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Jean Ayral
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Jean Ayral

BCRA
BOA

Alias : Robert Gautier - Guérin - Robert Harrow - Pal - Major Roach - Gedeon - Ceden

Jean Ayral est né le 30 décembre 1921 au Havre ; son père est directeur commercial à la Compagnie générale transatlantique à Paris.

Après des études au collège Sainte Croix de Neuilly-sur-Seine et au lycée Saint Louis il prépare à Dax, en 1940, le concours d'entrée de l'Ecole polytechnique.

Après l'Appel du 18 juin qu'il entend, il embarque le surlendemain à Bayonne sur le patrouilleur Président Houduce qui atteint Gibraltar le 25 juin.

A Gibraltar, il est incorporé comme matelot sur le Rhin, paquebot de la Compagnie Paquet transformé en croiseur auxiliaire et qui, en Angleterre, est incorporé à la Royal Navy et rebaptisé HMS Fidelity.

Promu au grade d'enseigne de vaisseau de 2e classe (sub-lieutenant dans la Royal Navy) en septembre 1940, il abat, dans ses fonctions d'officier de tir, deux avions lors d'une attaque de nuit en mai 1941.

En octobre 1941, il se casse une jambe accidentellement et doit être débarqué. Cherchant une autre affectation, il signe, à sa sortie de l'hôpital, un engagement dans les FFL et, après un stage à l'Etat-major de la Marine entre sur sa demande en février 1942, au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), les services secrets de la France libre. Après une formation au centre d'Inchmerry dans le Hampshire, il se porte volontaire pour une mission en France. Parachuté sous le nom de "Pal", avec son radio "Pal-W" (François Briant) et Daniel Cordier (Bip-W) le 26 juillet 1942 dans la région de Montluçon, il se blesse à l'atterrissage en heurtant un arbre avec la tête.

Logé et soigné par Paul Schmidt, il accomplit ensuite en zone sud, dans la région de Clermont-Ferrand, un travail de renseignement jusqu'en novembre 1942.

A Paris, où Jean Moulin l'envoie alors auprès de son représentant en zone nord, Henri Manhès alias Frédéric, Jean Ayral développe le réseau d'action "Pal" et rencontre différents responsables de mouvements comme Ceux de la Libération (CDLL) et Ceux de la Résistance (CDLR). Avec l'aide des mouvements, il établit des listes de terrains de parachutage

En avril 1943 il se voit confier par Jean Moulin la mission de créer en zone nord le Bureau des opérations aériennes (BOA). Il a pour adjoint Pierre Deshayes, Paul Schmidt et Michel Pichard. Chacun se charge d'une des quatre régions de la zone nord, Jean Ayral prenant en charge la région centre.

Arrêté à Paris par la Gestapo le 28 avril 1943, il est conduit à l'Hôtel Cayré, bd Raspail, où il retrouve quatre français arrêtés en même temps que lui et qui attendent l'interrogatoire. Avec un grand courage, en bousculant ses gardiens, il parvient à s'échapper et à permettre à ses camarades de faire de même. Poursuivi, il est hébergé jusqu'au lendemain par le concierge d'un immeuble de la rue de Grenelle

Ayral est alors "brûlé" et doit regagner Londres immédiatement sur ordre de Jean Moulin. Il est remplacé à la tête du BOA par Paul Schmidt alias "Kim" et passe en zone sud d'où il parvient à rejoindre l'Angleterre par une opération aérienne le 16 juin 1943.

Après quelques semaines en Angleterre où il soigne sa blessure de juillet 1942, Jean Ayral, qui a été promu enseigne de vaisseau de 1ère classe en janvier 1943, rejoint l'Etat-major particulier du général de Gaulle à Alger comme officier du BCRA. Il crée, début 1944, à la base corse de la Direction technique des services spéciaux (DTSS), un organisme chargé d'effectuer les opérations maritimes clandestines pour le compte des services français vers la métropole et l'Italie occupées avec le concours de la marine britannique. Il dirige lui-même avec succès ces opérations.

Breveté parachutiste, il est choisi dans le cadre de la préparation du débarquement de Provence comme chef d'un groupe de commando de sept sous-officiers et hommes de l'aéronautique avec lequel il est parachuté le 12 août 1944 à Brue Auriac, à 50km au nord de Toulon.

Après avoir gagné le village de Signes, le commando rallie quelques FFI. A une trentaine, le groupe attaque un camp d'instruction sur la route de Toulon à Marseille, mettant hors de combat 150 des 250 occupants et dispersant le reste.

Jean Ayral entre le premier dans Toulon. Au carrefour des routes, le 21 août à 15h45, par méprise, une patrouille du Bataillon de Choc l'abat d'une rafale de mitraillette. Transporté à l'hôpital de l'Oratoire, il y décède le lendemain. Il est inhumé à Neuilly-sur-Seine.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 10 décembre 1943
• Croix de Guerre 1939-1945 (3 citations)
• Military Cross (GB)
• Atlantic Star (GB)

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