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Marius Guyot
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Marius Guyot

Groupe Bretagne

Marius Guyot est né le 23 janvier 1918 à Mornay en Côte-d'Or dans une famille de cultivateurs très éprouvée par la Grande Guerre pendant laquelle son père est tué.

Engagé volontaire en 1935, il entre à l'école des apprentis-mécaniciens de l'Armée de l'Air à Rochefort.

En 1937, il est affecté à la 54e Escadre au Bourget.

En juin 1939, il sert comme sergent à Djibouti.

Refusant l'Armistice, Marius Guyot décolle le 6 septembre 1940 avec quelques compagnons : l'adjudant-chef Giocanti (pilote), le sergent-chef Michel (radio), l'adjudant Duprat (mécanicien) et le lieutenant Magendie (futur général et Compagnon de la Libération), à bord d'un Potez 29 n° 106 en direction d'Aden pour rejoindre les Alliés.

Dirigé sur le Tchad, via l'Egypte où, après une admission dans la Royal Air Force à Héliopolis, il signe un engagement dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL), il parvient à Fort-Lamy en novembre 1940.

Affecté immédiatement au Détachement permanent des Forces aériennes du Tchad (DPFAT), il participe aux opérations de Koufra en appui de la Colonne Leclerc en février-mars 1941 comme mécanicien mitrailleur sur Lysander. Après la prise du fort, il reste en occupation pendant près de six mois et participe à de nombreuses missions de reconnaissance.

Promu sergent-chef, il passe sur Glenn Martin Maryland et prend part en mars 1942, avec le Groupe de bombardement "Bretagne" aux opérations du Fezzan (Libye). Il se distingue en réussissant, dans le plus court délai, le dépannage particulièrement difficile de son Glenn Martin atterri, train rentré, dans le Tibesti, après s'être perdu au retour d'une mission de bombardement. Sans aucun moyen de levage approprié, avec l'aide de quelques partisans seulement, il permet grâce à sa compétence, à son habileté et au prix d'un travail acharné, la remise en état de l'avion.

Il s'illustre de nouveau le 16 septembre 1942, au cours d'une mission de reconnaissance à grande distance sur plusieurs objectifs, d'où il rapporte des photographies d'organisations ennemies et des renseignements de la plus haute importance, mitraillant et endommageant au retour les voitures ennemies.

Marius Guyot est par la suite incorporé, en qualité de mécanicien mitrailleur, dans un équipage composé de l'adjudant-chef Rochaix (pilote), de l'adjudant Wolff (copilote), du sous-lieutenant Heurgon, du sergent-chef Mioche (radio), du sergent Voglimacci (mitrailleur), sur avion B 26. Il participera à plus de 70 missions.

Il se distingue avec son équipage au cours de l'offensive sur les voies de communication du nord de l'Italie, dans des expéditions rendues souvent difficiles du fait de la DCA ennemie.

Il participe ensuite avec succès à des missions sur des objectifs parfois très défendus, notamment les 29 juin, 1er, 3, 7 et 10 juillet 1944, revenant plusieurs fois avec un appareil touché par la DCA. Son équipage est également cité pour ses missions effectuées sur les côtes françaises, notamment celles des 11, 13 et 18 août 1944, au moment du débarquement de Provence, sur une batterie côtière, ainsi que pour sa participation aux attaques violentes déclenchées en septembre 1944 contre la ligne Gothique (région de Florence en Italie).

Il s'avère un élément des plus précieux pour son équipage, notamment lors des nombreuses missions accomplies sur l'Allemagne de décembre 1944 à mars 1945, participant à trois reprises aux attaques des ponts du Rhin, au bombardement d'un dépôt de munitions particulièrement bien défendu dans le Palatinat, et à l'offensive contre la ligne Siegfried.

Marius Guyot termine la guerre avec le grade de sous-lieutenant. Il totalise alors 2 300 heures de vol et 77 missions de guerre.

Ensuite, de 1947 à 1950, il est chef de piste au groupe Bretagne, à Thiès, Sénégal, comme lieutenant, puis de 1951 à 1954, chef des services techniques du Groupe de transport 2/61 au Bourget avec le grade de capitaine.

De 1954 à 1956, le commandant Guyot est adjoint technique de la Base aérienne 160 au Sénégal.

De 1957 à 1960, chef des services techniques de la Base aérienne 149 à Alger, il effectue plus de 47 heures de vol dont 22 heures 40 en zone d'insécurité et est cité à l'ordre de l'Escadre aérienne.

De 1960 à 1962, il est commandant et adjoint au général commandant l'Ecole technique de l'Armée de l'Air à Rochefort sur Mer.

Il quitte ensuite l'Armée pour devenir ingénieur de piste à Nord Aviation à l'usine de Bourges. D'abord intégré dans l'équipe des essais au vol, il participe aux essais de l'avion C 160 Transall à Istres et au centre d'expérimentation militaire à Mont de Marsan de 1962 à 1967. Il réintègre l'usine de Bourges pour la sortie en série de l'avion Transall et reprend ses fonctions d'ingénieur de piste de 1967 à 1973.

Il est ensuite nommé chef d'unité de fabrication d'avions à l'usine de Bourges. Il assure cette responsabilité jusqu'au mois d'avril 1977, date à laquelle il quitte l'Aérospatiale pour prendre sa retraite dans son village natal de Côte d'Or.

Marius Guyot est décédé le 25 septembre 2006 à Gray en Haute-Saône. Il est inhumé dans son village natal de Mornay.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Commandeur de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Croix de la Valeur Militaire
• Médaille de la Résistance
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Croix du Combattant
• Croix du Combattant Volontaire 39/45
• Médaille Coloniale avec agrafes " Koufra", "Fezzan-Tripolitaine", "AFN"
• Médaille de l'Aéronautique
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Médaille Commémorative 39/45 avec agrafes "Afrique", "Italie", "Libération", "Allemagne"
• Médaille Commémorative de la Campagne d'Italie
• Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et du Maintien de l'Ordre avec agrafe "Algérie"
• Médaille d'Honneur du Service de Santé de l'Air
• Presidential Unit Citation (USA)
• Officier de l'Etoile Noire (Bénin)
• Officier du Nicham El Anouar

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