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Charles Luizet
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Charles Luizet

Résistance Maroc

Alias : "François", "Storck"

Fils de l'astronome Michel Luizet, Charles Luizet est né le 10 novembre 1903 à Saint-Genis-Laval (Rhône).

Après des études au lycée Ampère de Lyon, il entre en 1921 à Saint-Cyr où il aura pour professeur le capitaine Charles de Gaulle.

Il obtient son galon de sous-lieutenant en 1923 avant de partir pour le Maroc où il sert sous les ordres de Lyautey. Il prend part à la campagne du Rif au cours de laquelle il est blessé à deux reprises.

Officier des Affaires indigènes, commandant d'un Goum, puis de nouveau administrateur militaire en 1933, il est affecté à la circonscription de Fez.

Promu capitaine en 1934, il est ensuite nommé en octobre 1936, attaché militaire à Tanger, où il fait partie des services de renseignement militaire.

Le capitaine Luizet devient, peu de temps après la déclaration de guerre, administrateur principal de la zone internationale. Dès le 18 juin, Charles Luizet se met, par un câble envoyé à 23 H, au service du général de Gaulle. En réponse, il reçoit l'ordre de rester en fonction, à Tanger, afin d'y établir un réseau d'informations pour l'Afrique du Nord.

Dans ce contexte, il accepte un poste d'administrateur-adjoint à Tanger et prépare dès 1940-1941 la libération de l'Afrique du Nord, en faisant parvenir régulièrement à Londres d'importants documents de tous ordres, et en mettant sur pied, entre Tanger et la Zone française du Maroc, un réseau de renseignement et d'action qui fonctionne sans interruption jusqu'au 8 novembre 1942.

Simultanément, il assure la transmission des messages et la diffusion des tracts, et facilite ou organise le départ pour la Grande-Bretagne de nombreuses personnalités se rendant auprès du général de Gaulle (Gaston Palewski, Maurice Dejean).

En janvier 1941, Charles Luizet accepte, avec l'assentiment des services de Londres, une affectation au SR Terre à Vichy où il est en charge de la section anglo-saxonne. Il assure la transmission régulière à Londres, par sa liaison radio ou par Tanger, de nombreux renseignements sur l'ennemi ou sur les agissements du gouvernement du maréchal Pétain. Il recueille et transmet à Londres au moment de la campagne de Syrie en juin 1941, des informations d'une importance capitale pour le succès des opérations.

Nommé par Vichy sous-préfet de Tiaret, dans le département d'Oran, en janvier 1942, il revient en Afrique Nord pour y continuer son action et prend contact avec les organisations qui préparent l'intervention alliée.

Lors du débarquement, le 8 novembre 1942, il est le seul chef civil de l'Afrique du Nord à faciliter avec éclat le débarquement allié. Il empêche la garnison de Tiaret de prendre part aux combats engagés contre les forces de débarquement. Il est, de ce fait, révoqué par Vichy, et condamné à mort par une cour martiale. Le général commandant la Division d'Oran donne le 9 novembre, à 4 heures du matin, l'ordre de le fusiller. In extremis, le contrordre est donné.

Nommé en décembre 1942, sous-préfet de Bône, qui subit 180 bombardements pendant les six mois où il y exerce ses fonctions, il poursuit sans relâche, par tous les moyens, une propagande persévérante en vue de la venue du général de Gaulle en AFN.

Nommé secrétaire général pour la Police à Alger dès l'arrivée du général de Gaulle, il est le premier préfet de la Libération placé à la tête du département de la Corse, où il arrive avec l'avant-garde des troupes, le 14 septembre 1943. Il organise, en plein combat, au nom du Comité français de la Libération nationale (CFLN), l'administration du premier département libéré.

La Corse réorganisée et remise en ordre, il est nommé, en juin 1944, commissaire de la République et envoyé en mission à Londres.

Charles Luizet accompagne le ministre de l'Intérieur en tournée en Normandie libérée, puis se prépare à rejoindre son poste de préfet de Police à Paris.

Parti le 2 août au soir d'Angleterre pour être déposé dans un maquis, il atterrit en Corse, le terrain du maquis ne s'étant pas éclairé. Reparti le 8 août d'Italie pour être déposé dans un maquis du sud est, il revient à son point de départ, l'éclairage insuffisant du terrain n'ayant pas permis l'atterrissage. Le 11 août au matin, à la troisième tentative, il est enfin déposé dans un maquis du Vaucluse.

Le terrain ayant été, aussitôt après l'atterrissage, attaqué par les Allemands, il ne peut se mettre en route pour Paris que le 13 au soir.

Se trouvant à Avignon le 14 août après-midi, au milieu des bombardements alliés, à la veille du débarquement sur la côte méditerranéenne, il réussit, bien que toutes les communications ferroviaires soient interrompues, à gagner Paris, où il arrive le 17 août.

Présenté le 18 août par le délégué général, Alexandre Parodi, aux représentants de la Police, il prend ses fonctions le 19 au matin à la Préfecture de Police, dès l'enlèvement de celle-ci par les policiers patriotes.

Il assure effectivement la direction de la résistance et du combat de la Police parisienne du 19 août au soir jusqu'à la libération de la Capitale.

Il sera l'un des principaux artisans de l'insurrection et on le voit le 25 août à son poste, chef de la police parisienne. Dans les deux années qui suivent, il dirige la préfecture dans les difficiles conditions de l'épuration et tombe gravement malade.

Quittant l'armée d'active avec le grade de lieutenant-colonel, il est nommé, en mai 1947, gouverneur général de l'Afrique équatoriale française.

Charles Luizet, est décédé le 21 septembre 1947 à Paris, des suites d'une intervention chirurgicale. Il a été inhumé au cimetière de Passy à Paris.


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 juillet 1945
• Croix de Guerre des TOE (3 citations)
• Médaille de la Résistance
• Commandeur du British Empire
• Commandeur du Ouissam Alaouite

Publication :

Dix siècles d'Histoire de la Police (Police parisienne), Vanves 1946

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