cameroun destinée à combattre sur le front européen.

Le 26 mars 1943 il prononce sur Radio Brazzaville une allocution appelant les Guyanais à se diriger vers la France combattante du général de Gaulle plutôt que vers le général Giraud.

Fin 1943, à sa grande déception, il se voit refuser le commandement opérationnel de la Brigade du Cameroun qu'il avait constituée au motif qu'il n'est qu'officier de réserve.

A la suite de sa demande de participer aux opérations de libération de la métropole, il obtient d'être affecté à la Mission militaire de liaison administrative (MMLA) comme adjoint du colonel Claude Hettier de Boislambert ; la MMLA -créée en octobre 1943- doit servir à faciliter les relations entre les autorités militaires alliées et les autorités civiles françaises au fur et à mesure de la libération du territoire.

Claude Chandon quitte Douala pour Londres, via Le Caire et Alger, le 28 janvier 1944. Débarqué à Arromanches le 7 juin 1944, il accueille le général de Gaulle à son arrivée sur le sol français à Courseulles, le 14 juin.

Il commande la mission auprès de l'Armée américaine qu'il accompagne vers le sud après la percée d'Avranches. Le colonel Chandon, accompagné de trois auxiliaires féminines de l'Armée de terre (AFAT), sillonne ensuite la Bretagne en jeep.

Le 6 août 1944, alors qu'il a perdu le contact avec les troupes alliées, Claude Chandon, se dirigeant en avant-garde vers Brest, arrive devant la ville de Carhaix (Finistère) avec les sous-lieutenant féminins Cromie, Sainsbury et Dumas et une jeune résistante, Annick Le Goff. Constatant l'occupation de la ville par les Allemands, le petit groupe la contourne et, quelques centaines de mètres plus loin, devant une ferme de Plouguer, tombe dans une embuscade menée par environ 80 soldats de la Wehrmacht qui ouvrent un feu violent, blessant tous les passagers du véhicule. Afin d'épargner la vie de ses subordonnées, le colonel Chandon sort du véhicule pour demander le cessez-le-feu et il est tué d'une balle dans la tête tirée par l'officier commandant le détachement. D'abord inhumé à Carhaix, le corps du colonel Chandon a été transféré dans sa ville natale de Charolles.

• Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 1er février 1941
• Croix de Guerre 14/18 (6 citations)
• Croix de Guerre 39/45 avec palme
• Military Cross (GB)
• Croix de Guerre 14/18 (Italie)

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