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Jacques Piette
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Jacques Piette

FFI
OCM
Réseau Centurie

Alias : "Personne"

Fils d'ouvrier tourneur, Jacques Piette est né le 13 mai 1916 à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de Seine.

Diplômé de droit public et d'économie politique, élève de l'Ecole des hautes études sociales, il est membre du comité directeur de la SFIO à partir de 1938.

Il accomplit son service militaire comme élève officier de réserve à Saint-Cyr en 1939 (promotion "Amitié franco-britannique") et, nommé sous-lieutenant en mai 1940, il est affecté au 24e Régiment d'infanterie.

Après l'armistice, en septembre 1940, il rentre en rapport avec le commandant Daum de la base de Pau.

Il appartient dès lors à un réseau de renseignements s'occupant aussi de faire passer la ligne de démarcation ou de transporter des armes.

En 1942 le réseau de Jacques Piette disparaît à la suite de la saisie par la Gestapo d'importants stocks d'armes cachés en Vendée. En juillet 1942 il établit une liaison avec le groupe d'Uriage et entre en relation, en septembre 1942, avec le réseau "Centurie" dont la direction de la section économique lui est confiée dès le mois de décembre.

Entré à l'Organisation civile et militaire (OCM), il participe alors à l'élaboration des Cahiers de l'OCM et favorise, en mars 1943, l'entrée des groupes d'Uriage dans la Résistance.

Il établit la liaison entre Dunoyer de Segonzac et Brossolette et assure les contacts entre le Comité général des experts de l'OCM et le Bureau des opérations aériennes (BOA).

En septembre 1943 Jacques Piette devient membre du comité directeur de l'OCM sous le nom de "Personne" et, en octobre, est nommé chef de la Région militaire pour le Nord, le Pas-de-Calais, et la Somme (Région A). En décembre 1943 son commandement s'étend à l'Aisne et à la Seine-inférieure.

Le 21 février 1944, il est nommé inspecteur régional des FFI pour la Région A et réalise la fusion militaire des mouvements, répartissant les armes et mettant en place les plans (Vert, Violet, Tortue). Il crée les maquis de l'Aisne et de Seine-inférieure, fixe les plans d'opérations et rend compte, en avril 1944, du succès de plus de 200 opérations de sabotage (écluses, voies ferrées, embuscades, etc.).

Le 8 mars 1944, il échappe à la Gestapo et prend la succession du colonel Touny, arrêté peu de temps auparavant. Il devient ainsi le chef militaire national de l'OCM et assure la direction du réseau "Centurie" en liaison avec le réseau de la "Confrérie Notre-Dame" reconstitué. C'est grâce au plan de défense côtière de la Manche envoyé à Londres par le réseau de Jacques Piette que les Alliés ont choisi le point de débarquement du 6 juin 1944. Plus tard, le général Omar Bradley dira à Jacques Piette :"les renseignements qui figuraient sur ce plan étaient d'une telle valeur que nous avons pu réussir l'opération avec un minimum de pertes en hommes et en matériel".

Le 10 juin 1944 il est nommé colonel puis membre du comité parisien de libération. Il prend part à la libération de Paris les armes à la main et s'établit à l'Hôtel de Ville le 20 août au matin.

Nommé commissaire de la République à Lille par le général de Gaulle, il est fait Compagnon de la Libération par ce dernier le 17 novembre 1945.

La paix revenue, il redevient membre du comité directeur de la SFIO (1946-1951 puis de nouveau à partir de 1961) et est secrétaire général au Commerce et à l'organisation économique au Ministère de la Production industrielle. Plus tard il est inspecteur général de l'Economie nationale au Ministère des Finances.

Proche de Guy Mollet, il est également député de l'Yonne de 1956 à 1958 et conseiller général et régional du Pas-de-Calais.

Président du comité directeur du Fonds de Développement social (CEF), il est, par ailleurs, Maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) de 1969 à 1989.

Membre du comité directeur du Parti socialiste, il est conseiller d'état à partir de 1981 et président de la Caisse nationale de l'industrie (1982-1986).

Jacques Piette est décédé le 2 avril 1990 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il a été incinéré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

• Grand Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille de la Résistance
• King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (GB)
• Polonia Restituta (Pologne)

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