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Pierre Iehlé
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Pierre Iehlé

EM
1er Régiment de Fusiliers Marins
BM 3
Flottille MTB

Pierre Iehlé est né le 27 août 1914 à Paris. Son père était ingénieur des Arts et Manufactures.

Bachelier, il entre à l'Ecole navale en 1933.

Après un an passé sur la Jeanne d'Arc et un bref séjour en Extrême-Orient en 1936, l'enseigne de vaisseau de 2e classe Iehlé embarque sur le torpilleur Forbin avec lequel il participe aux patrouilles en Méditerranée et dans le détroit de Gibraltar en 1937 et 1938.

Promu enseigne de vaisseau de 1ère classe, il assure, en 1939 et 1940 avec le Forbin, l'escorte des convois en Atlantique ; il passe ensuite en Méditerranée orientale et, à l'armistice, se trouve avec son bâtiment à Alexandrie.

Refusant la défaite, il décide en décembre 1940, après une entrevue décevante avec l'amiral Godfroy commandant la Force X, de quitter la Marine et de rallier les Forces françaises libres au Caire.

Envoyé à Fort-Lamy au Tchad, il est alors affecté dans l'armée de terre au Bataillon de marche n°3 (BM3) qu'il rejoint au Soudan anglo-égyptien début janvier 1941.

Avec sa nouvelle unité, il effectue toute la campagne d'Erythrée comme chef d'une section de mortiers. Cité à l'ordre de la division, il combat à Kub-Kub en février 1941 puis, en qualité de commandant de la compagnie d'accompagnement du Bataillon de marche n° 3 (BM 3), à Keren et à Massaoua en mars et en avril 1941.

En juin 1941, en Palestine, il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle et prend part, avec son bataillon, à la campagne de Syrie.

En septembre 1941, promu lieutenant de vaisseau, Pierre Iehlé est affecté au 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) comme officier en second sous les ordres du lieutenant de vaisseau Hubert Amyot d'Inville. Il participe alors à la campagne de Libye, aux combats d'Halfaya et de Tmimi puis à ceux de Bir-Hakeim (mai-juin 1942). Il s'y distingue notamment le 4 juin 1942 assurant un ravitaillement de munition urgent sous un violent bombardement ; de jour et de nuit il ne cesse de circuler pour contrôler le bon fonctionnement de ses pièces de DCA.

Il combat ensuite à El Alamein en octobre 1942 puis lors de la campagne de Tunisie (avril-mai 1943).

En juillet 1943, Pierre Iehlé est nommé chef de cabinet du chef d'Etat-major général adjoint de la Marine à Alger.

En janvier 1944 il prend le commandement de la 23e flottille de MTB (vedettes rapides lance-torpilles) basée en Angleterre et chargée d'intercepter les communications maritimes allemandes dans les îles anglo-normandes; il coule trois bâtiments ennemis entre Jersey et Guernesey, assure le blocus maritime de Brest puis celui de Lorient et finalement celui de la Pallice en mai 1945.

Après la capitulation allemande, Pierre Iehlé est nommé instructeur à l'Ecole navale puis, promu capitaine de corvette, est désigné pour servir comme chef de cabinet du Haut-commissaire en Indochine de 1945 à 1947.

De retour en France, en juin 1947, il est affecté en qualité de commandant en second sur le croiseur léger Le Malin en Méditerranée.

En août 1948 il repart pour l'Indochine où il est détaché pendant un an, à Hanoi, à l'Etat-major du général commandant les Troupes du Tonkin. Il remplit ensuite le même rôle à Saigon, à l'Etat-major du général commandant les Forces françaises en Indochine. Il commande également pendant neuf mois le poste Marine de Ream dans le golfe du Siam.

Promu au grade de capitaine de frégate, Pierre Iehlé rentre en France en 1950 et est nommé sous-chef d'Etat-major logistique à Bizerte où il prépare la construction du complexe souterrain de cette base.

En juin 1953 il prend le commandement de l'escorteur Hoche chargé d'expérimenter les nouvelles installations de détection des escorteurs d'escadre type "Surcouf". Sous-chef d'Etat-major d'opération en septembre 1954, à la Préfecture maritime de Cherbourg, il reçoit ses galons de capitaine de vaisseau et passe trois années aux Etats-Unis, de juillet 1957 à juillet 1960, comme adjoint au chef des opérations stratégiques et chef de la délégation française, à l'Etat-major du Commandant suprême allié de l'Atlantique Nord.

En octobre 1960, il est placé à la tête de la 8e Division d'escorteurs d'escadre et commande l'escorteur d'escadre Jauréguiberry avant de prendre, en septembre 1961, le commandement de l'Ecole navale.

Promu au grade de contre-amiral en septembre 1963, il est sous-chef d'Etat-major à l'Etat-major de la Marine, chargé des constructions neuves et des réparations de la Flotte, de l'Armement et de la Recherche scientifique.

En octobre 1966, il commande le groupe des trois porte-avions et de l'aviation embarquée et est promu vice-amiral en avril 1967 avant d'être désigné, l'année suivante, comme adjoint Armées du directeur des centres d'expérimentations nucléaires.

En décembre 1968, Pierre Iehlé reçoit ses étoiles de vice-amiral d'escadre.

En avril 1970, en plus de ses fonctions d'adjoint du directeur des centres d'expérimentations nucléaires, il se voit chargé de commander le groupement opérationnel des expérimentations nucléaires pour le Pacifique.

Inspecteur général de la Marine en avril 1971, il est promu au grade d'amiral en décembre de la même année.

Parallèlement membre du Conseil supérieur de la Guerre de 1969 à 1974, Pierre Iehlé est placé dans la 2e section du cadre des officiers généraux de la Marine au mois d'août 1975.

Pierre Iehlé est décédé le 9 octobre 1984 à Toulon. Il a été inhumé à Marsillargues dans l'Hérault.


• Grand Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 23 juin 1941
• Grand Croix de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Croix de Guerre des TOE
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafes "Erythrée", "Libye", "Bir-Hakeim", "Tunisie", "E-O"
• Commandeur du Mérite Maritime
• Distinguished Service Cross (GB)
• Officier de l'Ordre de Saint-Charles (Monaco)
• Commandeur du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Commandeur de l'Ordre Royal (Cambodge)
• Commandeur de l'Ordre du Million d'Eléphants (Laos)

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